Bolivie

09 novembre 2019 01:14; Act: 09.11.2019 08:12 Print

Mutineries: Morales dénonce un «coup d'État»

Les polices de trois villes boliviennes sont entrées en mutinerie vendredi contre le président dont la réélection est contestée.

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Les manifestations de samedi ont fait quatre morts. (Samedi 16 novembre 2019) Des affrontements opposent des partisans d'Evo Morales aux forces de l'ordre depuis que la sénatrice de droite Jeanine Añez a pris le pouvoir. (Samedi 16 novembre 2019) La crise qui secoue la Bolivie depuis fin octobre a fait 23 morts lors des manifestations. (Samedi 16 novembre 2019) La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet a dénoncé samedi «l'usage inutile et disproportionné de la force par la police et l'armée» en Bolivie. (Samedi 16 novembre 2019) Cinq cultivateurs de coca partisans du président bolivien déchu Evo Morales ont été tués vendredi au cours d'affrontements avec la police et l'armée à Cochabamba, dans le centre du pays. (Samedi 16 novembre 2019) Les partisans de l'ancien président bolivien Evo Morales manifestent à La Paz (14 novembre 2019). Des affrontements ont éclaté mercredi dans le centre de La Paz entre des manifestants partisans de l'ancien chef de l'Etat et les forces de l'ordre. (Mercredi 13 novembre 2019) Supporters of Bolivian ex-President Evo Morales demonstrate in La Paz on November 14, 2019. - Bolivia's exiled former president Evo Morales said Wednesday he was ready to return to 'pacify' his country amid weeks of unrest that led to his resignation. (Photo by RONALDO SCHEMIDT / AFP) Depuis Mexico, où il est arrivé mardi pour y bénéficier de l'asile politique, Evo Morales s'est dit prêt à rentrer dans son pays. «Nous reviendrons tôt ou tard», a-t-il assuré. (Mercredi 13 novembre 2019) La deuxième vice-présidente du Sénat, Jeanine Añez, s'est proclamée présidente par intérim de la Bolivie, malgré l'absence de quorum au Parlement. (Mardi 12 novembre 2019) Evo Morales le dirigeant bolivien déchu a atterri au Mexique qui lui a accordé l'asile. (Mardi 12 novembre 2019) Evo Morales annonce son départ pour le Mexique qui lui a accordé l'asile. (11 novembre 2019) La future présidente par intérim a annoncé lundi la prochaine convocation d'une présidentielle. Pendant ce temps-là, des partisans d'Evo Morales convergent vers La Paz. (11 novembre 2019) Le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard a annoncé lundi que le Mexique avait décidé d'accorder «l'asile politique» à Evo Morales. Un avion est en route pour aller le chercher. (11 novembre 2019) Des milliers de Boliviens sont descendus dans les rues de tout le pays pour fêter la démission d'Evo Morales. (Lundi 11 novembre 2019) Des milliers de Boliviens fêtaient dans la rue la démission du chef de l'État, au terme de trois semaines de manifestations. (Dimanche 10 novembre 2019) Les présidents cubain et vénézuélien ont dénoncé dimanche soir un coup d'État après la démission du président bolivien Evo Morales. (10 novembre 2019) Le président bolivien Evo Morales a jeté l'éponge face à la détermination de la rue. Il renonce à son «poste de président». (Dimanche 10 novembre 2019) Une foule de manifestants hostiles au président Evo Morales a occupé samedi à La Paz les sièges de deux médias d'État, la télévision Bolivia TV et Radio Patria Nueva. (Dimanche 10 novembre 2019) Les unités de police des villes boliviennes de Sucre (sud-est), Santa Cruz (est) et Cochabamba (centre) se sont mutinées vendredi. Elles refusent de réprimer des manifestations de l'opposition. (Vendredi 8 novembre 2019) Un manifestant bolivien dans le coma a succombé à ses blessures mercredi, ce qui porte à trois le nombre de décès depuis le début de la crise post-électorale. (6 novembre 2019) Les Nations Unies ont appelé à une pacification «immédiate» en Bolivie, après des «affrontements entre civils» et de «graves actes de violences en divers endroits du pays». (Mardi 29 octobre 2019) Au moins 30 personnes ont été blessées dans des affrontements au cours de manifestations pro et anti-Morales, plus d'une semaine après la réélection contestée du président. (28 octobre 2019) Le président bolivien Evo Morales, dont la réélection est contestée par l'opposition et une partie de la communauté internationale, a exclu toute «négociation politique» lors d'un discours à Cochabamba, dans le centre du pays. (26 octobre 2019) Le Tribunal suprême électoral (TSE) a officiellement déclaré vainqueur de la présidentielle de dimanche en Bolivie Evo Morales. (Samedi 26 octobre 2019) Les résultats officiels publiés jeudi soir donnent le président sortant Evo Morales réélu dès le premier tour en Bolivie. (24 octobre 2019) L'interminable dépouillement de la présidentielle se poursuivait dans la nuit de mercredi à jeudi en Bolivie, pays en proie à une grève générale émaillée d'affrontements entre partisans et détracteurs du socialiste Evo Morales qui brigue la réélection. (24 octobre 2019) Des organisations citoyennes proches de l'opposition ont appelé mardi à la grève générale en Bolivie pour protester contre les résultats électoraux partiels. (Mardi 22 octobre 2019) De violents incidents ont éclaté lundi à travers le pays, à l'annonce de nouveaux résultats partiels qui donnent le président sortant Evo Morales vainqueur au premier tour. (Lundi 21 octobre) Ces manifestations intervenaient après que les autorités électorales, sans aucune explication, ont repris lundi soir le décompte rapide des voix interrompu la veille. (Lundi 21 octobre) Dans la soirée, Carlos Mesa a dénoncé une «fraude» et annoncé qu'il ne reconnaissait pas les derniers résultats provisoires. (Lundi 21 octobre) Lundi à 21h00 (03h00 en Suisse mardi), la page web du Tribunal suprême électoral bolivien (TSE) donnait Evo Morales (photo) en tête, avec 46,87% des voix, creusant l'écart avec son principal adversaire Carlos Mesa. (Lundi 21 octobre)

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Le président bolivien Evo Morales a dénoncé vendredi un coup d'État «en cours» après des mutineries de police dans trois villes intervenues alors que l'opposition exige sa démission, trois semaines après sa réélection controversée.

«Soeurs et frères, notre démocratie est en danger à cause du coup d'Etat en cours que des groupes violents ont lancé contre l'ordre constitutionnel. Nous dénonçons devant la communauté internationale cette attaque contre l'Etat de droit», a indiqué sur Twitter le président indigène de gauche à l'issue d'une réunion d'urgence avec plusieurs ministres.

«J'appelle notre peuple à prendre soin pacifiquement de la démocratie et de la CPE (Constitution politique de l'Etat) pour préserver la paix et la vie en tant que biens suprêmes au-dessus de tout intérêt politique», a ajouté Evo Morales dans un autre tweet.

Le ministre de la Défense Javier Zavaleta a quant à lui assuré qu'il n'était pas question d'une intervention militaire contre les mutins pour l'heure: «Aucune opération militaire ne sera menée pour le moment, c'est totalement exclu», a-t-il déclaré.

«Du côté du peuple»

Dix-sept jours après le début des manifestations contre la réélection d'Evo Morales, au moins trois unités de police se sont mutinées, dans la ville de Cochabamba (centre) tout d'abord, puis à Sucre (sud, capitale de la Bolivie) et à Santa Cruz (est), une région riche à l'est du pays et un bastion d'opposition. Des scènes de fraternisation entre policiers et manifestants de l'opposition ont été observées dans la capitale.

«Nous nous sommes mutinés», a déclaré un policier, le visage dissimulé devant les journalistes au quartier général de l'Unité des opérations de police tactique (UTOP) à Cochabamba. «Nous allons être du côté du peuple, pas avec les généraux», a ajouté un de ses collègues, lui aussi masqué.

Des images diffusées en direct à la télévision ont montré une vingtaine d'agents grimpant au sommet du bâtiment du quartier général de la police en agitant le drapeau bolivien, tandis que des dizaines de jeunes opposants les encourageaient depuis la rue. Les manifestants ont fait exploser des pétards dans une ambiance festive et ont hissé sur un mât un drapeau bolivien (rouge, jaune et vert) chantant l'hymne national.

«La police de Chuquisaca (Sucre) s'unit pour soutenir les camarades qui se sont mutinés à Cochabamba», a également déclaré un autre agent de la capitale bolivienne qui avait aussi le visage dissimulé.

«Les gens sont avec vous»

En plus des mutineries dans ces trois villes, des dizaines de policiers ont défilé vendredi soir avec des manifestants de l'opposition criant des slogans hostiles à Evo Morales sur l'avenue Prado, la principale artère de La Paz, a observé un journaliste de l'AFP.

Les chaînes de télévision locales ont également montré des images de manifestants serrant la main de policiers dans le centre de la capitale, un contraste avec les trois nuits précédentes où les deux camps s'étaient affrontés. Dans La Paz, les policiers se sont retirés dans leurs casernes et une foule chantait: «Ami policier, les gens sont avec vous».

Le leader régional Luis Fernando Camacho, le leader le plus visible et le plus radical de l'opposition bolivienne, avait demandé samedi dernier aux militaires et à la police de se joindre à l'opposition dans cette crise déclenchée par la réélection controversée d'Evo Morales lors des élections du 20 octobre.

«J'ai pleuré d'émotion»

Luis Fernando Camacho était à un rassemblement dans la partie sud de La Paz vendredi après-midi quand la nouvelle de la mutinerie de Cochabamba s'est répandue. La foule a applaudi debout et s'est mise à chanter: «Ami de la police, le peuple est avec toi». «J'ai pleuré d'émotion, Grande Police», a tweeté Luis Fernando Camacho peu après. «Merci d'être avec ton peuple, que Dieu te bénisse».

Dans la région d'Obrajes, au sud de La Paz, les gens dans les rues ont célébré les mutineries policières comme si l'équipe nationale bolivienne de football avait gagné, a observé un journaliste de l'AFP.

Evo Morales, 60 ans, est au pouvoir depuis 2006. Il a été réélu le 20 octobre pour un quatrième mandat jusqu'en 2025 mais l'opposition a dénoncé une «fraude». La vague de contestation qui a éclaté dès le lendemain du scrutin a fait trois morts et 200 blessés.

(nxp/ats)