Orages et inondations

22 mai 2012 08:57; Act: 22.05.2012 19:37 Print

Nancy sous deux mètres d'eau

De violents orages ont provoqué des inondations dans la nuit de lundi à mardi, conduisant les pompiers à mener plus de 700 interventions dans l'est de la France. Une personne âgée est morte.

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De violents orages, accompagnés de précipitations record, ont provoqué de très lourds dégâts matériels, mais pas de blessés, à Nancy dans la nuit de lundi à mardi, laissant un paysage de désolation entre avenues inondées et voitures à la dérive.

Une personne âgée a été retrouvée morte à son domicile par les pompiers ce matin à Essey-lès-Nancy. «Nous ne connaissons pas encore son identité. Cette personne âgée a été découverte au cours d'une intervention des pompiers mardi vers 8h30», ont indiqué les services de l'Etat. Le parquet de Nancy a ouvert une enquête pour recherches des causes de la mort.

Plus tôt dans la matinée, un camion de pompier et un bus urbain sont entrés en collision, blessant grièvement un pompier et légèrement deux passagers du bus. Le soldat du feu, qui est tombé dans le coma, a été transporté vers le centre hospitalier de Nancy. «Il est désormais conscient», a indiqué la préfecture, en précisant que son pronostic vital n'était pas engagé.

Plus de 200 pompiers ont mené 648 interventions toute la nuit, procédant à des dizaines d'évacuations, principalement sur la partie est de l'agglomération dans les communes d'Essey-lès-Nancy et Saint-Max. Le maire de Nancy, André Rossinot, a indiqué qu'il demanderait à l'Etat la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle. «Il n'y a pas de blessés, aucune personne dont la vie est en danger, mais beaucoup d'inondations. A Nancy, un sous-plafond est tombé sous le poids de l'eau», a indiqué la directrice de cabinet du préfet de Meurthe-et-Moselle, Magali Daverton, qui avait mis en place une cellule de crise en début de nuit.

Jusqu'à deux mètres d'eau

A 7H30, 4 100 personnes étaient toujours privées d'électricité dans l'agglomération. D'innombrables caves ont été submergées par les inondations dans toute l'agglomération et de nombreuses routes ont été défoncées «par des torrents de boue comme on en avait jamais vus», selon les habitants. A certains endroits, l'eau est montée jusqu'à 2 mètres, faisant dériver les voitures sur plusieurs centaines de mètres. «Contrairement aux autres, ma voiture n'a pas chaviré, car elle a été retenue par un poteau. Mais ça ne change rien: elle a été remplie de boue», se désolait un habitant de Saint-Max, Emmanuel Davy, mardi matin. «On ne pouvait rien faire, l'eau arrivait de partout, débordait des plaques d'égout, avec un débit impressionnant», a expliqué le sinistré. «Il y a un petit cours d'eau, le Gremillon, qui était déjà saturé lundi. Avec les orages, il a complètement débordé», a-t-il ajouté.

Au milieu des fortes odeurs de fioul, en raison de nombreuses fuites, la gérante d'une entreprise de broderie, Carole, a pour sa part affirmé n'avoir «jamais vu une telle chose». «C'est unique. Normalement, il n'y a jamais de crue ici depuis qu'ils ont canalisé la Meurthe il y a 30 ans», s'est-elle désolée. Dans la quartier de la Commanderie, à Nancy, plus d'un mètre d'eau a inondé les caves en quelques minutes, a expliqué une habitante qui a dû faire face «à un véritable torrent». «On n'y croyait pas, quand on disait à nos voisins de regarder par la fenêtre, ils étaient stupéfaits de la vitesse de la montée des eaux», a-t-elle raconté. A Tomblaine, une vingtaine de personnes sont toujours hébergées dans un gymnase, mais il n'y a pas eu «d'évacuations de masse», selon la préfecture de Meurthe-et-Moselle.

Record absolu

De nombreuses écoles ont été fermées et les réseaux de transports en commun sont très fortement perturbés, a annoncé la mairie de Nancy. Plusieurs routes départementales n'étaient par ailleurs toujours pas accessibles en début de matinée. Les précipitations de la nuit ont battu un record absolu à Nancy: on a relevé 86 mm en trois heures, dont 49 mm en une heure et 15,7 mm en à peine six minutes.
Des pluies sont encore attendues dans la journée de mardi avec de nouveaux orages dans la soirée. Dans le grand Est, les orages ont également touché le Bas-Rhin: les pompiers de ce département ont reçu plus de 1 700 appels entre 17h30 lundi et 06h30 mardi matin, donnant lieu à 701 interventions directement en rapport avec l'épisode orageux.

Les secteurs les plus touchés sont ceux de Benfeld et de Barr, où le collège a été inondé au niveau de son sous-sol et devait rester fermé mardi.

Etat de catastrophe

Toujours à Essey-lès-Nancy, une personne a été grièvement brûlée à la suite de l'explosion de son véhicule dans son garage, selon la préfecture. Dans la matinée, un camion de pompiers et un bus urbain sont entrés en collision, blessant grièvement un pompier et légèrement deux passagers du bus.

L'état de catastrophe naturelle sera décrété dans l'agglomération de Nancy, a annoncé mardi le ministre de l'Intérieur Manuel Valls. La topographie de l'Est nancéien - qui se trouve dans une cuvette - conjuguée à des sols gorgés d'eau en raison du temps pluvieux depuis plusieurs semaines, a précipité les ruissellements et provoqué les inondations, selon le préfet.

A certains endroits, l'eau est montée jusqu'à 2 mètres, faisant dériver les voitures sur plusieurs centaines de mètres. Plusieurs établissements scolaires ont également dû rester fermés.

Les orages ont touché, dans une moindre mesure le département du Bas-Rhin, en Alsace, où les pompiers ont aussi dû réagir en lien avec les intempéries durant la nuit. Privé d'électricité, le collège de Heiligenstein, dans le secteur de Barr, devait rester fermer, selon le site internet des «Dernières Nouvelles d'Alsace».

(ats/afp)