Russie

15 octobre 2019 13:19; Act: 16.10.2019 06:43 Print

Navalny visé par plusieurs perquisitions

Le mouvement de l'opposant à Vladimir Poutine est dans le collimateur du pouvoir. Une trentaine de bureaux ont été perquisitionnés.

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Une trentaine de perquisitions visaient mardi dans une quinzaine de villes russes l'ONG anti-corruption de l'opposant numéro 1 au Kremlin, Alexeï Navalny. Cela une semaine après son classement comme «agent de l'étranger» par Moscou, a annoncé l'organisation.

Alexeï Navalny a précisé sur Twitter que cette «troisième vague» de perquisitions en quelques semaines avait débuté à six heures du matin, «visant 30 adresses au minimum». Le directeur du Fonds de lutte contre la corruption (FBK), Ivan Jdanov, a précisé que les opérations étaient en cours dans une quinzaine de villes.

Les perquisitions visent, selon une série de tweets de Ivan Jdanov, les collaborateurs et des bénévoles de l'organisation, allant de la Russie européenne à l'extrême-Orient en passant par la Sibérie. Parmi les villes concernées se trouvent Moscou, Vladivostok, Ekaterinbourg, Samara, Tcheliabink et Iaroslavl.

Enquête pour blanchiment d'argent

Le Comité d'enquête russe a lui indiqué dans un communiqué que les perquisitions étaient en lien avec une enquête pour blanchiment d'argent et visaient aussi bien des domiciles que des bureaux. Par ailleurs, «les comptes bancaires du FBK ont été gelés», selon la même source.

«Ils ne nous feront pas peur», a réagi Lioubov Sobol, une figure du mouvement de Alexeï Navalny à Moscou qui fut au coeur de la contestation qui a secoué la capitale russe cet été, à l'approche de municipales.

Le Fonds de lutte contre la corruption, à l'origine de plusieurs enquêtes dénonçant les malversations et le train de vie des élites russes, est visé depuis des semaines par une enquête pour «blanchiment» d'argent. Ses comptes ont déjà été gelés en août et des perquisitions massives l'ont déjà visé en septembre.

Il y a tout juste une semaine, les autorités avaient accru la pression sur le Fonds en le classant «agent de l'étranger», une qualification introduite par une loi en 2012 et servant à désigner une organisation bénéficiant du financement d'un autre pays et qui a une «activité politique». Ce concept vague a permis de viser de nombreux groupes critiques du pouvoir.

(nxp/ats)