«Abou Omar le cogneur»

07 février 2019 04:11; Act: 07.02.2019 08:10 Print

D'anciens otages en Syrie au procès de Nemmouche

Des journalistes français séquestrés à Alep et ayant reconnu le jihadiste comme un de leurs geôliers sont cités comme témoins lors du procès sur la tuerie du Musée juif de Bruxelles en 2014.

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La justice belge a rejeté mercredi le pourvoi en cassation formé par le Français Nacer Bendrer, condamné en mars au côté de Mehdi Nemmouche pour l'attentat du Musée juif à Bruxelles. (18 septembre 2019) Mehdi Nemmouche a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour la tuerie du Musée juif de Bruxelles, assortie d'«une mise à disposition» à la justice pour une durée de 15 ans. (Mardi 12 mars 2019) Lundi matin, la parole reviendra d'abord au parquet fédéral, qui rappellera que Mehdi Nemmouche et son co-accusé Nacer Bendrer encourent tous deux la prison à vie. (Lundi 11 mars 2019) Mehdi Nemmouche a été reconnu coupable du quadruple assassinat commis le 24 mai 2014 au musée juif de Bruxelles. L'homme a réaffirmé son innocence, assurant avoir été «piégé». (Jeudi 7 mars 2019) La défense du djihadiste français donne jeudi sa version des faits, qualifiée de «complotiste» par l'accusation. (28 février 2019) L'audience a été suspendue quelques heures ce lundi. Le temps que soit entendu par la police un juré ayant violé l'interdiction de communiquer avec des personnes extérieures. (18 février 2019) Les ex-otages qui accusent Mehdi Nemmouche d'avoir été leur geôlier se rendent à son procès à Bruxelles jeudi. (7 février 2019) L'accusation a pointé du doigt le comportement détaché et décontracté de Mehdi Nemmouche lors de son arrestation, six jours après la tuerie au Musée juif de Bruxelles en 2014. (Vendredi 1 février 2019) Mehdi Nemmouche a évoqué ce jeudi un «pseudo-attentat». (31 janvier 2019) Mehdi Nemmouche arrive ce jeudi 10 janvier 2019 à la cour d'assises de Bruxelles. «Nemmouche, Mehdi, 33 ans, sans profession»: le principal accusé, jugé avec un complice, a décliné son identité en se présentant dans le box en pull bleu marine lors de son procès à Bruxelles. (Lundi 7 janvier 2019) Mehdi Nemmouche s'est rendu à une audience préliminaire devant la cour d'assises de Bruxelles. (Jeudi 20 décembre 2018) Mehdi Nemmouche sera défendu à Bruxelles par l'avocat belge Sebastien Courtoy. (Jeudi 20 décembre 2018) Selon des médias belges, il portait sur son torse une caméra embarquée. (26 mai 2014) La police fédérale belge a publié des photos du tireur... (25 mai 2014) ... qui cache soigneusement son visage. (25 mai 2014) La police a diffusé une vidéo montrant le suspect. (25 mai 2014) Pour le moment, la police n'a aucun piste concernant le suspect. (24 mai 2014) La fusillade a fait quatre morts. (25 mai 2014) Police et experts scientifiques ont bouclé les rues proches du Musée Juif après la fusillade qui a fait quatre morts samedi après-midi à Bruxelles. (24 mai 2014) La fusillade a fait quatre morts. (25 mai 2014) Les témoignages de sympathies s'accumulent devant l'entrée du musée. (25 mai 2014) Les témoignages de sympathies s'accumulent devant l'entrée du musée. (25 mai 2014)

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D'anciens otages français du groupe Etat islamique en Syrie ayant reconnu Mehdi Nemmouche comme un de leurs geôliers sont attendus jeudi au procès du djihadiste, pour la tuerie du Musée juif de Bruxelles en 2014, des témoignages qui pourraient encore fragiliser sa défense.

Sont cités comme témoins devant les assises à partir de 09h00 (08h00 GMT) Didier François, Nicolas Hénin, Edouard Elias et Pierre Torres, tous journalistes enlevés puis séquestrés à Alep (nord de la Syrie) entre juin 2013 et avril 2014. Seuls MM. Hénin et François ont confirmé leur venue auprès des magistrats belges. La présence des deux autres est incertaine.

Les quatre témoignages ont été réclamés par l'accusation et l'avocate d'un collectif d'organisations juives partie civile au procès, afin d'éclairer la personnalité de l'accusé et ce qu'il a fait en Syrie entre janvier 2013 et février 2014.

«Une manoeuvre»

De leur côté, les avocats de Mehdi Nemmouche ont dénoncé «une manoeuvre», «un procès dans le procès», alors que la séquestration fait l'objet d'une procédure distincte en France, dans laquelle le djihadiste, a été inculpé fin 2017.

Les témoignages interviennent à un moment où la défense est fragilisée. Les experts se sont succédé à la barre pour battre en brèche les doutes concernant les preuves, soulevés par les conseils de Nemmouche (ADN sur la porte du musée, empreintes sur les armes, etc).

Le 1er février, la cour d'assises a visionné pendant de longues heures les vidéos de l'accusé en garde à vue après son arrestation à Marseille six jours après la tuerie. Elles montrent un homme goguenard, arrogant avec les enquêteurs, une image ne collant pas du tout avec celle d'un suspect «accusé à tort», a souligné l'accusation.

Car le djihadiste, de 33 ans, un délinquant multirécidiviste radicalisé en prison, nie le quadruple assassinat qu'il est accusé d'avoir perpétré au Musée juif le 24 mai 2014, peu après son retour de Syrie. Au cours de l'enquête sur la séquestration d'Alep, trois des quatre journalistes l'ayant reconnu ont brossé le portrait d'un gardien «autoritaire», «violent», voire «tortionnaire» de prisonniers.

«Il rêvait des assises»

«Je n'oublierai jamais sa capacité de violence et sa capacité de danger», s'est souvenu à la radio Europe 1 Didier François le 10 janvier, jour de l'ouverture du procès bruxellois. Mehdi Nemmouche «s'amusait à nous écraser les ongles avec une pince en acier», a-t-il confié. «Mais ce n'était rien à côté de ce qui se passait pour les prisonniers syriens qui, eux, étaient vraiment torturés, enchaînés», a-t-il ajouté.

Pour le journaliste, le djihadiste, «faisait partie des gardes francophones de la police islamique de Daech» (acronyme arabe de l'Etat islamique). L'intéressé a toujours refusé de s'expliquer sur ce séjour en Syrie.

Aux yeux de Michèle Hirsch, avocate des organisations juives, le témoignage des otages est «extrêmement important» pour que magistrats et jurés comprennent ce qui a pu motiver le tueur présumé du Musée juif. Et quelle a été l'influence de Mohamed Merah, «son idole» d'après l'avocate.

«Abou Omar le cogneur»

En 2012, Mohamed Merah a assassiné sept personnes dans le sud de la France, dont trois enfants et un père juifs. Devant ses otages français, l'année suivante, Mehdi Nemmouche évoque ces crimes avec admiration, a-t-il été rapporté aux enquêteurs.

S'exprimant peu publiquement sur cette détention, Nicolas Hénin a raconté avoir été «maltraité» par Nemmouche, désigné comme «Abou Omar le cogneur», lorsqu'il était retenu dans un hôpital d'Alep transformé en prison par l'Etat islamique.

Au début de l'enquête, cet ex-reporter de guerre (désormais reconverti dans le conseil sur la lutte antiterroriste) avait précisé avoir été, avec ses confrères, «en contact» avec le djihadiste, «de juillet à décembre 2013». Il a aussi assuré que Nemmouche «voulait être reconnu et rêvait des assises». «Il disait Lorsque je serai sur le banc des accusés, vous viendrez témoigner », a relevé un autre otage.

(nxp/afp)