Etats-Unis

11 mai 2015 20:59; Act: 11.05.2015 21:25 Print

New York lutte contre les abus chez les manucures

Le gouverneur de l'Etat de New York Andrew Cuomo a annoncé lundi des mesures pour éviter les abus salariaux et les risques pour la santé dans les salons de manucure à New York, qui emploient des milliers d'immigrées.

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Cette annonce fait suite à une longue enquête du New York Times décrivant des immigrées sous-payées, et exposées à des produits toxiques des heures durant.

Le gouverneur démocrate a annoncé le «lancement d'un groupe de travail» qui va «agir immédiatement pour empêcher les pratiques illégales et les conditions de travail dangereuses dans les salons de manucure».

Les New-Yorkaises fréquentent assidûment ces salons de manucure, dont le nombre a triplé en 15 ans à New York. Les prix y sont très inférieurs au reste des Etats-Unis, avec un prix moyen pour une manucure de 10,5 dollars (9,4 euros).

Ils emploient beaucoup d'Asiatiques, ne parlant souvent que de rares mots d'anglais, et des latino-américaines.

Pour son enquête, le New York Times a interrogé plus de 150 femmmes travaillant dans ces salons, et des propriétaires d'établissement.

Surveillance vidéo

L'immense majorité était payée en dessous du salaire minimum (8,75 dollars dans l'Etat de New York soit 7,84 euros). Certaines débutantes n'étaient pas payées du tout, ce pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois. Il est aussi commun de payer de 100 à 200 dollars pour être initialement embauchée, selon le New York Times qui ajoute que les premiers salaires - après la période non payée- peuvent être de 10 dollars par jour (9 euros).

Les pourboires peuvent aussi être supprimés pour des erreurs mineures, et les employées sont en permanence surveillées par vidéo.

Nouvelles mesures

Le gouverneur Cuomo a précisé qu'il allait introduire de nouvelles règles en matière de santé et de sécurité, fermer les salons n'ayant pas d'autorisation, récupérer les salaires non payés, et fermer aussi les salons ayant commis les offenses les plus flagrantes.

Les employées se verront demander de porter des masques et des gants, et chaque station de travail sera dotée d'un ventilateur individuel pour réduire l'exposition aux émanations toxiques, que le New York Times a lié à des fausses couches, leucémie, et malformations foetales.

Les salons devront aussi rappeler sur des panneaux en plusieurs langues quels sont les droits des employées, notamment en termes de salaires.

«Nous ne resterons pas les bras croisés pendant que les travailleuses sont privées de leurs salaires durement gagnés et dépouillées de leurs droits les plus élémentaires», a déclaré M. Cuomo dans un communiqué, annonçant ces mesures.

(afp)