France

01 juillet 2014 08:17; Act: 01.07.2014 11:59 Print

Nicolas Sarkozy est entendu par les juges

L'ancien chef de l'Etat a été convoqué, mardi, pour une audition dans une affaire de trafic d'influence. Après son avocat lundi, il a été placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire.

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Bettencourt, Karachi, Libye, sondages de l'Elysée, écoutes de Nicolas Sarkozy, affaire Tapie: le point sur l'épais dossier judiciaire concernant l'ancien président de la République. Nicolas Sarkozy est visé par une nouvelle enquête liée aux comptes de sa campagne présidentielle de 2012. La justice française doit déterminer si le paiement par l'UMP de l'amende infligée à Nicolas Sarkozy après le dépassement de ses comptes de campagne est légal ou non. L'ancien président Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue mardi matin dans un dossier pour trafic d'influence et violation du secret de l'instruction sur la base d'écoutes téléphoniques. Une première pour un ancien chef de l'Etat français sous la Ve République. M. Sarkozy est arrivé peu avant 8h locales à bord d'une voiture noire aux vitres teintées au siège de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), à Nanterre, près de Paris. Son avocat, a été placé en garde à vue depuis lundi, tout comme deux hauts magistrats du Parquet général de la Cour de cassation, Gilbert Azibert et Patrick Sassoust.Thierry Herzog et Gilbert Azibert ont été inculpé mercredi de corruption et trafic d'influence. Les enquêteurs cherchent à établir si l'ancien chef de l'Etat, avec l'appui de Me Herzog, a cherché à obtenir des informations auprès d'un haut magistrat sur une enquête le concernant en échange de la promesse d'un poste de prestige. Les espoirs d'un rapide retour en politique de l'ancien président français Nicolas Sarkozy ont été douchés dans la nuit de mardi à mercredi 2 juillet 2014 par sa mise en examen pour pour recel de violation du secret professionnel, corruption et trafic d'influence actif. La corruption et le trafic d'influence sont des délits passibles de peines pouvant aller jusqu'à dix ans de prison. La nouvelle est tombée après plus de 15 heures de garde à vue. L'affaire trouve sa genèse au printemps 2013. L'enquête avait été lancée sur la base de conversations téléphoniques entre Thierry Herzog et Nicolas Sarkozy, placé sur écoute sur décision de juges financiers qui enquêtent sur des accusations de financement, par , de sa campagne présidentielle de 2007. Les enquêteurs soupçonnent également Nicolas Sarkozy d'avoir été informé qu'il était sur écoute dans l'enquête sur le financement libyen de sa première campagne présidentielle à l'issue de laquelle il avait été élu. L'ancien premier ministre Edouard Balladur est soupçonné d'avoir mis en place un système de rétrocommissions sur des ventes d'armes à l'Arabie saoudite et au Pakistan afin de financer la campagne d'Edouard Balladur en 1995. Alors ministre du Budget, Nicolas Sarkozy aurait avalisé la création dune société écran au Luxembourg, Heine SA, utilisée pour verser ces commissions. Les juges ont préconisé son audition comme témoin assisté en février 2014 dans cette affaire. Aussi présent dans d'autres affaires, le Franco-Libanais aurait servi d'intermédiaire entre le Gouvernement français, le Pakistan et l'Arabie saoudite. Le un attentat a provoqué la mort de 14 personnes, dont 11 employés français, à Karachi (Pakistan). Des juges français chargés de l'affaire privilégient l'hypothèse de représailles contre la France, organisées par une partie des services secrets pakistanais. Du temps de Nicolas Sarkozy, la présidence de la République aurait passé sans appel d'offres plusieurs marchés pour la réalisation de sondages d'opinion auprès de cabinets dirigés par des proches comme... ... , ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et directeur de la société de conseil Publifact. Ce dernier a aussi admis en mars 2014 avoir enregistré de nombreuses conversations politiques ou privés de Nicolas Sarkozy. Des soupçons de financement illicite de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 existent aussi. Au coeur de l'affaire «Bygmalion», la société qui a organisé la campagne 2012, les relations financières entre cette société de communication, l'UMP et l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Des révélations font état de possibles surfacturations de services par cette société fondée par des proches de l'ancien patron de l'UMP , qui a démissionné de la présidence de l'UMP à la suite de cette affaire. L'enquête, qui couvrira l'année 2012, a été ouverte notamment pour «faux et usage de faux», une incrimination qui concerne les fausses factures émises par Event & Co, la filiale événementielle de Bygmalion. L'abus de confiance concernerait l'éventuel détournement de fonds au préjudice de l'UMP. Une enquête pour détournement de fonds publics a été ouverte en octobre 2013 par le Parquet de Paris sur le financement d'un . Ce meeting n'avait pas été inscrit dans les dépenses de campagne, ce qu'avait épinglé le Conseil constitutionnel. En juillet 2008 à l'issue d'un arbitrage, l'Etat verse 403 millions d'euros, dont 45 au titre du préjudice moral, à pour régler un vieux litige avec le Crédit Lyonnais sur la vente d'Adidas. La ministre de l'Economie Christine Lagarde accepte cette décision. La justice enquête sur les liens entre Tapie et les «arbitres» ainsi que sur l'implication de l'exécutif (Nicolas Sarkozy était alors président), soupçonné d'avoir favorisé l'homme d'affaires. L'affaire a été déclenchée en juillet 2010 par l'ex-comptable des Bettencourt, qui avait alors déclaré à la police s'être vu réclamer 150'000 euros en liquide par leur ancien homme de confiance, Patrice de Maistre, début 2007. Celui-ci lui avait assuré, selon la comptable, vouloir les donner à l'ancien ministre Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Des membres de l'entourage de la milliardaire ont déclaré avoir vu Nicolas Sarkozy plusieurs fois pendant cette période. Les juges cherchaient à établir si M. Sarkozy a commis un abus de faiblesse aux dépens de Liliane Bettencourt, l'héritière de L'Oréal alors âgée de 84 ans, en lui demandant de l'argent pour financer sa campagne. Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un non-lieu.

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L'ancien président Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue mardi par la justice française, une première pour un ancien chef de l'Etat, dans le cadre d'une enquête ouverte notamment pour trafic d'influence présumé.

Cette garde à vue intervient au moment où les rumeurs sur la volonté de Nicolas Sarkozy de renouer avec la vie politique, et notamment de prendre à l'automne la tête du parti conservateur UMP, se font de plus en plus précises.

L'ancien chef de l'Etat est arrivé tôt mardi matin à la direction centrale de la police judiciaire, à Nanterre, dans la banlieue ouest de Paris. Une source judiciaire a ensuite indiqué que l'ex-président avait été placé en garde à vue.

Sans précédent

M. Sarkozy et avant lui l'ancien président Jacques Chirac ont pu être inculpés dans des affaires judiciaires, mais jamais une garde à vue n'avait été organisée.

L'avocat de Sarkozy, Me Thierry Herzog, est, lui, en garde à vue depuis lundi, ainsi que deux hauts magistrats, Gilbert Azibert et Patrick Sassoust. Les enquêteurs vont pouvoir confronter les versions des quatre hommes.

Ils cherchent à établir si Nicolas Sarkozy, 59 ans, a oeuvré pour obtenir des informations auprès d'un magistrat de haut rang, Gilbert Azibert, sur une décision de justice le concernant, en échange de la promesse d'un poste de prestige à Monaco.

Affaire dès 2013

L'affaire trouve sa genèse au printemps 2013. Plusieurs proches de Nicolas Sarkozy ont été placés sur écoute dans l'enquête sur les accusations de financement par la Libye de la campagne présidentielle victorieuse de 2007.

L'un d'entre eux, Michel Gaudin, ancien patron de la police nationale et ex-préfet de police de Paris, a eu des conversations qui interpellent les enquêteurs. Il semble notamment vouloir, en vain, se renseigner sur l'enquête libyenne auprès du patron du renseignement intérieur, Patrick Calvar.

Les juges décident alors - une décision sans précédent connu en France - de placer à son tour l'ex-président de la République sur écoute, notamment le téléphone qu'il utilise sous l'identité d'emprunt de «Paul Bismuth» pour converser avec Me Herzog.

Or, des échanges entre les deux hommes peuvent laisser croire qu'ils ont cherché à obtenir des informations auprès de Gilbert Azibert sur une décision cruciale attendue dans une autre affaire sans lien avec le dossier libyen, l'affaire Liliane Bettencourt. Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un non-lieu dans cette affaire d'abus de faiblesse présumé aux dépens de la milliardaire française.

La teneur des échanges de Nicolas Sarkozy avec son avocat portait sur les agendas de l'ex-président saisis dans l'affaire Bettencourt. La justice a choisi de garder ces documents, qui pourraient servir dans d'autres enquêtes.

24 heures au maximum

Dans le dossier qui vaut sa garde à vue à Nicolas Sarkozy, les policiers vont pouvoir entendre l'ex-président pendant une durée pouvant aller jusqu'à 24 heures, éventuellement renouvelable une fois.

A l'issue de cette mesure coercitive, le chef de l'Etat peut être relâché sans poursuites ou présenté à un juge d'instruction qui peut l'inculper. Les obstacles judiciaires se multiplient sur la route d'un retour de Nicolas Sarkozy.

Outre les dossiers du financement libyen et du trafic d'influence, le Parquet de Paris a confié à des juges financiers une enquête pour «faux et usage de faux», «abus de confiance» et «tentative d'escroquerie», cette fois sur le financement de la campagne de 2012 de Nicolas Sarkozy. Ses meetings semblent avoir été en grande partie financés par l'UMP afin de masquer un dépassement du plafond autorisé.

Les policiers s'interrogent également sur la régularité des contrats conclus entre l'Elysée et neuf instituts de sondage sous le quinquennat Sarkozy.

(afp)