Paris

19 février 2011 19:15; Act: 19.02.2011 19:21 Print

Nicolas Sarkozy inaugure le Salon de l'agriculture

Nicolas Sarkozy a inauguré samedi le Salon de l'agriculture à Paris, qui ouvrait ses portes pour huit jours.

Une faute?

Le président français Nicolas Sarkozy a inauguré samedi la 48e édition du salon de l'Agriculture à Paris dans un contexte difficile pour nombre d'agriculteurs, les éleveurs en tête. Ils étaient la cible d'une campagne des écologistes, critiquée par le chef de l'Etat.

Arrivé à 08h30 accompagné du ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, le chef de l'Etat a visité pendant plus de deux heures le hall principal du salon où il a été sollicité par des éleveurs inquiets et a écouté leurs doléances. «Il faut absolument revoir les prix à la production, sinon on va mourir», lui a dit l'un d'eux, tandis que d'autres pressaient de questions Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat, qui n'avait pas inauguré l'an dernier le salon, ce que nombre d'agriculteurs lui avaient reproché, a débuté sa visite par le hall des animaux.

Devant le flot de questions d'éleveurs, qui arboraient des tee- shirts rouges sur lesquels était écrit en blanc «les producteurs de viande bovine en colère», il a tenté de les rassurer: «On est 6 milliards d'individus sur terre, on sera bientôt 9 milliards, on aura toujours besoin de vous. Vous ne disparaîtrez pas, vous continuerez à exister mais pas de la même manière».

«A la Chirac»

Le chef de l'Etat s'est attardé auprès des éleveurs dans le hall 1, prenant le temps de goûter les produits, de poser pour des photos ou de signer des autographes. «Il est resté une quinzaine de minutes avec nous, on l'a senti plus à l'écoute», a fait remarquer Ludovic Madec, qui exploite un troupeau de 90 bovins à viande dans le Finistère.

Le temps aussi d'écouter les inquiétudes des agriculteurs, comme sur la question des suicides - l'un d'eux a regretté une «omerta» en décalage avec la «surmédiatisation» des suicides de France Télécom - , ou les relations avec les banques à propos des échéances de dettes.

«On a pris la crise du siècle, on me critique mais enfin il fallait bien quelqu'un qui agisse», a dit Nicolas Sarkozy, reprenant un credo habituel. Le chef de file des députés UMP et ancien syndicaliste agricole Christian Jacob, qui accompagnait le déplacement, a confié à une journaliste de l'AFP: «C'est une bonne visite, c'est une visite à la Chirac».

Affichage critiqué

Le président a par ailleurs qualifié de «particulièrement déplacée» la campagne d'affichage de France Nature Environnement (FNE) comportant des visuels et slogans choc sur les OGM, les pesticides et les algues vertes.

«Les agriculteurs n'ont pas à être insultés (...) On n'oppose pas les Français les uns contre les autres, on essaie de les rassembler. On ne combat pas l'intolérence en étant intolérants», a ajouté M. Sarkozy, en invitant le profession à ne pas répondre sur le même ton.

«Répondez en étant sérieux, avec des arguments. Je ne laisserai pas insulter les agriculteurs», a insisté le chef de l'Etat. Cette semaine le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, avait qualifié de «scandaleuse et inacceptable» la campagne de FNE lancée dans quelques stations du métro parisien.

De son côté la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko- Morizet, avait défendu «le droit d'expression» des associations environnementales, estimant que «c'est un principe fondateur du Grenelle de l'Environnement».

(ap)