Contestation

15 décembre 2019 12:45; Act: 15.12.2019 14:27 Print

Nombreux blessés dans de violents heurts au Liban

Des heurts d'une grande violence ont éclaté samedi soir à Beyrouth. Les policiers ont fait usage de balles en caoutchouc contre les manifestants.

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La rue libanaise réclame une refonte du système politique et la démission d'une classe politique accusée d'incompétence et de corruption. (Mardi 21 janvier 2020) Le nouveau Premier ministre libanais, Hassan Diab, est un universitaire de 61 ans. (Photo d'archives) L'ex-ministre et universitaire libanais soutenu par le puissant mouvement chiite Hezbollah, Hassan Diab, a été désigné premier ministre jeudi, après une journée de consultations parlementaires. (Jeudi 19 décembre 2019) Des dizaines de jeunes partisans du Hezbollah et d'Amal, les deux partis chiites du pays, ont attaqué vers minuit des camps de manifestants antigouvernementaux dans le centre la capitale. (17 décembre 2019) Ces affrontements ont fait au mois 23 blessés, qui ont été hospitalisés, selon la défense civile. (17 décembre) Des consultations parlementaires lundi au Liban pour permettre d'avancer vers la formation d'un gouvernement ont de nouveau été repoussées, provoquant une nouvelle soirée d'affrontements. (16 décembre 2019) Les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc contre les manifestants samedi soir à Beyrouth. (Liban, 15 décembre 2019) Les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc contre les manifestants samedi soir à Beyrouth. (Liban, 15 décembre 2019) Des dizaines de jeunes hostiles au mouvement de contestation au Liban ont lancé samedi des pierres et des pétards sur la police anti-émeute à Beyrouth. (Samedi 14 décembre 2019) Les banques et les écoles sont fermées au Liban, alors que les manifestations contre le pouvoir se poursuivent. (Mardi 12 novembre 2019) La Banque mondiale a appelé mercredi le Liban à former un nouveau gouvernement dans les plus brefs délais. Un mouvement de contestation inédit contre la classe politique en est à son 21e jour. (6 novembre 2019) Les protestations anti-gouvernement ont rassemblé des milliers de personnes dimanche dans plusieurs villes du Liban, comme ici dans la capitale Beyrouth. (Dimanche 3 novembre 2019) Des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi soir à Tripoli, grande ville du nord du Liban, pour une mobilisation sous le signe de l'union. (Samedi 2 octobre 2019) Au 13e jour de la révolte, le Premier ministre libanais Saad Hariri et son gouvernement ont démissionné, déclenchant des scènes de liesse. (Mardi 29 octobre 2019) Le Premier ministre libanais Saad Hariri annonce qu'il va démissionner. Sa décision fait suite au soulèvement populaire sans précédent qui touche le pays depuis deux semaines. (29 octobre 2019) Le Premier ministre libanais Saad Hariri a été reçu mercredi par le roi Salmane d'Arabie Saoudite lors de sa première visite à Ryad depuis la crise en novembre déclenchée par l'annonce dans le royaume de sa démission sur laquelle il était ensuite revenu. (Mercredi 28 février 2018) Le premier ministre libanais Saad Hariri, représentant le camp sunnite soutenu par l'Arabie saoudite, a réussi à former un gouvernement avec le Hezbollah pro-iranien, suite à un compromis en 2016. Le président libanais Michel Aoun (ici au centre) venait alors d'être élu grâce au soutien massif du puissant Hezbollah, allié de l'Iran chiite, grand rival régional de l'Arabie saoudite. Or, le premier ministre libanais, qui a les passeport libanais et saoudien, est connu pour ses accointances avec Riyad où il est né et où il a des intérêts économiques. Ici, un poster de l'homme fort du royaume saoudien, le jeune prince Mohammed ben Salmane en pleine rue libanaise, à Tripoli. Saad Hariri (ici avec le roi saoudien Salmane) n'est pas revenu de son voyage en Arabie saoudite depuis deux semaines. Beyrouth estime que son premier ministre y est retenu contre son gré. Il faut dire que le premier ministre libanais a créé la surprise en annonçant le 4 novembre, depuis Riyad, sa démission qui a pris de court tout le monde et fait craindre une escalade des tensions entre les rivaux saoudien et iranien dans la région. Dès le lendemain, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, accuse l'Arabie saoudite d'avoir contraint Saad Hariri à la démission dont l'annonce coïncide avec l'arrestation de dizaines de princes, de ministres et d'hommes d'affaires dans une purge «anti-corruption» sans précédent en Arabie saoudite. Devant l'émotion suscitée dans le pays par la démission brutale de son premier ministre, Saad Hariri réagit: «Je suis libre ici, si je veux voyager demain, je voyage». Pour tenter de résoudre la crise, le président français Emmanuel Macron annonce avoir «invité» Saad Hariri à venir «avec sa famille» en France. L'Elysée précise que celui-ci devrait arriver à Paris «dans les prochains jours». Dépêché en Arabie saoudite, le chef de la diplomatie française annonce le lendemain que Saad Hariri a «accepté l'invitation» de la France.

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Des dizaines de personnes ont été blessées dans des heurts survenus samedi soir à Beyrouth, parmi les plus violents depuis le début du mouvement de contestation en octobre, les forces de sécurité ayant fait usage de gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

La ministre de l'Intérieur Raya el-Hassan a réclamé dimanche aux Forces de sécurité intérieure l'ouverture d'une enquête «rapide et transparente» afin de déterminer les responsabilités dans ces violences.

A deux jours de consultations parlementaires organisées pour tenter de nommer un nouveau Premier ministre, des dizaines de manifestants s'étaient rassemblés samedi dans le centre de la capitale pour dénoncer de nouveau la classe politique dans son ensemble et réclamer un gouvernement de technocrates et d'indépendants.

Les heurts ont éclaté quand des manifestants ont tenté de franchir un barrage de police bloquant l'entrée d'une avenue menant au Parlement, avant de se poursuivre ailleurs en centre-ville.

Jets de pierres

La Croix-Rouge libanaise a transporté 15 blessés vers des hôpitaux et soigné 37 personnes sur place, selon un nouveau bilan communiqué à l'AFP par un responsable de l'organisation, Rodney Eid.

Samedi soir, l'organisation avait rapporté des évanouissements, des personnes souffrant de difficultés respiratoires et d'autres touchées par des jets de pierres. Les blessés étaient des civils mais aussi des membres des forces de sécurité.

De son côté, la défense civile libanaise a annoncé sur Twitter avoir «transporté 36 blessés vers des hôpitaux», tandis que 54 personnes ont été soignées sur place.

«Usage excessif de la force»

Un photographe de l'AFP a vu samedi soir des membres de la sécurité du Parlement, habillés en civil, matraquer des manifestants. La police anti-émeutes a tiré des balles en caoutchouc et les manifestants ont jeté des pierres, selon la même source.

Les manifestants ont notamment scandé des slogans contre le président du Parlement Nabih Berri et le chef du gouvernement démissionnaire Saad Hariri.

Ces violences sont parmi les plus significatives depuis le début le 17 octobre d'une contestation inédite au Liban contre la classe dirigeante, jugée corrompue et incompétente.

Les manifestations se sont globalement tenues dans le calme mais, ces dernières semaines, les accrochages se sont multipliés.

En réclamant une enquête dimanche, la ministre de l'Intérieur a évoqué la présence de personnes «infiltrées» et mis en garde les contestataires contre «des parties» qui tenteraient «d'instrumentaliser» les manifestations pour provoquer une «confrontation» avec les forces de l'ordre, sans les nommer.

Sur son compte Twitter, Diala Haidar, qui travaille sur le Liban pour Amnesty international, a dénoncé un «usage excessif de la force» par les forces de sécurité, évoquant la présence d'hommes en civil, certains masqués, attaquant les manifestants et les interpellant aux côtés des forces de sécurité.

Les Forces de sécurité intérieure ont annoncé tôt dimanche sur Twitter une vingtaine de blessés dans leurs ranges, qui ont dû être transportés vers des hôpitaux, d'autres ayant été soignés sur place.

Sous la pression de la rue, le Premier ministre Saad Hariri a démissionné le 29 octobre, mais son gouvernement continue de gérer les affaires courantes.

Jusqu'à présent, les principaux partis du pays n'ont en effet pas réussi à s'entendre sur un successeur et la formation du nouveau cabinet pourrait s'éterniser, dans un pays au bord de l'effondrement économique.

(nxp/ats)