Notre-Dame de Paris

16 avril 2019 15:25; Act: 16.04.2019 21:24 Print

Non, cette silhouette n'a pas provoqué l'incendie

Les théories fumeuses se propagent sur les réseaux sociaux ainsi que dans certains médias, après le drame qui a frappé Notre-Dame lundi soir.

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À chaque attentat, catastrophe ou tragédie, c'est la même rengaine. Sur les réseaux sociaux et dans les médias extrémistes, les théories du complot fleurissent. L'incendie de Notre-Dame de Paris n'échappe pas à la règle. Lundi soir, alors que l'édifice était en proie aux flammes, quelques internautes ont publié une photo prétendument troublante. Le cliché, pris au début de l'incendie, montre une silhouette se tenir debout sur le toit de l'édifice. Il n'en fallait pas plus pour faire naître l'hypothèse d'un acte criminel.


En fait, cette mystérieuse silhouette est celle de la Vierge du trumeau du portail du Cloître, comme l'explique AFP Factuel.



La théorie de l'attentat circule également, évoquée sans détour par Nicolas Dupont-Aignan, leader de Debout la France.


Lundi soir, un élu français d'extrême droite s'est fait sèchement couper par un journaliste de Fox News, alors qu'il sous-entendait que la cathédrale avait été détruite intentionnellement. «Le politiquement correct va faire croire que c'est un accident», a déclaré Philippe Karsenty, avant d'être recadré par Shepard Smith: «Monsieur, on ne va pas commencer à spéculer ici des causes de quelque chose, alors qu'on ne sait rien», l'a-t-il interrompu.


De son côté, Ivan Rioufol, éditorialiste au «Figaro», a déclaré sur LCI: «L'Église catholique est la cible aujourd'hui d’un choc des cultures, des civilisations, plus singulièrement la cible de l'islam politique. Tout à l'heure il a été dit que des islamistes pourraient dans doute se réjouir de ce qui s'est passé à Paris dans cette cathédrale, c'est bien possible, malheureusement».


Une responsable de l'extrême droite allemande a pour sa part dénoncé les violences faites aux chrétiens. «Pendant la semaine pascale, #NotreDame brûle. En mars: la deuxième plus grande église Saint-Sulpice brûle. En février: 47 agressions en France. L'Observatoire de l'intolérance et de la discrimination des chrétiens en Europe dénonce une hausse significative. #NotreDameCathedral», écrit sur Twitter Alice Weidel, figure de proue de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD).


Publiant uniquement un lien vers un article datant du mois de mars sur l'incendie de Saint-Sulpice, Alice Weidel n'apporte aucune explication permettant d'invoquer des discriminations anti-chrétiennes après le sinistre de Notre-Dame. En France, une enquête a été ouverte pour «destruction involontaire par incendie». La piste d'un départ de feu accidentel lié au chantier de rénovation en cours sur le toit de la cathédrale «retient l'attention des enquêteurs en l'état des investigations», a précisé une source proche du dossier.

Mais sur les réseaux sociaux, des internautes sont également persuadés que l'incendie a été provoqué pour reporter le discours d'Emmanuel Macron.








«Punition divine»

Pour deux tabloïds serbes, l'incendie est une «punition divine». Les deux journaux rappellent qu'un drapeau du Kosovo avait été hissé dans la cathédrale au moment du centenaire de l'Armistice en 2018. «La punition divine les a rattrapés», ont titré à l'unisson «Alo» et «Informer». «Alo» y voit un retour de bâton pour avoir «craché sur les victimes serbes» de la guerre du Kosovo. Proches du pouvoir, les deux médias ont toutefois rapidement retiré ces articles lundi soir.

Sur les réseaux sociaux, beaucoup reprenaient la thématique initialement choisie par les deux médias. «Que brûle quiconque a bombardé le Republika Srpska (entité serbe de Bosnie) et la Serbie innocentes et impuissantes», écrivait ainsi sur Twitter Rajko Vasic.

Le président Aleksandar Vucic a exprimé son soutien à la France, affirmant que «tous les citoyens de Serbie sont tristes» et sont avec leurs «amis français». Il a assuré que son pays se tenait prêt «à aider la reconstruction de ce symbole de la civilisation française et mondiale».


(joc/afp)