France

05 mai 2019 07:27; Act: 05.05.2019 07:29 Print

Affaire Lambert: l'arrêt des soins n'est plus si certain

Alors que l'arrêt des soins de Vincent Lambert se profilait, un comité de l'ONU veut faire suspendre cette décision.

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Un comité de l'ONU a demandé à la France de suspendre toute décision d'arrêt des soins de Vincent Lambert, dans l'attente d'une instruction sur le fond, a-t-on appris samedi auprès des avocats des parents du quadragénaire tétraplégique, en état végétatif depuis dix ans. L'affaire est devenue un symbole du débat sur la fin de vie en France.

L'annonce du Comité international des droits des personnes handicapées de l'ONU (CIDPH) intervient quatre jours après que la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) avait, elle, ouvert la voie à l'arrêt des soins de Vincent Lambert, hospitalisé à Reims (nord-est), en rejetant la demande de suspension d'une décision du Conseil d'Etat, la plus haute juridiction française.

«La requête a été enregistrée et l'instruction commence devant ce comité international», une procédure qui dure «en pratique plusieurs années», a assuré à l'AFP Me Jérôme Triomphe, l'un des avocats des parents.

Etat végétatif depuis 2008

L'Etat français dispose de six mois pour fournir ses observations au comité. En attendant, ce dernier demande à la France de veiller à ce que l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert ne soient pas suspendues, en vertu de la convention relative aux droits des personnes handicapées.

«C'est une grande satisfaction: enfin une instance spécialisée va pouvoir se prononcer sur le fond de l'affaire», a déclaré Me Triomphe. Il a également dit son «grand soulagement» car «il y a depuis plus d'un an un acharnement judiciaire et médical à faire mourir Vincent».

Ancien infirmier psychiatrique de 42 ans, Vincent Lambert se trouve en état végétatif à la suite d'un accident de la route en 2008. Les décisions sur un arrêt des soins n'ont jamais été mises en oeuvre, freinées par de multiples imbroglios et recours juridiques successifs. L'affaire déchire sa famille: d'un côté, les parents, un demi-frère et une soeur s'opposent à l'arrêt des soins; de l'autre, son épouse Rachel, son neveu François et cinq frères et soeurs du patient dénoncent un acharnement thérapeutique.

L'avocat de François Lambert, Me Gérard Chemla, a déploré une demande «épouvantable». «Ce comité théodule vient rejuger» une nouvelle fois cette affaire, «et au nom des droits de l'Homme, bafoue les droits d'un homme qui souffre gratuitement depuis des années (...)», a-t-il réagi auprès de l'AFP.

François Lambert a pour sa part dénoncé «un simulacre». Le comité «se fait de la publicité sur le dos de Vincent, il n'a aucune autorité car il a juste le moyen de donner un avis. Sa position est indéfendable», a-t-il lancé.

(nxp/afp)