Incendie et rixe en Grèce

15 octobre 2019 15:18; Act: 15.10.2019 16:20 Print

«Personne ne semble avoir été blessé par le feu»

Une rixe entre migrants dans un camp surpeuplé a dégénéré sur l'île grecque de Samos. Un incendie aurait été déclenché en représailles après une bagarre.

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Un incendie a détruit une partie d'un camp de migrants surpeuplé sur l'île grecque de Samos, après une rixe, lundi soir, entre demandeurs d'asile qui a fait trois blessés, a-t-on appris mardi auprès de la police et d'ONG.

Fin septembre, un incendie avait déjà ravagé le camp de réfugiés de Moria, sur l'île grecque de Lesbos, faisant un mort et relançant le débat sur l'accueil des migrants en Grèce.

«Il y a eu une explosion puis un gros feu vers 22 heures locales (21 h lundi)», a déclaré par téléphone à l'AFP Georgios Stantzos, le maire de Vathy, chef-lieu de l'île.

«Le problème n'est pas terminé», a-t-il ajouté depuis le «hotspot» de Vathy, dont il réclame depuis plusieurs semaines la décongestion rapide.

Une trentaine de tentes détruites

«Plusieurs tentes et conteneurs ont été détruits à Samos», a tweeté l'ONG Médecins sans frontières. «600 personnes qui n'avaient plus nulle part pour dormir ont été mises à l'abri par des ONG», a ajouté MSF.

«Personne ne semble avoir été blessé par le feu. D'après ce que nous savons, ce ne sont que des dégâts matériels», a-t-on appris auprès du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies (HCR), selon lequel «une trentaine de tentes ont été détruites».

Le camp abrite actuellement environ 5700 migrants pour une capacité de 650 personnes.

Selon certains médias grecs, l'incendie aurait été allumé en représailles après la bagarre, dans laquelle trois Syriens ont été blessés au couteau.

De source policière, on indique que la rixe a opposé des groupes de Syriens et d'Afghans.

Enfants évacués

Le conseil municipal s'est réuni en urgence, mardi matin, pour réclamer de nouveau au gouvernement grec de désengorger au plus vite l'île de Samos, selon l'agence grecque ANA. Le maire de Samos a fermé les écoles mardi et des renforts de police ont été envoyés d'Athènes.

«La moitié des personnes bloquées dans le camp de Vathy, à Samos, sont des femmes et des enfants, a encore tweeté l'organisation Médecins sans frontières. Ce cauchemar doit cesser! Les enfants et autres personnes vulnérables doivent être évacués des îles grecques pour être hébergés en sécurité.»

Malgré des efforts pour les transférer en Grèce continentale, plus de 32'000 migrants et réfugiés se trouvent dans des camps sur des îles de la mer Égée, près de la Turquie. La plupart de ces camps sont surpeuplés, manquent d'hygiène et sont le théâtre d'explosions de violence.

Pour la première fois depuis 2016, la Grèce est redevenue cette année la principale porte d'entrée en Europe, et les arrivées de demandeurs d'asile continuent quotidiennement. Le gouvernement a annoncé fin septembre vouloir renvoyer 10'000 migrants en Turquie d'ici à la fin de 2020.

En septembre, une femme était morte et plus d'une dizaine de personnes avaient été blessées dans le camp de Moria, sur l'île de Lesbos. Ce camp, le plus surpeuplé des camps grecs de migrants, accueille plus de 13'000 personnes pour moins de 3000 places. Beaucoup dorment dans des tentes à l'extérieur du camp.

Quelque 70'000 demandeurs d'asile se trouvent en Grèce, principalement des Syriens et des Afghans. L'offensive turque actuelle dans le nord de la Syrie laisse craindre une nouvelle vague de départs vers l'Europe.

Dans les îles grecques, l'exaspération va croissant face à cette situation, et les autorités locales appellent le gouvernement à accélérer les transferts.

Lundi, un groupe d'habitants de Lesbos a protesté contre l'arrivée sur l'île d'un groupe de bénévoles de l'organisation humanitaire espagnole de secours aux migrants Proactiva Open Arms. Certains ont jeté des pierres sur le canot des bénévoles, mais personne n'a été blessé et l'organisation a ensuite minimisé l'incident.

(nxp/afp)