Yémen

14 février 2011 23:27; Act: 14.02.2011 23:09 Print

Nouvelle manifestation contre le pouvoir

Des milliers d'étudiants et d'avocats ont manifesté lundi à Sanaa.

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Les protestataires réclamaient la démission du président yéménite Ali Abdallah Saleh, qui tente de court- circuiter le mouvement populaire en hâtant un accord avec l'opposition.

«Après Moubarak, Ali», scandaient les manifestants, comparant le président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, à son homologue égyptien Hosni Moubarak, chassé du pouvoir par la rue vendredi, après 30 ans à la tête de l'Egypte. «Le peuple veut la chute du régime», répétaient-ils, reprenant le principal slogan du soulèvement en Egypte.

La manifestation, comme celles qui se sont tenues au cours des derniers jours, est organisée à l'initiative d'étudiants et de composantes de la société civile. L'opposition parlementaire, qui a décidé de reprendre le dialogue avec le régime du président Saleh, n'y est pas associée.

A Taëz, au sud de la capitale, plusieurs milliers de personnes ont également réclamé un changement de régime, et huit personnes ont été blessées lorsque la police a dispersé cette manifestation, selon des témoins.

A Sanaa, les étudiants, auxquels se sont joints une délégation de l'Ordre des avocats et des activistes, ont tenté de marcher sur la place Tahrir (Libération), où se trouve le siège du gouvernement. En soirée, plusieurs dizaines de protestataires ont défilé, dans le calme à Aden, principale ville du Sud, aux cris: «Dégage Ali !» et «Pas de dialogue avant la chute du régime».

Mais les forces de sécurité ont installé des barbelés pour les empêcher d'accéder à cette place où des partisans du Congrès populaire général (CPG, parti au pouvoir) sont installés depuis la semaine dernière sous des tentes.

Des centaines de partisans du CPG brandissant des portraits du président Saleh ont alors attaqué les protestataires à coups de bâton et de pierres, avant que la police intervienne pour les séparer. Quelques manifestants ont été superficiellement blessés.


Utilisation de pistolets Taser

Le correspondant de la BBC en arabe, Abdallah Ghorab, le visage en sang, a affirmé avoir été battu «par des hommes du parti au pouvoir». Dimanche, une femme avait été blessée à Sanaa lorsque les forces de sécurité avaient dispersé une manifestation organisée par des étudiants.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a demandé lundi aux autorités yéménites de ne pas employer les pistolets à impulsion électrique Taser pour disperser les manifestants.

L'opposition parlementaire yéménite a annoncé dimanche qu'elle acceptait de reprendre le dialogue avec le pouvoir, suspendu fin 2010, après les promesses de réformes annoncées par le chef de l'Etat.

M. Saleh avait annoncé le le 2 février le gel des amendements constitutionnels lui permettant de briguer un nouveau mandat en 2013, et affirmé qu'il ne chercherait pas à ce que son fils lui succède.

(ats)