Arabie saoudite

18 mars 2019 16:10; Act: 18.03.2019 16:37 Print

Le prince héritier est encore dans la tourmente

Le «New York Times» révèle que le prince saoudien avait donné son feu vert pour davantage faire taire les dissidents.

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, soupçonné d'avoir «ordonné» le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.
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Plus d'un an avant l'assassinat du journaliste critique du pouvoir saoudien Jamal Khashoggi, le prince héritier, Mohammed ben Salmane, a approuvé une campagne secrète visant à faire taire des dissidents, selon le «New York Times».

Ces actions comprenaient surveillance, enlèvement, détention et torture de citoyens saoudiens, a rapporté dans cet article publié dimanche le «New York Times», qui cite des responsables américains ayant eu accès à des documents du renseignement.

Selon le «New York Times», ce groupe saoudien d'intervention rapide, comme le qualifiaient des responsables américains, a été impliqué dans au moins une dizaine d'opérations à partir de 2017.

Certaines des missions clandestines ont été menées par des membres du commando ayant tué et démembré le corps du journaliste Jamal Khashoggi en octobre 2018 au consulat saoudien d'Istanbul, laissant penser que ce meurtre faisait partie d'une vaste campagne contre des dissidents, a précisé le «New York Times», citant des responsables et associés de certaines victimes saoudiennes.

«Récentes allégations»

Le meurtre de Jamal Khashoggi, collaborateur du «Washington Post» et critique de Ryad, avait créé une onde de choc dans le monde entier et profondément terni l'image de l'Arabie saoudite.

Aux Etats-Unis, des sénateurs républicains avaient affirmé, après avoir été informés des conclusions de la CIA, n'avoir «aucun doute» sur le fait que «MBS» avait «ordonné» le meurtre.

Mais Ryad dément catégoriquement toute responsabilité de Mohammed ben Salmane, et l'administration Trump a clairement fait savoir que l'alliance «stratégique» avec l'Arabie saoudite était, quoi qu'il en soit, prioritaire.

Parmi ses activités, le groupe d'intervention rapide aurait été impliqué dans la détention et les mauvais traitements de militantes pour les droits des femmes arrêtées l'année dernière, selon le «New York Times».

Un porte-parole de l'ambassade saoudienne à Washington a assuré au quotidien que le procureur général du royaume et la Commission saoudienne des droits humains enquêtaient sur les «récentes allégations».

L'Arabie saoudite a requis la peine de mort contre cinq des onze suspects accusés du meurtre du journaliste.

(nxp/afp)