Centrale de Fukushima

23 mars 2011 06:49; Act: 23.03.2011 09:16 Print

Nouvelles secousses et fumée noire

Deux fortes répliques sismiques ont ébranlé mercredi le nord-est du Japon, alors que de la fumée s'échappait du réacteur 3. Découvrez des images du réacteur 4.

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Deux fortes répliques sismiques ont ébranlé mercredi le nord-est du Japon dévasté le 11 mars par un tremblement de terre de magnitude 9 suivi d'un tsunami, a annoncé l'agence de météorologie. Les deux répliques, qui ont touché la région de la centrale accidentée de Fukushima, ont atteint une magnitude de 6 et de 5,8.

L'agence de météorologie a précisé qu'il n'y avait pas de risque de tsunami après ces deux nouvelles secousses. La centrale de Fukushima n'a pas subi de nouveau dommage, selon la télévision publique NHK.

Le séisme et le tsunami du 11 mars, la pire épreuve traversée par le Japon depuis la deuxième guerre mondiale, ont fait près de 23'000 morts et disparus, dont 9199 décès confirmés, selon un dernier bilan provisoire de la police.

Fumée au-dessus du réacteur 3

Une fumée noire s'échappait mercredi après-midi du bâtiment abritant le réacteur 3 dans la centrale accidentée de Fukushima, imposant l'évacuation du personnel, a annoncé l'opérateur du site, Tokyo Electric Power (Tepco).
«Nous ne savons pas si la fumée vient du bâtiment abritant la turbine ou bien de l'enceinte de confinement du réacteur», a indiqué un porte-parole.

«Les employés ont été évacués de la salle de contrôle du réacteur 3», a-t-il ajouté, sans pouvoir préciser le nombre de personnes qui se trouvaient sur place.

La salle de contrôle du réacteur 3 est la première à avoir été partiellement remise sous tension mardi soir grâce à une alimentation externe qui a remis en marche son éclairage.

La centrale Fukushima 1 (Fukushima Daiichi) compte six réacteurs, dont l'alimentation électrique a été interrompue par le séisme et le tsunami dévastateurs du 11 mars, ce qui a provoqué la mise hors-service des systèmes de refroidissement du combustible.

Le réacteur 3 a été très endommagé par une explosion. Il est chargé en combustible MOX, un mélange d'oxydes d'uranium et de plutonium dont les rejets sont particulièrement nocifs.

Pluie, verglas, pénurie gênent les secours

Les pénuries de carburant, les pluies parfois verglaçantes et les pannes de courant ralentissent les efforts des secours dans le nord du Japon. Et cela, même si des routes endommagées ont pu être rouvertes dans les zones dévastées par le séisme et le tsunami du 11 mars.

La catastrophe naturelle la plus coûteuse de l'histoire de l'humanité - évaluée à 250 milliards de dollars - a fait dans les 21'000 morts et disparus, et 319'000 personnes ont dû être évacuées.

À ce jour, 221'000 foyers sont toujours privés d'électricité et 2,4 millions de personnes n'ont plus accès à l'eau courante.

«La situation s'améliore en termes de logistique et de distribution des vivres et d'autres produits de première nécessité», déclarait mardi Francis Markus, membre de la délégation de la Croix- Rouge et du Croissant-Rouge à Tokyo. «Mais elle n'en demeure pas moins très difficile», ajoute-t-il.

Hélicoptères cloués au sol

Depuis le début de la semaine, la pluie a cloué au sol les hélicoptères qui acheminent des produits de première nécessité et les autorités n'ont pu utiliser que la route pour ces livraisons, selon l'OCHA (Bureau de coordination des Affaires humanitaires des Nations unies). Et les problèmes d'accès à l'eau «demeurent préoccupants» dans 11 préfectures, ajoute-t-il.

Dans les centres d'évacuation mis sur pied dans l'urgence, où s'entassent des centaines de survivants depuis plus d'une semaine, la situation se dégrade dans certaines régions, où l'on note des cas de diarrhée, de stress et d'épuisement.

Takeshi Murakami, un retraité de 67 ans de la ville dévastée de Kesennuma, vit provisoirement dans le gymnase d'une école, en compagnie de 450 autres personnes. La semaine dernière, l'endroit a accueili jusqu'à 800 personnes.

Pénuries de carburant

Rares sont ceux qui ont pu prendre un bain depuis le séisme du 11 mars, dans ce pays où c'est pratiquement un rite quotidien, et beaucoup n'ont pour habits que ceux qu'ils portaient le jour du drame. Près de son sac de couchage, les quelques effets que Murakami a pu sauver sont entassés dans un coin. «La seule chose qu'on puisse faire, c'est tenir le coup», dit-il.

Dans ce centre d'hébergement, le sommeil est fréquemment interrompu par les cris d'un malade d'Alzheimer. Les évacués utilisent des toilettes portatives installées à l'extérieur du gymnase.

Des progrès, lents, ont été réalisés vers un retour à une vie normale. L'autoroute du Tohoku, qui relie Tokyo au nord de l'île de Honshu, a été rouverte aux poids lourds.

À Rikuzentakata, où plus de 80% des 8000 maisons ont été emportées par le tsunami du 11 mars, des logements temporaires sont en construction.

Acheminement bloqué

Environ 5,5 millions de repas, 380'000 couvertures et 90'000 couches pour bébés avaient été distribués à la date de lundi dans les zones ravagées par le raz-de-marée, selon l'OCHA.

Mais dans la préfecture d'Iwate, où près de 46'000 personnes étaient logées dans des centres d'hébergement lundi, la pénurie de carburant empêche l'acheminement de l'aide vers les zones isolées.

«Des produits de première nécessité sont envoyés aux centres d'hébergement mais à cause de la pénurie de carburant, ils ne parviennent pas à certains endroits», a dit un responsable des opérations de secours dans la préfecture d'Iwate.

Chaque jour, en moyenne, 10'000 personnes quittent les centres d'hébergement, selon l'OCHA. Nombre d'entre eux vont s'installer dans les maisons de personnes qui n'ont pas été touchées par la catastrophe et qui ont proposé d'accueillir des rescapés, déclare Francis Markus.

L'eau de Tokyo impropre à la consommation pour les bébés

Les autorités locales ont déconseillé de donner de l'eau du robinet aux bébés ou de l'utiliser pour préparer leurs biberons dans l'immédiat.

Un taux d'iode radioactif dépassant la limite légale admise pour les bébés a été mesuré dans l'eau du robinet de Tokyo, ont annoncé mercredi les autorités de la capitale.

Celle-ci est située à 250 km au sud-ouest de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima.

Une concentration d'iode de 210 becquerels par kilogramme a été relevée sur des échantillons de l'eau courante, alors que la limite fixée par les autorités nippones est de 100 becquerels pour les bébés, a expliqué un responsable du gouvernement métropolitain de Tokyo.

La mégapole de Tokyo compte 35 millions d'habitants.

Les USA interdisent certains produits

Les Etats-Unis ont annoncé mardi qu'ils interdisaient l'importation de certains produits alimentaires provenant du Japon en raison de craintes liées à une contamination radioactive.

L'agence américaine de l'alimentation et des médicaments (FDA), qui régit les importations en matière alimentaire, a indiqué avoir émis une alerte concernant le lait, les produits laitiers, les légumes frais et les fruits provenant de certaines régions du Japon.

Cela signifie qu'aucune denrée de ce type venant des préfectures de Fukushima, Ibaraki, Tochigi et Gunma ne peut entrer aux Etats-Unis avant d'avoir été déclarée saine.

«De plus, la FDA continuera à surveiller toutes les importations du Japon afin de déterminer si elles viennent de la zone touchée» par l'accident nucléaire, indique-t-elle dans un communiqué.

Des taux de radioactivité anormaux ont été signalés samedi sur du lait et des épinards produits à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima, endommagée par le séisme et le tsunami du 11 mars.

(ats/afp)