Colombie

22 janvier 2020 03:34; Act: 22.01.2020 06:41 Print

Nouvelles violences entre manifestants et police

Mardi, les manifestations ont fait 11 blessés lors d'affrontements avec la police, qui a par ailleurs fait une centaine d'arrestations.

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La Haute commissaire de l'ONU pour les droits humains a alerté mercredi sur les homicides et autres abus présumés commis par des militaires et des policiers en Colombie, depuis l'accord de paix de 2016 avec l'ex-guérilla Farc. (Mercredi 26 février 2020) Mardi, les forces de l'ordre étaient encore déployées à la tombée de la nuit dans le centre historique, proche du siège de la présidence. (Mardi 21 janvier 2020) Une manifestation bruyante et colorée contre le président colombien Ivan Duque a eu lieu dimanche à Bogota. (8 décembre 2019) Plusieurs milliers de personnes ont manifesté de nouveau mercredi en Colombie dans le calme, au quatorzième jour de la mobilisation, mais l'affluence était moindre que lors des premières marches. (Jeudi 5 décembre 2019) Le gouvernement colombien s'est dit prêt lundi à dialoguer directement avec les leaders du mouvement qui conteste depuis 12 jours la politique du président Ivan Duque, mais il leur demande d'annuler une manifestation nationale prévue mercredi. (2 décembre 2019) De nouvelles manifestations ont eu lieu dimanche dans plusieurs villes de Colombie, à Bogota notamment, pour exiger du président de droite Ivan Duque une inflexion de sa politique. (1er décembre 2019) Les protestataires colombiens restent mobilisés au 7e jour du mouvement contre le président Ivan Duque. (Mercredi 27 novembre 2019) Après un dialogue infructueux avec le président Duque mardi, un mouvement de grève doit avoir lieu mercredi en Colombie. (26 novembre 2019) Le président conservateur colombien Ivan Duque a convoqué mardi les responsables de la contestation de grande ampleur qui secoue son pays depuis cinq jours. (26 novembre 2019) Après quatre jours de manifestations, Ivan Duque a ouvert «le Dialogue social» avec les maires et les gouverneurs élus fin octobre. (Dimanche 24 novembre 2019) La Colombie, l'un des pays les plus inégalitaires d'Amérique latine, est le dernier en date de la région à connaître une agitation socio-politique, après des crises en Equateur, puis au Chili et en Bolivie. (Dimanche 24 novembre 2019) Confronté à une contestation d'une ampleur inédite en Colombie, le président Ivan Duque a entamé dimanche avec des élus une «grande conversation nationale» pour tenter de calmer ce mouvement. (Dimanche 24 novembre 2019) Le président de droite Ivan Duque a avancé à dimanche l'ouverture d'un dialogue national annoncée initialement pour la semaine prochaine. (Dimanche 24 novembre 2019) Le président Ivan Duque a appelé à une «conversation nationale» vendredi soir, faisant un premier pas vers le dialogue. (Samedi 23 novembre 2019) Le maire de Bogota a décrété un couvre-feu dans la capitale colombienne suite à des troubles et des pillages. (Vendredi 22 novembre 2019) L'impopularité du président colombien, en hausse depuis février, a atteint 69%. Enfin, les manifestations de jeudi ont été les plus massives de ces dernières années. (Vendredi 22 novembre 2019) Au total, les affrontements ont fait trois morts et plus de 270 blessés. (Vendredi 22 novembre 2019) Des centaines de milliers de personnes sont descendues jeudi dans la rue pour protester contre les politiques économiques, sociales et sécuritaires du président Ivan Duque. (Vendredi 22 novembre 2019) Le président et ses partisans ont attribué le mouvement à une campagne basée sur des «mensonges» visant à susciter des violences. (Vendredi 22 novembre 2019) La mobilisation en Colombie se caractérise par le fait qu'elle transmet de multiples revendications des syndicats, initiateurs des manifestations et de la grève nationale de jeudi, mais aussi des indigènes, des paysans et des étudiants. (Vendredi 22 novembre 2019) Ivan Duque est arrivé au pouvoir il y a un peu plus de 15 mois et n'a cessé de répéter comme un mantra que son gouvernement est à l'écoute des Colombiens. (Vendredi 22 novembre 2019)

Une faute?

La mobilisation contre le gouvernement du président Ivan Duque a repris mardi en Colombie avec des marches et des blocages routiers dans plusieurs villes, où des affrontements avec la police se sont soldés par au moins 11 blessés et près d'une centaine d'arrestations.

A Bogota, la police antiémeute a fait usage de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de canons à eau contre des personnes cagoulées qui lançaient des pierres et ont causé des dégâts, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Ce mouvement, assorti d'un «cacerolazo» ou concert de casseroles en fin de journée comme lors des manifestations de novembre et décembre, a affecté la circulation automobile dans plusieurs secteurs de la capitale. Les forces de l'ordre étaient encore déployées à la tombée de la nuit dans le centre historique, proche du siège de la présidence.

La maire de Bogota, Claudia Lopez, qui a pris ses fonctions le 1er janvier, a déclaré lors d'une conférence de presse que la journée avait été majoritairement pacifique, bien qu'entachée dans certains quartiers par des troubles générés par «une minorité de manifestants».

Au total, 165 marches, rassemblements et blocages routiers ont été répertoriés dans tout le pays et 94 personnes arrêtées, la majorité dans la capitale, a précisé à la presse le directeur général de la police, Oscar Atehortua. Dix des onze blessés sont des policiers, a-t-il ajouté. Un précédent bilan officiel avait fait état de dix blessés, dont cinq civils, dans la capitale où plusieurs installations du transport urbain ont été endommagées.

«Pour vous et les enfants de vos enfants»

Dans le centre de Bogota, une femme de 60 ans, Flor Calderon, s'est interposée entre les manifestants et les policiers de l'Escadron mobile antiémeute (Esmad) qui bloquaient le cortège.

«Ceci est une lutte pour vous et les enfants de vos enfants parce que le pays va très mal», a-t-elle lancé aux forces de l'ordre, en brandissant un drapeau blanc et en leur demandant de laisser passer la manifestation.

Elle a expliqué à l'AFP être à nouveau descendue dans la rue pour protester contre le «massacre» des leaders communautaires. En outre, «l'éducation est très mauvaise, la santé est très mauvaise, donc c'est pour ça que j'accompagne ces jeunes», a-t-elle ajouté.

Des affrontements avec les forces de l'ordre ont également émaillé des manifestations dans les villes de Medellin et Cali, deuxième et troisième de Colombie.

La maire de centre-gauche de Bogota avait précédemment établi un protocole contre la violence pendant les manifestations, prévoyant une instance de dialogue avant le recours à la force publique.

La mobilisation a repris à l'issue des vacances, après une fin d'année marquée par de multiples manifestations exigeant un changement de cap du gouvernement de droite, au pouvoir depuis août 2018.

Spirale de violence

Outre la mise en cause de la politique économique du président Ivan Duque, le mouvement, lancé le 21 novembre, dénonce la spirale de violence visant leaders communautaires et défenseurs des droits humains depuis l'accord de paix de 2016 avec l'ex-guérilla marxiste des Farc, transformée en parti politique.

Selon l'ONU, au moins 107 de ces militants ont été tués en 2019, la majorité dans des régions où opèrent des groupes armés impliqués dans le trafic de drogues. Les Nations unies ont en outre alerté sur les assassinats de 173 ex-guérilleros qui ont déposé les armes.

«Personne ne peut payer de sa vie le fait de défendre une opinion politique ou une cause sociale, et c'est pour ça que nous considérons cela comme très important parmi nos revendications», a déclaré à la presse une dirigeante universitaire, Jennifer Pedraza.

Le président Duque a lancé une «conversation nationale» avec différents secteurs sociaux pour tenter d'enrayer le mouvement, qui dénonce aussi les inégalités sociales, le chômage des jeunes et le manque de ressources de l'enseignement public. Mais ses leaders exigent une négociation directe.

Rejetant la «violence» contre les forces de l'ordre, ce chef de l'Etat de droite, qui pâtit de 70% d'opinions défavorables dans les sondages, a estimé que «ces agressions obligent à des arrestations et des sanctions exemplaires».

(nxp/afp)