Retrait américain

14 décembre 2011 20:15; Act: 14.12.2011 20:29 Print

Obama salue la «réussite» en Irak

Barack Obama a salué mercredi le retour de soldats américains d'Irak, marquant symboliquement la fin de neuf ans de guerre.

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«Bienvenue au pays», a déclaré Obama sous les vivats de milliers de soldats. (Photo: Reuters)

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Le président américain a parlé d'une «réussite extraordinaire», tout en appelant à tirant les leçons d'un conflit qui a infligé un tort durable à l'image des Etats-Unis et mis leur armée à rude épreuve.

S'exprimant sur la base de Fort Bragg (Caroline du Nord), le président américain a marqué «un moment historique de la vie de notre pays et de notre armée». «Et tant que commandant en chef, je suis fier, au nom de la nation reconnaissante, de vous dire enfin ces mots: bienvenue au pays, bienvenue au pays, bienvenue au pays», a-t-il dit sous les vivats de milliers de soldats.

«Nous laissons derrière nous un Etat souverain, stable, autosuffisant, avec un gouvernement représentatif qui a été élu par son peuple. Nous bâtissons un nouveau partenariat entre nos pays. Et nous terminons une guerre non avec une bataille finale, mais avec une dernière marche du retour», a lancé le président.

«Prix élevé»

«C'est une réussite extraordinaire, qui a pris neuf ans», a-t-il dit, en reconnaissant «le dur travail et le sacrifice» qui ont été nécessaires. «Ces mots décrivent à peine le prix de cette guerre, et le courage des hommes et des femmes qui l'ont menée», a-t-il souligné, tout en rappelant le «prix élevé» de la guerre, qui a coûté la vie à quelque 4500 Américains et au moins 60'000 Irakiens.

«Plus de 1,5 million d'Américains ont servi en Irak. Plus de 30'000 Américains ont été blessés, et ce sont seulement les blessés dont les blessures sont visibles», a-t-il ajouté, en allusion aux séquelles psychologiques dont souffrent les anciens combattants.

Aujourd'hui, environ 5500 soldats américains se trouvent encore en Irak, un chiffre à comparer avec les 170'000 présents au plus fort du conflit. Barack Obama aurait sans doute préféré conserver quelques milliers d'instructeurs sur le terrain afin d'entraîner les forces de sécurité irakiennes, mais les divisions au sein même du gouvernement de Bagdad ont empêché tout accord sur ce sujet.

Mille milliards de dollars

Mettre fin au conflit irakien, avec le retour des dernières troupes américaines prévu ce mois-ci, était une promesse du candidat Obama, qui l'a aidé à l'emporter en 2008. Le dirigeant démocrate avait en effet durement critiqué l'administration du républicain George W. Bush pour avoir lancé cette guerre, selon lui à mauvais escient.

Mais il a dû gérer les conséquences de ce conflit en politique étrangère tant que sur le plan intérieur. La guerre - qui a coûté tout compris plus de mille milliards de dollars - a en effet contribué à creuser le déficit budgétaire dans lequel son administration se débat.

L'achèvement de ce retrait permet désormais à la Maison blanche de concentrer davantage son action sur l'Afghanistan et surtour sur les problèmes économiques du pays. Barack Obama espère en outre que tenue, cette promesse serve ses ambitions pour le scrutin de 2012.

Critiques

Mais les adversaires républicains du président dénoncent un retrait obéissant selon eux à une stratégie électorale. Mitt Romney, l'un des favoris dans la course à l'investiture républicaine pour 2012, a déclaré dans une lettre ouverte à M. Obama que «les formules de bienvenue destinées à nos soldats de retour ne suffisent pas».

Il est à ses yeux «honteux» que les anciens combattants d'Irak se retrouvent davantage exposés au chômage que la moyenne de la population active américaine.

En Irak même, 3000 personnes ont brûlé des drapeaux américains, brandi des banderoles et défilé dans les rues de Falloujah pour fêter à leur façon le retrait des troupes américaines de leur ville, ancien bastion de l'insurrection sunnite et théâtre de certains des plus durs combats du conflit irakien.

(ats)