Corée du Nord

28 décembre 2011 06:50; Act: 28.12.2011 15:27 Print

Obsèques grandioses pour Kim Jong-il

Une foule de centaines de milliers de civils et militaires a rendu hommage et pleuré son leader, Kim Jong-il, décédé le 17 décembre. La cérémonie a duré au total 3 heures.

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Kim Jong-un (au centre) proclamé leader suprême de la Corée du Nord. Cette annonce a eu lieu lors d'un immense rassemblement militaire organisé à Pyongyang. Le convoi mortuaire a parcouru les rues enneigées de Pyongyang. Comme à l'annonce du décès du dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, le 17 décembre, la cérémonie des funérailles, mercredi, a également donné lieu à des scènes de pleurs au sein de la population. A la droite de la voiture emmenant le cercueil marchait Kim Jong-un, le fils et successeur de Kim Jong-il à la tête du pays. Les Coréens ont pu suivre la cérémonie en direct à la TV. La télévision d'Etat nord-coréenne a diffusé des images montrant des dizaines de milliers de personnes pleurant le long du cortège qui emmenait la dépouille de Kim Jong-il à travers la capitale. 23.12 Le journal du Parti communiste nord-coréen a appelé Kim Jong-un «commandant suprême» de l'armée, indiquant un renforcement du pouvoir du successeur de Kim Jong-il, décédé. 22.12 Kim Jong-un, héritier désigné de feu Kim Jong-il, a visité secrètement le Japon dans son enfance en se rendant notamment à Disneyland. «Ils n'essaient même pas de sécher leurs larmes, ils se tordent de douleur et de désespoir tant la perte est lourde», relatait l'Agence centrale de presse coréenne (KCNA), évoquant «la tristesse indescriptible» des foules à travers le pays. Le dictateur est né le 16 février 1942 sur le Paektusan, dans la partie de l'ancien empire japonais qui est devenu par la suite la Corée du Nord. De septembre 1950 à août 1960, Kim Jong-il a fait son école obligatoire. Il a étudié à l'Université Kim-Il-sung de septembre 1960 à mars 1964. En 1974, il devient membre du Parti des travailleurs de Corée du Nord. Il succède à son père Kim Il-sung (à gauche) en 1994... ... et devient officiellement le dirigeant de la Corée du Nord trois ans plus tard... ... mais il surveillait aussi la production de fromage... ...ainsi que la production de chips... ...il avait un penchant pour le vin et les femmes... ...il surveillait même certains mariages... Malgré la pauvreté dans son pays, Kim Jong-il menait un style de vie haut en couleur. Il possédait une douzaine de résidences privées. Selon certaines rumeurs, Kim Jong-il avait des problèmes de coeur et avait du diabète. Kim Jong-il s'est marié quatre fois et a eu quatre enfants. Kim Jong-un, fils du dirigeant nord-coréen, a été désigné pour prendre sa succession.

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La télévision d'Etat nord-coréenne a diffusé une retransmission exceptionnelle des obsèques en montrant les images de la cérémonie dans le décor enneigé de Pyongyang plongé dans un grand froid.

En tête du cortège roulait une limousine noire arborant un portrait géant de l'ancien homme fort du régime, Kim Jong-il, souriant. Derrière suivaient une longue voiture surmontée d'un bouquet de fleurs blanches, puis une autre limousine transportant un cercueil noir recouvert d'un drapeau rouge.

A la droite du véhicule funéraire marchait Kim Jong-un, le fils et successeur de Kim Jong-il à la tête de la Corée du Nord, revêtu d'un costume sombre.

Parmi les autres responsables en tenue civile avançant près du jeune héritier figuraient Jang Song-thaek, l'oncle par alliance de Kim Jong-un et «régent» pressenti du pays, et d'autres hauts responsables du Parti des travailleurs de Corée, le parti unique.

Le corbillard était escorté sur sa gauche par plusieurs dignitaires de l'armée en uniforme, dont le chef d'état-major, Ri Yong-ho, et le ministre des Forces armées, Kim Yong-chun.

Peuple éploré

Sur la place du mausolée Kumsusan, d'où le corps de Kim Jong-il a été emmené, des dizaines de milliers de soldats ont salué leur ancien chef, tête nue et courbée en signe de respect, sur fond de musique funèbre.

Après une rapide revue de la garde d'honneur par un officier sabre au clair, un orchestre a joué l'hymne national, puis le cortège suivi de voitures civiles et militaires a emprunté une grande artère.

«C'est la plus grande perte pour notre parti et la nation», a commenté un présentateur de télévision nord-coréen, la voix étouffée par le chagrin.

Le long du trajet, sous la neige, des civils et militaires pleuraient bruyamment, serrant les poings en signe d'affliction, tombant même à genoux.

Ambassadeur chinois évoqué

Aucune délégation étrangère n'avait été invitée. L'ambassadeur de Chine en Corée du Nord, Liu Hongcai, devait quant à lui toutefois représenter Pékin aux funérailles «et à l'hommage national», a annoncé mercredi un porte-parole de la diplomatie chinoise, Hong Lei.

M. Hong a fait cette déclaration après le début de la cérémonie à Pyongyang et il n'a pas été possible d'établir avec certitude la présence de l'ambassadeur de Chine aux cérémonies mercredi plutôt que jeudi, les obsèques étant organisées sur deux jours.

Quelques hommages ont eu lieu en dehors du pays, notamment à Dandong, agglomération chinoise frontalière et principal point de passage pour le commerce sino-nord-coréen. Des centaines de personnes, le visage grave, se sont pressées au consulat nord-coréen pour y déposer des fleurs.

La cérémonie à Pyongyang a duré environ trois heures et le cortège est revenu vers le mausolée.

Jeudi, la Corée du Nord prévoit de mobiliser 100 000 personnes au coeur de la capitale, afin de prêter serment à Kim Jong-un, fils et successeur de Kim Jong-il.

Loyauté envers le régime

Les experts voyaient dans ce protocole une manifestation de loyauté bien orchestrée envers le pouvoir en place, inspirée des obsèques, en 1994, du père du défunt, le fondateur de la Corée du Nord communiste Kim Il-sung.

Agé de moins de 30 ans, Kim Jong-un a été appelé mercredi «leader suprême du parti, de l'Etat et de l'armée» par l'agence de presse officielle, bien qu'il n'occupe pas ces postes officiellement pour l'instant.

Mercredi, des opposants nord-coréens ont pour leur part envoyé des tracts appelant à l'insurrection contre la dynastie des Kim depuis la Corée du Sud vers le Nord.

Kim Jong-un hérite d'un pays à l'économie délabrée, incapable de nourrir correctement sa population et cruellement dépendante de l'aide extérieure.

Conduit sous le règne de Kim Jong-il selon la doctrine du «songun» («l'armée d'abord»), la Corée du Nord dispose néanmoins de forces totalisant 1,2 million de soldats, de nombreux avions, missiles, canons et navires de guerre, et possède aussi la bombe atomique.

Mystère autour de Kim Jong-un

Kim Jong-il menait la Corée du Nord d'une poigne de fer depuis 1994, date du décès de son père, Kim Il-sung, inaugurant une dynastie communiste dont Kim Jong-un a pris le relais.

La personnalité et les intentions de l'inexpérimenté Kim Jong-un restent assez mystérieuses, mais des analystes s'attendent à une sorte de régence où Jang Song-thaek pourrait jouer un rôle prééminent.


Les images diffusées sur Al-Jazeera

(ats)