Consommation

08 juillet 2018 11:28; Act: 08.07.2018 11:56 Print

On continue d'étouffer sous le plastique

Entre emballages consommés en abondance et plastiques plus sophistiqués, cette industrie est installée dans une croissance régulière, malgré contestations et durcissement des lois.

storybild

Si l'on ne prend en compte que les plastiques les plus courants (PET, PVC, etc.), la demande mondiale a crû au rythme confortable de 4,7% par an sur la période 1990-2017. (Photo: AFP/Fred Tanneau)

Sur ce sujet
Une faute?

En dix ans, la production mondiale de plastiques est passée de 245 millions de tonnes à 348 millions de tonnes en 2017, selon les chiffres de la fédération européenne PlasticsEurope. La croissance a été de 3,9% en 2017, plus ou moins son rythme de croisière (4% en 2016, 3,5% en 2015).

Si l'on ne prend en compte que les plastiques les plus courants, les «thermoplastiques» (polytéréphtalate d'éthylène ou PET, polypropylène, polyéthylène ou PVC), la demande mondiale a crû au rythme confortable de 4,7% par an sur la période 1990-2017.

«Est-ce que ça va se poursuivre dans les années à venir? On peut supposer que oui», estime Hervé Millet, directeur des affaires techniques et réglementaires de PlasticsEurope. «Les raisons qui expliquent la croissance des plastiques dans le monde, a priori ne vont pas d'un seul coup disparaître».

Premier pays producteur de plastiques, la Chine pèse aujourd'hui plus de 29% de la production mondiale, contre seulement 15% dix ans auparavant.

La consommation de plastiques est «liée au développement économique des pays», que ce soit en matière d'infrastructures et de construction, de transports, ou d'applications dans les secteurs électrique et électronique, explique M. Millet.

A cela s'ajoute le premier débouché qui est le domaine de l'emballage, en forte demande dans les pays en développement et représentant aussi près de 40% de la consommation de plastiques en Europe.

Polymères techniques

«Il y a un moteur fort dans les pays en développement qui est lié à la consommation» avec une demande de polymères de base pour l'emballage et le conditionnement, observe aussi Pierre Gadrat, directeur chimie et matériaux au cabinet Alcimed. «A l'autre bout de la chaîne, il y a le développement de polymères techniques. C'est toujours aussi dynamique, voire plus qu'avant», ajoute-t-il.

La production de nouveaux polymères répond à des applications dans le secteur automobile et le médical. Certaines résines sont utilisées pour l'automobile et l'aéronautique, mais aussi pour des produits de consommation de niche comme des chaussures de sport.

Mais parallèlement, la contestation des plastiques se développe, essentiellement pour des raisons de pollution, et les réglementations se durcissent.

En France, la vaisselle jetable en plastique devrait disparaître en 2020, si elle n'est pas biodégradable. Les sacs plastiques fins non compostables y sont déjà interdits depuis 2017. La ville américaine de Seattle vient d'interdire les couverts et pailles en plastique dans ses restaurants et cafés.

Fin mai, la Commission européenne a proposé d'interdire les coton-tiges, couverts, assiettes, pailles, mélangeurs à cocktails et tiges de ballons en plastique. Et des mesures similaires se multiplient dans le monde, sur fond d'images d'océans étouffant sous le plastique.

Le recyclage

«Aujourd'hui, ça ne pèse pas de façon massive», remarque Emmanuel Guichard, délégué général de la fédération française de l'emballage plastique (Elipso). Mais «à un moment, on ne peut pas imaginer qu'il n'y ait pas un impact» de ces mesures.

«C'est le plastique qui est stigmatisé dans son ensemble», s'alarme Hervé Millet de PlasticsEurope.

Pour des raisons d'image, mais aussi d'intérêt économique bien compris, le secteur commence donc à se pencher très sérieusement sur la question du recyclage. «Le déchet plastique devient potentiellement, par la pression réglementaire (...) de moins en moins un déchet, mais une matière première valorisable», remarque Pierre Gadrat, qui voit dans le recyclage, encore faible, un «des enjeux clés pour demain».

Pour d'autres matériaux d'usage courant, comme les métaux, le verre, le carton, les déchets sont pleinement intégrés aux filières de production.

Pour le directeur scientifique de l'organisme de collecte Citeo, Carlos de Los Llanos, «c'est ce qui attend le plastique: la situation d'une industrie qui gère simultanément sa ressource vierge et sa ressource recyclée». Mais «ça s'apprend. Cela demandera encore sans doute quelques années».

(afp)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Bobokillet le 08.07.2018 12:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bon sens

    On le sait....à nous dexiger moins demballages, de boycotter les choses suremballées et surtout de commencer à consommer moins et surtout moins de matériel jetable. Il n y a pas besoin d être vertbiointégriste pour s en rendre compte...et ce ne sont pas les taxes qui vont arranger les choses sauf baisser encore notre pouvoir dachat.

  • Samuel Beckett le 08.07.2018 12:18 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    le verre est mieux que le plastique

    revenons à une époque où le verre en bouteille n'étant pas une pollution.

  • cp le 08.07.2018 12:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    marre de voir les grandes firmes ne pas agir

    Il faudrait apprendre à le recycler et surtout interdire aux marques de mettre pleins d'emballages plastique inutiles.

Les derniers commentaires

  • Eva richer le 09.07.2018 20:10 Report dénoncer ce commentaire

    Lâches de ballons

    pourquoi encore envoyer des lâchés de ballons dans le ciel ils se déposent bien quelque part une fois dégonflés !!!!

  • plastic le 09.07.2018 16:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    plastoc bertrand

    seul "le plastic Bertrand" ne polluera pas trop une fois sa vie terminée ...

  • Cynique le 09.07.2018 15:18 Report dénoncer ce commentaire

    Et pas seulement sous le plastique...

    On étouffe aussi sous la surpopulation mondiale.

    • Madame Bamboche le 09.07.2018 19:27 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Cynique

      L'avortement est la solution aux problèmes de surpopulation.

    • pragmatique le 09.07.2018 20:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Cynique

      La surpopulation mondiale est a la base de tous les problèmes actuels qui étaient inexistants quand on était 3 milliards en 1930

    • Esculape le 09.07.2018 20:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Madame Bamboche

      Stérilisation des cafards

  • Pragmatique le 09.07.2018 15:16 Report dénoncer ce commentaire

    Commencez par de petites choses....

    ...comme cessez d'acheter de l'eau en bouteille plastique. Ridicule et manne à "pognon" pour les industriels.

  • easy le 09.07.2018 10:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    mesure immediate

    Deja si on peut supprimer l inutile (sac plastique, paille et services de table en plastique) ce serait une bonne chose faut le faire sur le plan planetaire alors. Apres pour le reste on arrivera je suis sur a reduire au fur et a mesure mais faut que tous les pays s y mettent. Et aussi mettre des centres de tri partout. En voyageant je vois plein de pays se disant industrialise mais qui sont de vrai porc qui jettent tout par terre et pas besoin d aller tres loin.

    • terrific le 09.07.2018 21:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @easy

      Coop une dame faisait des achats, entre emballages, yoghourts ,pot de lait fromages jai compté 40 plastiques

    • yaka le 09.07.2018 21:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @easy

      Allez leur dire et faire de «  clean the planet march » si ça marche ..