France

14 septembre 2018 20:35; Act: 16.09.2018 18:04 Print

Onze ans de prison pour la mort de Clément Méric

Deux des trois skinheads jugés pour la mort du militant antifasciste en 2013 ont été condamnés vendredi à Paris. Le troisième a été acquitté.

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Les trois accusés lors de leur procès à la cour d'Assises de Paris. (Photo: AFP)

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La cour d'Assises de Paris a condamné vendredi l'ancien skinhead Esteban M. à onze années de prison pour la mort de Clément Méric. Ce jeune militant antifasciste avait été tué en juin 2013 dans une rixe à Paris.

L'un des co-accusés, Samuel D., boulanger de 25 ans, a écopé pour sa part d'une peine de sept années de détention. Le troisième prévenu, Alexandre E., également présent lors des faits, a été acquitté. L'avocat général avait requis 12 ans de prison pour Esteban M., sept ans pour Samuel D. et quatre ans avec sursis pour Alexandre E.

Dans leurs plaidoiries, les avocats des prévenus avaient jugé disproportionnées les peines demandées par le ministère public. Ils avaient demandé une sanction «juste» pour ce qui reste à leurs yeux une bagarre qui a mal tourné.

Bagarre de rue

Le 5 juin 2013, la rencontre fortuite d'un petit groupe de militants antifascistes et de «skinheads» proches du mouvement d'extrême droite «Troisième voie» lors d'une vente privée de vêtements dans le quartier des grands magasins, à Paris, avait tourné à la bagarre de rue après des provocations verbales.

Frappé à plusieurs reprises au visage, Clément Méric, un étudiant en sciences politiques de 18 ans originaire de Brest, s'était effondré. Ce jeune homme frêle soigné pour une leucémie était décédé le lendemain des suites d'une hémorragie cérébrale.

Sa mort avait suscité une vive émotion et des manifestations dénonçant la violence de l'extrême droite. Le gouvernement socialiste de l'époque avait dissous «Troisième voie» et deux autres organisations de l'ultra-droite, «L'Oeuvre française» et les «Jeunesses nationalistes révolutionnaires».

Esteban M., 25 ans, aujourd'hui agent de sécurité, a reconnu avoir porté deux des coups potentiellement mortels. Des témoignages ont aussi mis en cause Samuel D., ce qui a conduit l'accusation à en faire le coauteur des coups mortels, bien qu'il maintienne ne pas avoir frappé Clément Méric.

(nxp/ats)