Russie

02 mars 2015 09:03; Act: 02.03.2015 09:19 Print

Opposant russe assassiné: la presse sous le choc

Au lendemain de la marche en hommage à Boris Nemtsov, la presse russe se faisait l'écho lundi du choc causé par le meurtre de l'opposant et ancien vice-Premier ministre, assassiné vendredi près du Kremlin.

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12.05 Les proches de l'opposant russe, assassiné en février en plein centre de Moscou, ont rassemblé dans un rapport des «preuves exhaustives» de la présence de forces militaires russes en Ukraine. Une version que le Kremlin dément vigoureusement depuis des mois. 07.04 Plusieurs centaines de partisans de l'opposant russe Boris Nemtsov se sont recueillis mardi matin au pied du Kremlin, sur le pont où il a été assassiné il y a tout juste quarante jours. 31.03 Le Tribunal municipal de Moscou a inculpé de «meurtre commandité» les cinq suspects arrêtés après l'assassinat en février de l'opposant russe Boris Nemtsov. 11.03 Le principal suspect du meurtre de l'opposant russe Boris Nemtsov, Zaour Dadaïev (photo), a avoué, a déclaré mercredi un membre du Conseil consultatif pour les droits de l'Homme auprès du Kremlin après l'avoir vu en prison. Mais il a manifestement été torturé. 09.03 La piste islamiste privilégiée par la police russe dans l'enquête sur le meurtre de l'opposant Boris Nemtsov est «absurde» et «répond à un ordre du Kremlin», a affirmé lundi à l'AFP son ami Ilia Iachine. 08.03 Zaour Dadaïev, qui était le chef adjoint d'un bataillon de police tchétchène selon les agences de presse russes, a été arrêté samedi en Ingouchie, république voisine de la Tchétchénie, dans l'instable Caucase russe. Il a reconnu avoir participé au meurtre de Boris Nemtsov. 06.03 Ganna Douritska, la compagne ukrainienne de Boris Nemtsov qui avait été témoin du meurtre à Moscou de cet opposant russe, a annoncé subir des menaces depuis son retour en Ukraine, a annoncé vendredi le Parquet général ukrainien, ajoutant avoir donné l'ordre de prendre des mesures pour «assurer sa sécurité». 04.03.2015 Plusieurs suspects ont été identifiés dans l'enquête sur l'assassinat de l'opposant Boris Nemtsov, a annoncé mercredi le directeur du FSB, les services de sécurité russes. 03.03 La dépouille mortelle de Boris Nemtsov doit être exposée de 10h à 14h pour un dernier hommage au Centre Sakharov, musée consacré aux droits de l'homme et à l'académicien dissident soviétique Andreï Sakharov. 02.03 Ganna Douritska, la compagne ukrainienne de Boris Nemtsov, qui avait été témoin du meurtre de cet opposant russe et s'était plainte d'être «retenue» en Russie, a pu quitter le pays lundi soir pour se rendre à Kiev. 02.03 L'opposant russe assassiné avait accumulé des «preuves» de la présence de soldats russes en Ukraine qu'il était sur le point de publier, a affirmé lundi son ami Ilia Iachine. 02.03 La compagne ukrainienne de l'opposant russe Boris Nemtsov, tué par balles à Moscou, s'est plainte lundi d'être retenue en Russie, sa mère ayant de son côté appelé à l'aide les autorités de Kiev craignant pour la sécurité de sa fille. 02.03 Les enquêteurs russes ne semblaient pas avoir beaucoup avancé lundi pour retrouver les auteurs du meurtre de l'opposant Boris Nemtsov, trois jours après les faits. Et cela malgré l'engagement du président Vladimir Poutine à «tout faire» pour châtier les tueurs. 02.03 Au lendemain de la marche en hommage à Boris Nemtsov, qui a réuni des dizaines de milliers de Moscovites, la presse russe se faisait l'écho lundi du choc causé par le meurtre de l'opposant et ancien vice-Premier ministre russe, assassiné vendredi près du Kremlin. 01.03 Plusieurs milliers de Russes se sont rassemblés dimanche en début d'après-midi dans le centre de Moscou pour participer à une marche dans Moscou en hommage à Boris Nemtsov, l'opposant et ancien vice-Premier ministre russe assassiné près du Kremlin. 28.02 Deux semaines avant son assassinat, Boris Nemtsov avouait craindre pour sa vie dans un entretien et le journaliste qui l'interrogeait lui avait souhaité bonne chance. L'opposant russe russe Boris Nemtsov a été tué par balle en plein centre de Moscou dans la nuit de vendredi à samedi. Il avait 55 ans. Abattu par balle à 55 ans juste à côté du Kremlin, Boris Nemtsov avait notamment été l'un des chefs de file de la vague de contestation sans précédent qui avait marqué en 2011-2012 la campagne électorale de Vladimir Poutine, alors candidat pour un troisième mandat de président. Boris Nemtsov se promenait avec une jeune femme sur le Grand Pont de pierre, juste à côté du Kremlin, lorsqu'il a été abattu de quatre balles. Boris Nemtsov avait pris position dans la crise en Ukraine, critiquant notamment la politique menée par Vladimir Poutine dans le conflit, comme ici, lors d'un rassemblement, à Moscou. Il avait été vice-Premier ministre du président Boris Eltsine dans les années 1990. Dès l'annonce du drame, des centaines de Moscovites sont venus se recueillir et déposer des bouquets de fleurs.

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«Les réactions à l'assassinat de Boris Nemtsov ont été extraordinaires, à la mesure cet homme», salue lundi le quotidien «Kommersant», qui voit en la mort de l'opposant la «mort de la politique».

Plusieurs dizaines de milliers de personnes, 70'000 selon un organisateur, ont participé dimanche à Moscou à une marche en hommage à Boris Nemtsov, un nombre qui rappelle par son ampleur les grandes manifestations organisées en 2011 et 2012 contre le président Vladimir Poutine.

Son meurtre «constitue une barrière psychologique que vient de passer la Russie, et elle ne sera plus jamais la même», prévient le quotidien financier «Vedomosti». «Beaucoup de gens ont dit après l'assassinat Nous nous sommes réveillés dans un autre pays . Oui, et certains se sont réveillés tout court», souligne le journal, qui a renommé «Marche contre la peur» le rassemblement en hommage à Boris Nemtsov.

Alors que les autorités ont déclaré étudier toutes les pistes pour retrouver les meurtriers, certains médias mettaient au banc des accusés le «climat de peur» instauré par le Kremlin.

«Cela fait longtemps - au moins un an - que nous vivons dans un pays où la dissidence est assimilée à la trahison, pour laquelle on peut être tué», lance «Vedomosti», qui rappelait que «la guerre, tout comme les tueurs à gage, sont faciles à lancer, mais bien plus difficile à arrêter».

Menaces de mort

Le journal d'opposition «Novaïa Gazeta», qui publiait un entretien réalisé avec Boris Nemtsov en avril, a rappelé que l'opposant recevait régulièrement des menaces de mort, sans pour autant y croire. «Eh bien oui, ils le peuvent: me tuer je ne sais pas, mais m'envoyer en prison certainement», déclarait l'opposant qui se disait «immunisé».

Pour le journal, «au lieu d'avoir un Maïdan», mouvement populaire qui a mené il y a un an à Kiev à la destitution du président ukrainien, «Moscou a obtenu le Donbass», région de l'est de l'Ukraine déchirée par les combats entre les séparatistes prorusses et l'armée ukrainienne.

Seul le quotidien populaire «Komsomolskaïa Pravda» dit ne pas croire à un crime motivé politiquement. «Qui de nous tue ici pour des raisons purement politiques? Voyons, nous ne sommes pas en Ukraine (...) Pour l'argent, on tue. Pour de la politique, non», assure le journal.

Mais selon «Novaïa Gazeta», peu importe, le résultat est le même: «L'assassinat de Nemtsov c'est un point de non-retour, une déstabilisation radicale de la situation politique en Russie dont les conséquences ne sont pas encore imaginables», s'inquiète le journal.

Les répercussions de son meurtre pourraient toucher jusqu'à la politique étrangère de la Russie et «devenir un solide argument en faveur des partisans d'une politique dure à l'égard de Moscou», s'alarme «Kommersant».

(afp)