Nicaragua

14 juillet 2018 00:19; Act: 15.07.2018 07:11 Print

Ortega répond avec force à la grève générale

En réponse à la grève générale, Daniel Ortega a mobilisé ses fidèles pour une démonstration de force. Il y a eu 2 morts.

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La Suisse demande au Nicaragua d'arrêter d'intimider et d'attaquer les défenseurs des droits humains, après l'assassinat récent de trois ex-manifestants. (Mardi 10 septembre 2019) Après un premier groupe lundi d'une cinquantaine de prisonniers amnistiés, 56 opposants ont été remis mardi au CICR. (11 juin 2019) La police a dispersé une manifestation de l'opposition vendredi à Managua. (Samedi 20 avril 2019) Manifestation de l'opposition à Managua. (Jeudi 18 avril 2019) Le régime de Daniel Ortega a libéré 636 prisonniers dont 13 opposants politiques qui seront assignés à résidence. (Mardi 16 avril 2019) Dans la capitale Managua, des incidents violents ont éclaté entre la police et quelques centaines de manifestants. (Dimanche 31 mars 2019) Micro en main, Juan Sebastian Chamorro, responsable de l'opposition, a annoncé les concessions décidées par le gouvernement. (Samedi 30 mars 2019) Un bloc de l'opposition a appelé vendredi ses sympathisants à «continuer à se mobiliser» pour réclamer au gouvernement la remise en liberté de centaines de détenus, considérés comme des prisonniers politiques. (22 mars 2019) Opposition et gouvernement ont retrouvé jeudi la table des négociations après la promesse de libération de tous les opposants. (21 mars 2019) Afin de relancer le dialogue rompu, le gouvernement Ortega a annoncé la libération prochaine de tous les opposants au Nicaragua. (20 mars 2019) L'opposition nicaraguayenne a suspendu lundi sa participation aux pourparlers avec le gouvernement pour protester contre «la violence et la répression» visant samedi des manifestants. (18 mars 2019) Samedi à Managua, la police anti-émeute nicaraguayenne s'en est violemment pris aux manifestants et à plusieurs journalistes. (Samedi 16 mars 2019) Cinquante opposants à Ortega ont été libérés vendredi alors que des négociations avec le gouvernement sont en cours. (15 mars 2019) Les représentants de l'Eglise refusent de rejoindre la table de négociation en tant que «témoins accompagnateurs». (Samedi 9 mars 2019) Le gouvernement de Daniel Ortega et l'opposition ont annoncé s'être mis d'accord sur une «feuille de route» pour des négociations destinées à sortir de la grave crise politique. (Mercredi 6 mars 2019) Les délégations du gouvernement de Daniel Ortega et de l'opposition nicaraguayenne se sont séparées sans avoir trouvé d'accord au quatrième jour. (Mardi 5 mars 2019) Les discussions entre les délégations du gouvernement et de l'opposition sont suspendues pour le week-end. (Samedi 2 mars 2019) Après la libération d'opposants politique, les discussions entre le gouvernement Ortega et l'opposition ont repris mercredi au Nicaragua. (27 février 2019) Le président du Nicaragua Daniel Ortega a annoncé jeudi des «négociations» avec l'opposition, qui exige sa démission, pour tenter de mettre fin à la crise politique. Les manifestations ont fait 325 morts depuis dix mois. (21 février 2019) Un tribunal de Managua a condamné lundi deux opposants au régime du président nicaraguayen Daniel Ortega à des peines records de 216 et 210 années de prison pour leur participation l'année dernière à des manifestations. Ils vont faire appel. (18 février 2019) Le Nicaragua a libéré jeudi 1172 prisonniers de droit commun pour la Saint-Valentin, mais aucun des plus de 750 opposants incarcérés, dont la Belge Amaya Coppens, n'a bénéficié de cette mesure de clémence. (14 février 2019) Des organisations de défense des droits de l'homme affirment que 17 opposantes ont été frappées à l'aide de matraques en prison. (Mardi 30 octobre 2018) Des milliers de catholiques se sont rassemblés dimanche à la cathédrale de Managua pour soutenir leurs évêques et exiger la libération de centaines de personnes détenues à la suite des manifestations contre le gouvernement de Daniel Ortega. (Lundi 29 octobre 2018) La police a arrêté dimanche 30 manifestants de l'opposition au Nicaragua. La communauté internationale s'inquiète. (14 octobre 2018) Des milliers de partisans du sandinisme ont défilé mercredi à Managua pour soutenir le président Daniel Ortega, confronté depuis cinq mois à des manifestations de l'opposition réclamant son départ du pouvoir. (Jeudi 4 octobre 2018) La police nicaraguayenne a dispersé avec violence une manifestation contre le président Ortega, à Managua. (Dimanche 30 septembre 2018) Un opposant au président nicaraguayen Daniel Ortega qui manifestait dimanche à Managua a été tué et au moins cinq autres manifestants ont été blessés. (23 septembre 2018) Plusieurs milliers de manifestants ont défilé dans les rues de la capitale, Managua, pour soutenir le président Daniel Ortega. (Jeudi 20 septembre 2018) Des hommes en moto ont ouvert le feu samedi sur des manifestants anti-Ortega, faisant au moins deux blessés. (15 septembre 2018) Une nouvelle manifestation pour la démission du président Ortega a rassemblé des milliers de personnes jeudi à Managua. (13 septembre 2018) La capitale nicaraguayenne a été partiellement paralysée vendredi par une grève de 24 heures du secteur privé à l'appel de l'alliance de l'opposition. (Samedi 8 septembre 2018) De violents incidents ont éclaté dimanche à Managua lors d'une manifestation contre la présidence de Daniel Ortega. (2 septembre 2018) En réaction à un rapport de l'ONU sur les violences disproportionnées contre les manifestants qui ont fait plus de 300 morts en avril, Ortega expulse la mission de l'ONU. (31 août 2018) Des centaines de Nicaraguayens ont formé jeudi une chaîne humaine à Managua pour demander la libération des personnes arrêtées lors des manifestations anti-gouvernementales. (30 août 2018) Le président nicaraguayen Daniel Ortega a violemment attaqué mercredi le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme après la publication par cet organisme d'un rapport sur la situation au Nicaragua. (Mercredi 29 août 2018) Des milliers de manifestants ont demandé mercredi la démission du président du Nicaragua Daniel Ortega dans les rues de Managua. (15 août 2018) Des milliers de Nicaraguayens sont descendus dans la rue pour soutenir les médecins licenciés par le gouvernement pour avoir soigné des opposants blessés. (Dimanche 5 août 2018) Pour la première fois, catholiques, évangélistes et non-croyants ont manifesté ensemble afin de soutenir les évêques, critiqués et agressés par le président Daniel Ortega. (Dimanche 29 juillet 2018) Quelque 40 médecins, infirmières et techniciens d'un hôpital public nicaraguayen ont été renvoyés vendredi pour avoir soigné des manifestants et soutenu les rassemblements contre le président Daniel Ortega. (Samedi 28 juillet 2018) Plusieurs centaines d'étudiants ont commémoré les 100 jours de protestation contre le président Daniel Ortega. Depuis le début de la répression, plus de 300 personnes sont mortes. (Vendredi 27 juillet 2018) Des centaines de manifestants ont encore défilé dimanche pour demander la démission du président Ortega. (Dimanche 22 juillet 2018) L'évêque auxiliaire de Managua, Silvio Jose Baez Ortega, a réaffirmé la volonté de l'Eglise de poursuivre son rôle de médiateur malgré les attaques du président Ortega. (Lundi 23 juillet 2018) Plusieurs centaines de manifestants ont bravé le pouvoir en manifestant dans les rues de la capitale Managua. (Dimanche 22 juillet 2018) En pleine vague de protestations contre le président Daniel Ortega, les sandinistes au pouvoir au Nicaragua commémoraient jeudi le 39e anniversaire de la révolution de 1979 qui a renversé la dictature d'Anastasio Somoza. (Jeudi 19 juillet 2018) A Masaya, les forces pro-Ortega font désormais place nette et chassent les opposants au régime de la ville la plus rebelle du pays. (Jeudi 19 juillet 2018) Daniel Ortega avec son épouse Rosario Murillo,surnommée «la sorcière». (18 juillet 2018) «Ensemble, nous sommes un volcan», scandent les manifestants en défi au président Ortega dont ils réclament le départ. (Mardi 17 juillet 2018) Dans la nuit de vendredi à samedi, deux jeunes ont été tués durant une violente attaque menée par les forces pro-gouvernementales contre une église de Managua, où quelque 200 étudiants s'étaient retranchés. (Lundi 16 juillet 2018) Au moins 10 personnes ont été tuées dimanche dans des affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles. (Lundi 16 juillet) Deux étudiants ont été tués et une vingtaine d'autres blessés au cours d'une attaque des forces progouvernementales contre une église où 200 étudiants étaient retranchés. Ils sont sortis samedi à la suite d'une médiation de l'Eglise catholique. (Dimanche 15 juillet) Deux personnes ont été tuées et des dizaines blessées vendredi dans des violences à Masaya, la ville la plus rebelle de Nicaragua. (Samedi 14 juillet 2018) Les partisans du président Daniel Ortega ont roulé vers la ville rebelle de Masaya en réponse à la grève générale déclenchée par l'opposition. (Samedi 14 juillet 2018) Quatre policiers et un manifestant ont été tués jeudi, lors de heurts à Morrito, dans le sud-est du pays. (Jeudi 12 juillet 2018) Des milliers de manifestants ont défilé jeudi au Nicaragua pour exiger le départ du président Daniel Ortega. (12 juillet 2018) Des partisans du président Daniel Ortega et des paramilitaires ont agressé des prélats catholiques dans une basilique. (Lundi 9 juillet 2018). Trois personnes au moins sont mortes et plusieurs ont été blessées dimanche lors d'une violente incursion de forces gouvernementales à Diriamba et Jinotepe. (Archives) (Dimanche 8 juillet 2018) Apparu en public pour la première fois depuis plus d'un mois, le président Daniel Ortega a exclu des élections anticipées, réclamées par l'opposition depuis le début des manifestations. (Dimanche 8 juillet 2018) Une opération policière a fait plusieurs morts. En parallèle, des officiels ont été visés par des sanctions américaines. (Jeudi 5 juillet 2018) Mercredi, plusieurs milliers de manifestants ont formé une chaîne humaine pour demander le départ du président Ortega, dans le nord du pays. (Jeudi 5 juillet 2018) Un groupe d'experts de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a commencé à enquêter sur les violences qui secouent le Nicaragua. (Mardi 3 juillet 2018) La «Marche des Fleurs» a réuni des milliers de Nicaraguayens samedi à Managua, réclamant justice pour les victimes mineures de la répression. (Samedi 30 juin 2018) Le parlement du Nicaragua a autorisé vendredi la venue dans le pays de militaires de plusieurs pays, dont la Russie, de juillet à décembre pour des exercices. (Samedi 30 juin 2018) People attend the 'Marcha de las Flores' -in honor of the children killed during protests- in Managua on June 30, 2018. At least six people were shot and wounded Saturday while protesting President Daniel Ortega in Nicaragua's capital, an AFP reporter said. / AFP PHOTO / INTI OCON Le cardinal médiateur de la crise au Nicaragua, où le dialogue piétine, se rend au Vatican mardi. (26 juin 2018) Le gouvernement et l'opposition sont convoqués par l'Eglise afin de discuter des élections anticipées de 2019. (Lundi 25 juin 2018) La répression contres les manifestants au Nicaragua a fait 5 nouvelles victimes. (Dimanche 24 juin 2018) 26 personnes ont été libérées des prisons au Nicaragua. (Vendredi 22 juin 2018) Derrière les barricades, les habitants rebelles de Masaya résistent à l'assaut des forces pro-gouvernementales. (Mercredi 20 juin 2018) Au moins trois personnes ont été tuées mardi dans l'offensive du gouvernement du Nicaragua contre la ville rebelle de Masaya. (19 juin 2018) Au Nicaragua, l'opposition refuse de dialoguer avec le gouvernement Ortega sans observateurs internationaux. (Lundi 18 juin 2018) Au moins huit personnes ont été tuées samedi à Managua, dont les six membres d'une même famille morts dans l'incendie de leur maison. (Samedi 16 juin 2018) Le gouvernement de Daniel Ortega a accepté l'ouverture d'une enquête par des observateurs des droits de l'Homme indépendants pour enquêter sur les violences, qui ont fait au moins 170 morts depuis deux mois. (Samedi 16 juin 2018) Le président Daniel Ortega a rejeté la requête des évêques catholiques sur l'ouverture d'une enquête par des organismes internationaux. Il exige d'abord que les manifestants démontent les barrages installés sur de nombreuses routes du pays, ce que l'opposition a immédiatement refusé. (Vendredi 15 juin 2018) De nouvelles violences meurtrières ont éclaté au Nicaragua, paralysé toute la journée par une grève générale, portant à plus de 160 le nombre de morts depuis le début de la vague de contestation. (Jeudi 14 juin 2018) Les évêques du Nicaragua ont reçu une réponse du président Ortega. Ils convoquent vendredi gouvernement et opposition. (Mercredi 13 juin 2018) L'opposition au président du Nicaragua Daniel Ortega appelle à une grève générale pacifiste jeudi. (Mardi 12 juin 2018) La police anti-émeute et les milices paramilitaires pro-gouvernementales ont attaqué lundi à l'est de Managua les barricades dressées par les manifestants, plongeant cette zone de la capitale nicaraguayenne dans le chaos pour tenter de mater un soulèvement contre le président Daniel Ortega, toujours silencieux. (Lundi 11 juin 2018) Depuis le début du mois d'avril, le bilan est de 137 morts dans les affrontements entre les manifestants et le gouvernement. (Samedi 9 juin 2018) Une réunion est prévue entre le président Ortega et les évêques pour une éventuelle reprise du dialogue avec l'opposition. (Jeudi 7 juin 2018) Les manifestations anti-Ortega ont fait 121 morts et 1300 blessés depuis mi-avril, selon une ONG locale. (Mardi 5 juin 2018) Au moins cinq personnes ont été tuées au Nicaragua dans de nouvelles violences en marge des manifestations contre le président Daniel Ortega, dont l'épouse et vice-présidente a appelé au dialogue. (Lundi 4 août 2018) Un citoyen américain a été tué au Nicaragua, à Managua, lors des manifestations anti-gouvernementales et ce dans des circonstances troubles. (Samedi 2 juin 2018) Les dernières victimes de la répression étaient enterrés vendredi au Nicaragua. Le bilan dépasse désormais les 100 morts depuis plus d'un mois. (Vendredi 1er juin 2018) La marche de soutien aux mères dont les enfants avaient été tués dans les manifestations précédentes a été prise sous les tirs soudains de snipers. (Jeudi 31 mai 2018) «Le Nicaragua nous appartient à nous tous et nous restons tous ici», a lancé Daniel Ortega devant ses partisans dans le nord de Managua, la capitale nicaraguayenne. (Mercredi 30 mai 2018) La marche des «Mères d'avril», dont les enfants sont morts pendant les manifestations, a été la cible de snipers. (Mercredi 30 mai 2018) Les affrontements avec la police ont fait une centaine de morts depuis avril. (Mardi 29 mai 2018) Un manifestant brandit une arme artisanale à Masaya. (Lundi 28 mai 2018)

Une faute?

Deux personnes ont été tuées et des dizaines blessées vendredi dans des violences à Masaya, la ville la plus rebelle de Nicaragua, tandis que le président Daniel Ortega lançait un appel public à la paix dans son pays en proie à des violences depuis trois mois. «Il y a deux morts maintenant, un policier et un manifestant», a déclaré Alvaro Leiva, un responsable de l'Association nicaraguayenne des droits de l'homme (ANPDH).

Les deux ont été tués dans un quartier du sud de Masaya, à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale, lorsque des partisans pro-Ortega ont «tiré avec des armes de gros calibre», a-t-il dit. Le président Ortega a mobilisé ses partisans pour marcher sur Masaya, en réponse à une grève générale décrétée par l'opposition paralysant le pays.

La plupart des marchés, banques, magasins, stations-service et restaurants à travers le pays étaient fermés, en réponse à l'appel des adversaires du chef de l'Etat ou par peur des pillages, a constaté l'AFP.

Ces actions des deux camps se déroulent dans un pays sous tension: le Nicaragua est secoué par une vague de violence qui a fait 270 morts et 2000 blessés en trois mois, selon la Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH). «Je travaille par nécessité. Mais la grève est une arme pour mettre la pression sur le gouvernement, car cette situation semble sans fin. C'est nous, les pauvres, qui sommes en train de mourir», a déclaré à l'AFP Adolfo Diaz, cireur de chaussures de 67 ans, perdu au milieu des rideaux de fer du vaste marché Huembes, qui réunit 4500 échoppes dans l'est de Managua.

A Managua, la police et des paramilitaires assiégeaient l'Université nationale autonome du Nicaragua (UNAN), où des dizaines d'étudiants étaient retranchés. Des fidèles d'Ortega sont partis de Managua à bord de centaines de véhicules et motos, agitant des drapeaux rouge et noir du Front sandiniste de libération nationale (FSLN, gauche), le parti au pouvoir, en direction de Masaya.

Le président Ortega et son épouse Rosario Murillo, également sa vice-présidente, se trouvaient dans ce convoi qui commémore la révolution sandiniste de 1979. Les gardes du corps courraient autour du puissant 4X4 blanc de marque allemande. «Nous invitons tout le monde (...) à choisir le chemin de la paix qui est le seul qui va nous conduire à la paix», a lancé M. Ortega devant un commissariat de police à Masaya, protégé par nombre de policiers anti-émeute lourdement armés avec lesquels il s'est fait photographier.

Opposant détenu

Cette deuxième grève générale de 24H a débuté dans la nuit de jeudi à vendredi, à 00H00 locales (08H00, heure suisse), à l'appel de l'Alliance civique pour la démocratie et la justice, coalition de l'opposition qui inclut des secteurs de la société civile. Un premier mouvement social identique avait bloqué le pays le 14 juin, faisant quatre morts.

Les adversaires d'Ortega demandent des élections anticipées ou le départ du président, accusé d'avoir durement réprimé les manifestations et mis en place avec son épouse Rosario Murillo une «dictature» marquée par la corruption et le népotisme. Pour le gouvernement, les protestataires sont des «délinquants» issus de la «droite putschiste» soutenue par les Etats-Unis.

Selon l'opposition, la grève était suivie à 90%, tandis que des médias proches du pouvoir faisaient état d'une situation normale dans certaines zones. La grève s'inscrit dans une série d'actions sur trois jours lancée par le camp anti-Ortega pour renforcer la pression sur le gouvernement.

La veille, une marée bleu et blanc, les couleurs du Nicaragua, a envahi les rues de la capitale et d'autres villes. Des affrontements durant une marche à Morrito, dans le sud-est du pays, ont fait cinq morts: quatre policiers et un manifestant. Un dirigeant de l'opposition Medardo Mairena, qui participe aux pourparlers avec le gouvernement, a été arrêté vendredi dans cette affaire, a annoncé la police. Le pays le plus pauvre d'Amérique centrale est secoué par des manifestations d'une ampleur historique contre Daniel Ortega, ex-guérillero de 72 ans au pouvoir depuis 2007 après l'avoir déjà été de 1979 à 1990.

«Marche vers la victoire»

Le «repli», du nom de cet épisode historique, a eu lieu le 27 juin 1979: des milliers de guérilleros de Managua s'étaient alors repliés à Masaya pour rassembler leurs forces avant de renverser le dictateur Anastasio Somoza.

«Tous les marcheurs de la paix, de l'avenir, de l'amour, à (la marche du) repli avec Daniel (...) car nous sommes en train de faire gagner la paix», a déclaré Rosario Murillo en mobilisant les fidèles du Front sandiniste de libération nationale (FSLN, gauche), le parti au pouvoir.

A Masaya, le quartier indigène de Monimbo, était en alerte. «Non au repli», «on ne se rendra jamais», «Monimbo résiste aujourd'hui, demain et toujours», pouvait-on lire sur les murs et les barricades. Très influente au Nicaragua, l'Église catholique joue le rôle de médiatrice entre le gouvernement et l'opposition, en demandant notamment des élections anticipées, mais sans succès: le président Ortega a rejeté cette éventualité.

(nxp/afp)