Crise en Côte d'Ivoire

16 mars 2011 14:38; Act: 16.03.2011 15:23 Print

Ouattara appelle Gbagbo à partir

Des tirs à l'arme lourde et à la kalachnikov ont éclaté mercredi à Duékoué, dans l'ouest du pays.

Sur ce sujet
Une faute?

Le président ivoirien reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara a réitéré ses appels à Laurent Gbagbo pour qu'il saisisse sa «dernière chance» de céder le pouvoir.

La ville de Duékoué, située à une quarantaine de km au sud de l'ex-ligne de front divisant le pays et théâtre en janvier de violences interethniques, a été réveillée par des détonations d'arme lourde et de tirs de kalachnikov, dont l'origine restait indéterminée dans l'immédiat.

«Ils ont commencé à tirer vers 5h, c'est dans la ville même», a indiqué à l'AFP une habitante, jointe au téléphone. «Il n'y a personne dans les rues. Depuis dimanche, il y avait des rumeurs d'attaque, tout le monde avait peur», a-t-elle ajouté. «Je n'ose pas sortir», a dit un autre habitant.

«Quatre localités prises»

L'Ouest est traversé par l'ex-ligne de front de 2002-2003 coupant le pays en un Nord tenu par les ex-rebelles des Forces nouvelles (FN) et un Sud - où se trouve Duékoué - resté sous le contrôle du gouvernement du président sortant Laurent Gbagbo.

Alliées à M. Ouattara, les FN, progressant depuis la zone frontalière du Liberia, ont pris quatre localités depuis fin février dans la région, au moment où la crise post-électorale bascule en guérilla urbaine dans Abidjan, métropole de quelque 5 millions d'habitants.

Plusieurs témoins ont rapporté que des violences ont eu lieu mardi soir dans la capitale dans le secteur de Port-Bouët 2, une enclave pro-Ouattara située dans le quartier de Yopougon (ouest), bastion du président sortant.

«Dernière chance»

Ces nouvelles violences, dans une crise ayant déjà fait près de 400 morts selon l'ONU, interviennent alors qu'Alassane Ouattara a appelé mardi son rival à saisir sa «dernière chance» pour une «sortie de crise pacifique et honorable».

Pour lui, «il est temps» que M. Gbagbo, qui refuse de céder le pouvoir, «accepte de se conformer à la volonté des Ivoiriens et de l'Union africaine», qui a reconnu en sommet la semaine dernière la victoire de M. Ouattara à la présidentielle de novembre.

M. Ouattara, qui s'exprimait dans une «adresse à la Nation» diffusée par la télévision TCI créée par son camp, vit retranché depuis fin 2010 au Golf hôtel d'Abidjan, sous blocus des forces de son rival et sous la protection des Casques bleus et de FN.

Alors que les violences ne cessent de s'intensifier, menaçant de dégénérer en guerre civile, Human Rights Watch a mis en cause le camp Gbagbo.

Dans un rapport intitulé «Côte d'Ivoire: crimes contre l'humanité par des forces de Gbagbo», l'organisation de défense des droits de l'Homme indique mercredi que les violences organisées par les pro- Gbagbo donnent «des indices de constituer des crimes contre l'humanité».

(ats/afp)