Prothèses mammaires

27 décembre 2011 17:48; Act: 27.12.2011 18:36 Print

PIP savait ses produits défectueux

L'avocat de plaignantes affirme que Poly Implant Prothèses avait connaissance dès 2007 des problèmes provoqués par des fuites de gel de silicone de ses implants.

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L'entreprise française PIP, accusée d'avoir commercialisé des implants mammaires défectueux, a tenté d'acheter le silence des femmes mécontentes bien avant que le scandale éclate en 2010. C'est ce qu'a déclaré mardi Philippe Courtois, l'avocat de quelque 1300 plaignantes.

«PIP a traité directement avec les femmes porteuses de ses prothèses en 2007-2008 et cela aussi bien en France qu'en Grande-Bretagne», a expliqué l'avocat, qui a accès au dossier.

1500 euros et une paire de prothèses

«PIP aurait ainsi proposé 1500 euros et une paire de prothèses à des femmes non satisfaites. L'information ne remontait pas ainsi aux cliniques et à l'Afssaps (Autorité française de sécurité sanitaire des produits de santé)», dit-il.

Les protagonistes de cette affaire devraient se retrouver avant fin 2012 au centre d'un procès pour «tromperie aggravée», mais aussi d'une instruction judiciaire ouverte pour «blessures et homicide involontaire».

Philippe Courtois, qui est l'avocat de la moitié des 2.172 femmes qui ont porté plainte à ce jour pour tromperie aggravée, estime que ce nombre montera bientôt à 3000.

«Il y a encore des personnes qui découvrent qu'elles sont porteuses de prothèses PIP», dit-il. «Ainsi, plusieurs femmes n'ont pas reçu de la part de leurs chirurgiens et cliniques la carte présentant la nature et l'origine des implants mammaires dont elles sont porteuses.»

Mélange d'huiles

Philippe Courtois affirme que le gel non conforme contenu dans les prothèses PIP serait un mélange d'huiles de silicone provenant de sociétés américaine et belge. La société américaine a refusé pendant longtemps de donner la composition de cette poudre en arguant d'un brevet protégeant cette composition, explique-t-il.

L'avocat demande aussi que Jean-Claude Mas, le président fondateur de PIP, soit mis sous contrôle judiciaire pour éviter toute fuite avant son procès. Selon son avocat, Jean-Claude Mas réside actuellement dans le Var et est prêt à se rendre à toute convocation judiciaire.

Après la découverte du scandale, le gouvernement français a recommandé, sans caractère d'urgence, le retrait des implants à titre préventif même si le lien entre les prothèses PIP et neuf cas de cancers suspects signalés sur son territoire, dont deux mortels, n'est pas démontré.

On estime à 60 millions d'euros le coût de l'opération d'explantation, qui sera prise en charge par la Sécurité sociale. La pose de nouveaux implants sera à la charge de la patiente, sauf pour les femmes ayant subi une chirurgie réparatrice après un cancer du sein.

En Suisse

En Suisse près de 280 femmes se sont fait implanter des prothèses de cette marque. Swissmedic ne recommande pas le retrait préventif de ces prothèses, en l'absence de nouvelles données scientifiques sur un risque accru de cancer.

(ats)