Gaza

08 décembre 2015 19:32; Act: 08.12.2015 19:45 Print

Palestiniens extirpés d'un tunnel clandestin inondé

Les secours ont pu tirer d'affaire quatorze personnes bloquées dans l'ouvrage souterrain. L'eau y aurait été injectée volontairement par l'Egypte.

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Des tunnels clandestins qui permettent aux Gazaouis de contourner le blocus imposé par Israël. (image d'archive) (Photo: Keystone/AP)

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Quatorze Palestiniens, bloqués des heures par une montée des eaux dans un tunnel clandestin reliant la bande de Gaza à l'Egypte, ont été dégagés sains et saufs mardi, ont annoncé les secours palestiniens.

«La Sécurité civile a pu secourir quatorze ouvriers travaillant dans un tunnel à l'est du poste frontière de Rafah, après que de l'eau eut été injectée dans ce tunnel depuis le côté égyptien» de Rafah, ville frontière, a-t-elle indiqué sur sa page Facebook.

Des témoins cités dans les médias locaux ont rapporté que les quatorze hommes avaient été bloqués plusieurs heures dans le tunnel inondé. Les médias locaux précisent que des travaux de renforcement ont lieu dans les tunnels percés sous la frontière égyptienne pour tenter de contourner le blocus de Gaza. L'enclave est en effet soumise, depuis 2006, à un sévère blocus israélien.

En été 2014, l'aviation israélienne avait détruit une grande partie du réseau souterrain qui permettait aux Gazaouis d'acheminer de nombreux produits depuis l'Egypte notamment.

Le Hamas, bête noire de l'Egypte

De son côté, le Caire a lancé, fin 2014, la construction d'une zone tampon dans le nord de sa péninsule du Sinaï, à la frontière avec l'enclave palestinienne, afin de détruire les centaines de tunnels creusés depuis Gaza. Les Egyptiens accusent des activistes palestiniens d'utiliser ces tunnels pour fournir des armes aux mouvements djihadistes du Sinaï.

Pour les Palestiniens, qui ont vu de l'eau s'infiltrer de leur côté de cette région semi-désertique, il ne fait aucun doute que les Egyptiens ont inondé la zone tampon pour submerger les derniers tunnels subsistant entre Gaza et le Sinaï égyptien. A cette fin, lils auraient pompé de l'eau de la Méditerranée toute proche, affirment-ils.

Le Hamas qui dirige la bande de Gaza est devenu l'une des bêtes noires du régime du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui l'accuse de soutenir les attaques sur son sol.

Depuis que l'armée a renversé en 2013 le président Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans dont est issu le Hamas, le passage de Rafah, seule ouverture de Gaza sur le monde non contrôlée par Israël, est fermé en quasi-permanence, étouffant un peu plus 1,8 million de Gazaouis et leur économie.

(nxp/afp)