Climat

06 décembre 2008 20:28; Act: 06.12.2008 20:35 Print

Pas d'accord mais des progrès à Gdansk

Nicolas Sarkozy et les dirigeants des pays d'Europe de l'Est ne sont pas parvenus samedi à un accord sur un plan de l'Union européenne (UE) pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

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Mais ils ont enregistré des progrès au cours de leurs discussions à Gdansk, en Pologne.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré que la réunion des neuf dirigeants d'Europe de l'Est avec le président français, qui assure la présidence tournante de l'UE, avait permis de progresser mais qu'il restait beaucoup à faire avant le sommet européen des 11 et 12 décembre.

«Aujourd'hui, j'ai bon espoir qu'on puisse y arriver (...) Nous sommes en pleine négociation, il y a des équilibres à trouver», a déclaré le chef de l'Etat français, qui assure la présidence de l'UE jusqu'à la fin de l'année et a fait de l'adoption du «paquet énergie climat» une de ses priorités.

Mécanismes de solidarité

Le principal point d'achoppement porte sur les mécanismes de solidarité financière avec les pays d'Europe centrale et orientale, qui produisent une part importante de leur électricité à partir du charbon.

Au-delà de la Pologne, les dirigeants des huit pays qui ont rencontré M. Sarkozy (Bulgarie, Hongrie, Roumanie, République Tchèque, Slovaquie, Estonie, Lettonie et Lituanie), ont martelé le même message: les négociations progressent mais la voix des nouveaux pays, qui ont une forte dépendance au charbon, devra être pleinement prise en compte.

Le Premier ministre roumain, Calin Tariceanu, a ainsi souligné qu'au sein de l'UE, la crise financière frappait plus durement les pays de l'Est que ceux de l'Ouest.

Se montrer ambitieux

Nicolas Sarkozy a déclaré que tous les pays présents à Gdansk «souhaitent que la solidarité, qui est un des fondements de la construction européenne, soit prise en compte de façon un peu plus ambitieuse».

Le président français a précisé qu'il en parlerait dimanche «largement» avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et avec le Premier ministre britannique, Gordon Brown, lundi à Londres.

L'Europe s'est fixé un triple objectif pour 2020: réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation et faire 20% d'économies d'énergie.

Ecologistes déçus

Le mini-sommet de Gdansk n'a pas rassuré les écologistes présents sur place. «On attendait un signal fort, on voit que l'Europe est encore engluée dans ses négociations», a estimé Karine Gavand, de Greenpeace.

Les dirigeants des 27 Etats membres de l'UE se retrouveront à Bruxelles sur deux jours: jeudi et vendredi. Dans le même temps, la Conférence de l'Onu sur les changements climatiques à Poznan, qui s'est ouverte le 1er décembre, arrivera à son terme vendredi.

«Même s'ils pouvaient faire une annonce dix minutes avant la fin de la conférence, ce serait une bonne nouvelle !», commentait cette semaine un expert à Poznan. «Cela ne changerait pas le cours des négociations mais cela changerait l'état d'esprit».

(ats)