Plages italiennes

14 juin 2011 18:11; Act: 14.06.2011 18:20 Print

Pas d'accord sur des concessions de 20 ans

Le gouvernement italien a retiré d'un décret loi examiné au parlement une mesure très controversée qui accordait des concessions allant jusqu'à 20 ans aux établissements balnéaires sur les plages italiennes.

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Le retrait de cette disposition, réclamé par le Parti démocrate (PD), principal parti d'opposition, a été annoncé devant les commissions budget et finances de la chambre des députés par Maurizio Fugatti de la Ligue du nord, parti allié de la coalition de centre-droit de la Ligue du nord.

«Après avoir créé énormément de confusion, le gouvernement et la majorité ont été contraints de faire marche arrière», s'est réjoui Alberto Fluvi, chef de file du PD à la commission des finances de la Chambre, en souhaitant qu'une nouvelle loi réglemente la question des concessions balnéaires.

Le gouvernement avait déjà été contraint à la mi-mai de réduire fortement la durée de ces concessions de 90 à 20 ans, sous la pression des organisations de défense de l'environnement, de l'opposition de gauche et de l'Union européenne.

Les écologistes restaient très remontés ces dernières semaines contre un projet de loi soupçonné de faire courir le risque d'un «bétonnage» accru des plages italiennes. L'organisation italienne de défense de l'environnement FAI et le WWF s'inquiétaient notamment qu'en séparant la propriété du terrain de ce qui est édifié, le secteur privé puisse devenir propriétaire des immeubles réalisés.

Au moment du renouvellement éventuel des concessions, si l'Etat ou les collectivités locales voulaient des plages sans infrastructures, ils devaient donc les racheter aux particuliers.

«C'est cela le véritable objectif» de cette mesure, avait dénoncé Angelo Bonelli, leader du parti des Verts, en appelant à une manifestation le 18 juin à Ostie, près de Rome, ville «où 90% des plages ont été bétonnées».

Le gouvernement affirmait pour sa part vouloir favoriser les investissements afin de créer des emplois et relancer l'offre touristique.

Les établissements balnéaires, dotés de bars et de restaurants, où les touristes peuvent louer un transat et un parasol, souvent à prix d'or en pleine saison, occupent déjà une grande partie des côtes italiennes.

(afp)