Nucléaire

13 juillet 2014 18:26; Act: 13.07.2014 22:21 Print

Pas encore d'accord avec l'Iran

Les grandes puissances et l'Iran ne sont pas encore parvenus à un accord sur le programme nucléaire de Téhéran. Un tel accord reste «incertain».

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Le secrétaire d'Etat américain John Kerry (à droite) et le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier (à gauche) lors des discussion qui ont eu lieu dimanche à Vienne. (Photo: Keystone/Hans Punz)

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Un accord sur le programme nucléaire iranien semblait lointain dimanche, selon les ministres des puissances occidentales venus à Vienne faire le point des négociations avec les Iraniens, censées aboutir le 20 juillet. Les différends restent importants sur la capacité d'enrichissement d'uranium réclamée par l'Iran.

«Nous ne sommes pas encore arrivés à un accord», a déclaré le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, premier à quitter Vienne. «La discussion a été utile et va se poursuivre», a-t-il ajouté.

Quelques instants plus tard, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier lui emboîtait le pas en déclarant qu'un accord sur ce dossier, qui empoisonne les relations internationales depuis dix ans, était encore «incertain».

«Il reste peu de temps d'ici le 20 juillet. Je ne peux pas dire avec certitude s'il y aura un accord», et «la balle est dans le camp de l'Iran, a déclaré M. Steinmeier, espérant que «les jours qui restent d'ici le 20 juillet seront suffisants pour amener Téhéran à la réflexion».

Les chefs de la diplomatie américaine, britannique, allemande et française s'étaient retrouvés dimanche à Vienne pour une série d'entretiens bilatéraux et trilatéraux afin de tenter d'aplanir «les importantes divergences» subsistant avec les Iraniens.

Marge de manoeuvre

Après le départ des chefs de la diplomatie européens, l'Américain John Kerry a eu dans la soirée une rencontre bilatérale avec son homologue iranien Javad Zarif, qui de son côté a estimé que «la confiance doit aller dans les deux sens». Les deux hommes pourraient se retrouver de nouveau lundi matin.

«Nous sommes à un tournant, nous devons aller de l'avant», a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères chinois Li bao dong. Pékin et Moscou n'avaient pas dépêché leurs chefs de la diplomatie dimanche à Vienne.

Le but des réunions dimanche était, selon la formule du britannique William Hague, de «voir de quelle marge nous disposons pour faire des progrès avant le 20 juillet».

Au terme de l'accord intérimaire conclu à Genève en novembre 2013, prévoyant le gel du programme nucléaire iranien en échange d'une levée limitée des sanctions, la négociation est reconductible pour six mois après le 20 juillet, mais si les deux parties sont d'accord.

Un fossé à combler

Parvenir à un accord avant la date butoir «est difficile mais pas impossible», avait estimé samedi un haut représentant du Département d'Etat américain, assurant que les négociateurs étaient déterminés à «travailler jusqu'au dernier moment». «Il n'est pas encore certain que l'on pourra combler le fossé», avait cependant prévenu le négociateur iranien Abbas Araghchi.

Les différends restent en effet très importants sur le point central de la négociation, portant sur la capacité d'enrichissement d'uranium réclamée par l'Iran. Enrichi à un niveau élevé, l'uranium peut servir à fabriquer la bombe atomique. A un faible degré, il sert de combustible aux centrales nucléaires pour la production d'électricité.

(ats)