Espionnage

05 février 2019 12:10; Act: 05.02.2019 12:25 Print

Pékin rejette les soupçons norvégiens sur Huawei

La Chine qualifie de «ridicules» les accusations d'espionnage formulées lundi par le Renseignement norvégien.

storybild

Plusieurs pays comme les États-Unis ont interdit les équipements Huawei pour la 5G pour «des raisons de sécurité». (Photo: AFP)

Une faute?

La Chine a rejeté les soupçons émis lundi par les services de renseignement norvégien à l'égard du géant chinois des télécommunications Huawei, Pékin qualifiant de «ridicules» les velléités d'espionnage qui lui sont prêtées.

Dans son rapport annuel d'évaluation des risques, le PST (renseignement intérieur) avait pointé les tentatives d'espionnage contre le royaume scandinave de la part de pays comme la Russie et la Chine.

Huawei vulnérable

Sa directrice, Benedicte Bjørnland, avait notamment relevé lors d'une conférence de presse que «la distance est courte entre un acteur commercial comme Huawei et le régime chinois» et qu'«un acteur comme Huawei sera vulnérable aux influences de son pays d'origine aussi longtemps que la Chine a une loi sur le renseignement qui oblige les personnes, entités et entreprises privées à coopérer».

L'ambassade de Chine en Norvège a rejeté ces allégations sur son site internet. «La Chine ne représente aucune menace pour la sécurité de la Norvège», a-t-elle réagi. «C'est très ridicule pour le service de renseignement d'un pays de réaliser des évaluations de sécurité et d'attaquer la Chine avec un langage purement hypothétique».

Concernant Huawei, l'ambassade a souligné que «la Chine s'oppose et combat systématiquement toutes les formes de cyberespionnage et d'attaques».

La 5G pour des raisons de sécurité

«Les lois et réglementations chinoises ne donnent jamais le mandat à quelque institution que ce soit d'obliger des entreprises à mettre en place des portes dérobées (backdoors)», a-t-elle affirmé.

Plusieurs pays comme les États-Unis ont interdit les équipements Huawei pour la 5G pour des raisons de sécurité. La Norvège planche actuellement sur une réglementation susceptible de réduire sa vulnérabilité alors que les opérateurs de télécommunications du pays préparent eux aussi le déploiement de la 5G.

Les deux principaux groupes, Telenor et Telia, s'étaient équipés auprès de Huawei pour leurs réseaux 4G. Le pays scandinave est d'autant plus prudent sur ce dossier qu'il a déjà subi l'ire de la Chine après l'attribution en 2010 du prix Nobel de la paix à l'opposant chinois Liu Xiaobo, ce qui avait entraîné des représailles diplomatiques et commerciales durables de la part de Pékin.

(nxp/ats)