France

25 février 2019 18:24; Act: 25.02.2019 18:26 Print

Pétards et fusées pour faire libérer un chef kurde

Des militants kurdes qui voulaient la libération de leur leader, Öcalan, s'en sont pris au Conseil de l'Europe, lundi à Strasbourg.

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Les militants réclament la libération de leur chef historique, Abdullah Öcalan, emprisonné en Turquie. (Photo: AFP)

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Une quarantaine de militants kurdes qui réclament la libération de leur chef historique Abdullah Öcalan, emprisonné en Turquie, ont été interpellés lundi à Strasbourg (est de la France) après des dégradations au Conseil de l'Europe, a-t-on appris de sources concordantes.

Les faits se sont produits vers 12h00 GMT, lorsqu'un groupe d'une quarantaine de manifestants, la plupart avec le visage masqué, se sont introduits sur le parvis de l'Agora, l'un des bâtiments du Conseil de l'Europe, a indiqué à l'AFP l'organisation paneuropéenne.

L'Agora abrite notamment le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), l'un des organes du Conseil qui se prononce régulièrement sur les conditions de détention de M. Öcalan, emprisonné dans un isolement quasi total depuis 20 ans sur l'île-prison d'Imrali, au large d'Istanbul.

Les militants ont lancé des pétards et des fusées vers les fenêtres du bâtiment et ont également «attaqué la vitrine de l'Agora à coups de pierre et de masse», selon le Conseil de l'Europe et une source policière.

«C'est inacceptable»

Une poubelle extérieure a été incendiée mais les manifestants ne sont pas entrés dans le bâtiment, selon le Conseil, qui précise qu'il s'agit du troisième incident simulaire depuis l'été 2018.

A la demande du Conseil de l'Europe, la police est intervenue, mobilisant une quarantaine d'agents qui ont essuyé des «jets de pavés», selon une source policière. Au total, 43 personnes ont été interpellées. «On essaie de voir qui a fait quoi, on verra qui sera placé en garde à vue», a indiqué la source policière.

«C'est inacceptable», a déclaré à l'AFP Daniel Holtgen, directeur de la communication du Conseil de l'Europe, en exprimant sa reconnaissance aux forces de l'ordre. Des milliers de Kurdes défilent traditionnellement chaque année en février à Strasbourg pour réclamer la libération d'Abdullah Öcalan, chef de la rébellion kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) arrêté le 15 février 1999. Des militants pro-Öcalan se relaient également pour organiser un sit-in permanent près du Conseil de l'Europe.

Abdullah Öcalan reste une figure de proue non seulement pour la rébellion kurde en Turquie, où le conflit avec l'Etat a fait plus de 40.000 morts depuis 1984, mais aussi pour les mouvements kurdes ailleurs dans la région, notamment en Syrie.

(nxp/afp)