Audition de Cristina

10 février 2014 12:35; Act: 10.02.2014 12:54 Print

Photo volée de l'audition: enquête ouverte

La justice espagnole a demandé l'ouverture d'une enquête après la publication, dimanche, d'une photo volée de l'audition de la fille du roi, l'infante Cristina.

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Une vidéo a été publiée lundi par "El Mundo", alors que tout enregistrement d'images avait été expressément interdit.

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Une vidéo a suivi, publiée lundi, alors que tout enregistrement d'images avait été expressément interdit.

Le quotidien de centre droite «El Mundo» a publié lundi cette vidéo volée, longue de plus de cinq minutes. Le document montre la salle d'audience du tribunal de Palma de Majorque, aux Baléares, où l'infante a répondu samedi aux questions du juge José Castro en présence du procureur et de nombreux avocats.

La veille, le journal avait publié une première photo de cette scène. Or le juge Castro avait, le 28 janvier, interdit tout enregistrement d'images de l'audition et ordonné que tous les appareils pouvant permettre de filmer soient déposés à l'entrée du tribunal.

Dimanche, le magistrat «a demandé à la police l'ouverture d'une enquête immédiate afin de déterminer l'origine de l'image» publiée par le quotidien, a indiqué le tribunal.

La vidéo montre l'infante, assise de dos. La fille du roi Juan Carlos répond aux questions du juge qui l'interroge d'une voix posée et intelligible, et lui montre des documents projetés sur un écran.

A plusieurs reprises, l'infante mise en examen pour fraude fiscale et blanchiment de capitaux présumés, répond au juge: «Je ne me souviens pas», «Je ne sais pas» et «J'ignore quelle est la mécanique», selon la retranscription de la bande sonore livrée par le journal.

Cinq heures

L'audition de l'infante a duré cinq heures samedi. Le magistrat a interrogé cette femme de 48 ans sur ses liens présumés avec les activités frauduleuses de son mari, l'ancien champion olympique de handball Iñaki Urdangarin. Ce dernier est soupçonné d'avoir détourné avec un ex-associé 6,1 millions d'euros (7,4 millions de francs) d'argent public.

Le juge lui demandait notamment de s'expliquer sur des dépenses apparemment personnelles effectuées sur le compte de la société Aizoon, qu'elle détient pour moitié avec son mari et qui aurait servi de société écran dans les détournements.

Corruption présumée

C'était la première fois qu'un membre de la famille royale était entendu dans l'enquête ouverte en 2010 par le juge Castro sur cette affaire de corruption présumée. Elle avait conduit en décembre 2011 à l'inculpation du gendre du roi.

Selon les avocats des parties civiles, l'infante s'est montrée «évasive» dans ses réponses et a affirmé pour se disculper qu'elle avait «toute confiance en son mari».

(ats)