Norvège

21 juin 2018 10:39; Act: 21.06.2018 17:48 Print

Plainte de Breivik contre son isolement rejetée

L'extrémiste norvégien avait saisi la CEDH contre ses conditions de détention «inhumaines». En vain.

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La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a jugé jeudi «irrecevable» la plainte du néo-nazi Anders Behring Breivik. (Jeudi 21 juin 2018) Anders Breivik a encore protesté contre son isolement. L'extrémiste norvégien a saisi la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour dénoncer ses conditions de détention, a déclaré jeudi son avocat. (29 juin 2017) Anders Breivik a changé de nom et porte officiellement le nom de Fjotolf Hansen. (Vendredi 9 juin 2017) L'avocat d'Anders Behring Breivik s'est interrogé mercredi sur la santé mentale du tueur afin de contester son isolement en prison. (Mercredi 18 janvier 2017) La Norvège a assuré traiter Anders Behring Breivik «humainement et avec respect», réfutant les accusations d'isolement dont le tueur extrémiste se plaint notamment. (Mardi 17 janvier 2017) Dans sa déposition au 3e jour de son procès en appel, l'extrémiste de droite déclare: «J'étais radical au départ mais, ces cinq dernières années, je suis devenu beaucoup plus radical.» (Jeudi 12 janvier 2017) Anders Behring Breivik a ouvert le procès en appel sur ses conditions de détention en faisant à nouveau un salut nazi, s'attirant un rappel à l'ordre des juges (Mardi 10 janvier 2017). En costume sombre, le crâne rasé et la barbe touffue, Breivik s'est engagé d'une voix quasi inaudible à ne pas reproduire son geste. (Mardi 10 janvier 2017). Une vue du gymnase de la prison de Skien (sud) où Breivik est détenu. Il dispose de conditions confortables avec trois cellules où il peut regarder la télévision, jouer aux jeux vidéo ou encore utiliser des appareils de musculation. La juge avait pointé son isolement prolongé --il est détenu à l'écart des autres prisonniers depuis cinq ans et demi pour des raisons de sécurité-- et l'insuffisance des mesures mises en place pour compenser ce régime sévère. La prison norvégienne où est détenu Anders Behring Breivik (photo) a exclu jeudi de modifier à ce stade ses conditions d'incarcération. (21 avril 2016) La justice norvégienne a donné raison à Anders Behring Breivik dans le procès qu'il a intenté à l'État pour des conditions de détention qu'il juge «inhumaines». (Mercredi 20 avril 2016) Anders Behring Breivik comparaît mercredi pour expliquer ses conditions de détention, qu'il juge «inhumaines». (Mercredi 16 mars 2016) Une salle de conférence du Département de la Justice du bâtiment gouvernemental touché le 22 juillet 2011 par la bombe placée dans une voiture par Anders Behring Breivik. Le bâtiment a été fortement endommagé par l'explosion. Les restes de la voiture utilisée par Breivik pour loger sa bombe artisanale.. Le bâtiment a été fortement endommagé par l'explosion. Les débris de verre dus à l'explosion. Breivik s'est rendu ce même 22 juillet sur l'île d'Utoya. Déguisé en policier, il a abattu 69 personnes, principalement des jeunes politiciens de gauche en réunion sur l'île ce jour-là. Le principal bâtiment de l'île où sont décédées de nombreuses victimes. Les sauveteurs s'affairent encore sur le site le 24 juillet. Le nom d'Anders Behring Breivik, arrêté sur les lieux de la fusillade, apparaît. L'homme de 32 ans avait posté quelques heures avant son massacre une vidéo sur Youtube (image) et envoyé par mail un manifeste expliquant sa haine de l'islam, du «marxisme» et du multiculturalisme en général. Un membre flamand du parti de droite Tanguy Veys présente un exemplaire du manifeste envoyé par email par Breivik, ce 27 juillet 2011. Une photo de Breivik obtenue sur Twitter. La tuerie a dépêché sur place des centaines de journalistes de la presse étrangère. Breivik est transporté dans un centre de détention provisoire le 25 juillet. Ce même jour, toute la Norvège (la bourse, les transports publics, les taxis, les écoles et les travailleurs) observe une minute de silence en mémoire des victimes. Ici, autour de l'église Domkirke. La minute de silence autour de l'église Domkirke. Le prince de Norvège Haakon et la princesse Mette-Marit à la «marche rose» au centre de la capitale, le 25 juillet. La minute de silence observée par les proches des victimes, le 25 juilet. Des fleurs placées le 26 juillet sur les rives de l'île. Les funérailles de victime à Nesodden, près d'Oslo, le 29 juillet. Hommage à la cathédrale de la capitale le 31 juillet. Dès la mi-août, le site d'Utoya est ouvert aux médias. On voit ici le bateau utilisé par Breivik pour accéder à l'île. Le 15 août, Breivik est de retour sur les lieux de la tuerie pour une reconstitution des faits. A chaque audition de son procès, comme ici le 6 février 2012, Anders Behring Breivik a tenu a effectuer un salut extrémiste, le poing levé. Les rapports psychiatriques des experts, ici lors de l'audition de l'accusé le 10 avril 2012. Breivik aurait versé des larmes en voyant défiler ses héros médiévaux dans une vidéo présentée à son procès. Un homme s'est immolé le 15 mai devant la cour de justice d'Oslo où comparaissait Breivik. La santé mentale de l'accusé, et donc, sa responsabilité dans le massacre, est au coeur du procès. Des fleurs avec la mention 'sain d'esprit' ont été accrochées le 22 juin dernier aux portes de la cour de justice où était entendu Breivik, pour qu'il soit reconnu responsable de ses actes. Un mausolée à la mémoire des victimes abattues sur l'île a été érigé en mai dernier.

Une faute?

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a jugé jeudi «irrecevable» une plainte du néo-nazi Anders Behring Breivik qui considère que ses conditions de détention sont inhumaines. Il avait tué 77 personnes en 2011 en Norvège.

Dans une «décision définitive», trois juges de la CEDH ont considéré que la requête de Breivik ne relevait pas d'une «violation de la Convention». Ils ont déclaré sa plainte «irrecevable pour défaut manifeste de fondement».

«C'est un soulagement»

La CEDH estime que la requête de Breivik ne relève pas d'une «violation de la Convention» européenne de droits de l'homme. Elle a déclaré sa plainte «irrecevable pour défaut manifeste de fondement».

«C'est un soulagement. Maintenant, on espère qu'on ne parlera plus de lui pendant de très nombreuses années», a déclaré à l'AFP Lisbeth Kristine Røyneland, présidente du groupe de soutien aux victimes du tueur norvégien, qui a elle-même perdu sa fille de 18 ans sur l'île d'Utøya.

Breivik avait saisi la Cour de Strasbourg après avoir épuisé tous ses recours en Norvège, depuis que la Cour suprême a refusé d'examiner son appel en juin 2017.

Il considère que son régime carcéral à la prison de Skien (sud) viole les articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le premier interdit tout traitement «dégradant» ou «inhumain», le second garantit le droit au respect de la vie privée et de la correspondance. Le recours portait essentiellement sur la question de son isolement, selon son avocat Me Øystein Storrvik.

«Prisonnier VIP»

L'État norvégien a toujours rejeté les allégations d'isolement et fait valoir que Breivik était traité comme un «prisonnier VIP» avec trois cellules richement équipées à sa disposition et qu'il a de multiples contacts avec le personnel carcéral, son avocat ou encore un visiteur de prison.

L'extrémiste de 38 ans, qui a changé son nom en Fjotolf Hansen, purge une peine de 21 ans de prison susceptible d'être prolongée indéfiniment.

Le 22 juillet 2011, déguisé en policier, il avait traqué pendant plus d'une heure les participants à un camp d'été de la Jeunesse travailliste piégés sur l'île d'Utøya et abattu 69 d'entre eux, pour la plupart des adolescents. Un peu plus tôt, il avait tué huit autres personnes en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo. Il reprochait à ses victimes de faire le lit du multiculturalisme.

(nxp/afp)