Crise en Grèce

29 juin 2011 15:06; Act: 29.06.2011 22:14 Print

Plan d'austérité adopté sous tension

Le parlement grec a adopté mercredi un plan d'austérité crucial. Dans les rues, on exprime sa colère.

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Dans les rues d'Athènes, la colère gronde. (Photo: AFP)

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La Grèce a adopté mercredi sous haute tension un plan d'austérité crucial pour l'obtention d'une nouvelle aide financière internationale et la préservation de la zone euro. Mais la contestation est vive dans la rue, qui s'inquiète des sacrifices que ce plan implique.

Le plan de rigueur a finalement reçu 154 voix socialistes et une voix dissidente de droite, sur les 298 députés présents (sur 300 sièges) au parlement mercredi, selon un décompte officiel. 138 députés de l'opposition de gauche et de droite ont voté contre. Cinq élus se sont abstenus et deux étaient absents.

Les députés ont voté un par un à l'appel de leur nom et par circonscription. Ils doivent encore voter jeudi sur la loi d'application qui fixe les moyens de réaliser les économies budgétaires prévues dans le plan d'ici 2015.

Le député socialiste Panayotis Kouroublis a voté contre le plan, mais une collègue conservatrice de droite a bravé la consigne de son parti de la Nouvelle-Démocratie et soutenu le plan.

Chantage

Immédiatement après le vote, le premier ministre Georges Papandréou a annoncé l'exclusion de M. Kouroublis du groupe parlementaire. Cette décision réduit à 154 voix sur 300 la majorité dont dispose désormais le gouvernement socialiste.

Le député dissident avait déclaré peu avant le vote qu'il ne pouvait pas accepter le chantage «exercé par la zone euro». Celle-ci a invoqué la probabilité d'une faillite du pays pour exhorter Athènes à adopter un plan jugé «injuste».

Outre la pression persistante de l'UE, les députés grecs ont aussi reçu un avertissement de la toute nouvelle directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). Christine Lagarde a lancé dès sa nomination un appel à «l'entente nationale» politique en Grèce.

Intitulé «Cadre à moyen terme de stratégie budgétaire», le nouveau plan, dicté par l'UE et le FMI, prévoit d'ici 2015 des économies de 28,4 milliards d'euros et des privatisations massives devant rapporter 50 milliards d'euros.

Cinquième tranche le 3 juillet

Depuis le matin, l'Europe entière avait les yeux braqués sur Athènes. Ce projet était une condition sine qua non posée par la zone euro pour la poursuite de son soutien financier, afin d'éviter un défaut de paiement de la Grèce qui l'aurait mise en danger.

«La Grèce fait «un pas vital» pour éviter le défaut, ont estimé le président permanent de l'UE, Herman Van Rompuy, et celui de la Commission européenne, José Manuel Barroso, dans un communiqué commun.

Sur la même ligne, la chancelière allemande Angela Merkel et le nouveau ministre français de l'Economie François Baroin ont salué le vote. Les marchés européens se sont eux aussi réjouis du «nai» (»oui») grec. La Bourse de Paris a terminé en hausse de 1,88%, celle de Francfort en hausse de 1,7%, celle de Londres en hausse de 1,54%.

Si la loi d'application est votée jeudi, les ministres des finances de la zone euro doivent se réunir le 3 juillet pour décider du versement d'une cinquième tranche d'aide du prêt de 110 milliards accordé l'an dernier à la Grèce.

Grève et lacrymogènes

Pendant que les députés débattaient dans une atmosphère tendue, des heurts se sont à nouveau produits sur la place située devant le Parlement. Des milliers de manifestants tentaient d'enfoncer les barrières métalliques dressées pour protéger l'édifice.

«Flics, porcs, assassins», chantait la foule devant un cordon de policiers anti-émeute tandis que des fumées de gaz lacrymogènes recouvraient la place Syntagma. Un petit groupe de protestataires a attaqué les locaux du ministère des Finances, situé à proximité, avant d'être chassés par la police.

Des médecins sur place ont dit avoir soigné 25 personnes pour des blessures bénignes et 192 autres pour des problèmes respiratoires liés à l'inhalation de gaz lacrymogènes.

La grève générale de 48 heures démarrée mardi perturbait par ailleurs pour la deuxième journée les transports aériens, immobilisant aussi aux ports les ferries pour les îles. Les banques et les pharmacies étaient fermées, le secteur public paralysé.

(ats/afp)