Italie

16 décembre 2011 22:22; Act: 16.12.2011 22:29 Print

Plan d'austérité largement approuvé

L'Italie a accepté de se serrer la ceinture, vendredi soir, en adoptant le plan d'austérité du gouvernement Monti.

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Le plan d'austérité a passé la rampe. (Photo: Keystone)

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Les députés italiens ont adopté formellement vendredi soir le plan de rigueur du chef du gouvernement Mario Monti, qui vise l'équilibre budgétaire en 2013. Ils avaient déjà voté la confiance sur le texte à la mi-journée.

Le plan, adopté à une très large majorité, est composé de mesures de réduction du déficit d'environ 20 milliards d'euros d'ici à 2014 et de mesures de relance de plus de 10 milliards. Le gouvernement avait déjà remporté haut la main un vote de confiance, destiné à accélérer l'adoption du plan, par 495 voix contre 88.

Le Sénat devrait entériner définitivement le plan anti-crise la semaine prochaine, à priori sans difficultés.

Approuvé le 4 décembre en conseil des ministres, le plan préparé par le président du Conseil, Mario Monti, qui doit être validé par le Parlement dans un délai de 60 jours, vise à assainir les comptes publics et à enrayer la crise de la dette dans la troisième économie de la zone euro.

Le gouvernement de «techniciens» mis en place par le successeur de Silvio Berlusconi a l'appui d'une très large majorité au Parlement. Les sénateurs devraient approuver à leur tour avant Noël ce plan, probablement lors d'un autre vote de confiance.

Vote de confiance

Mario Monti, ancien commissaire européen, a demandé un vote de confiance à la Chambre des députés pour mettre en place le plan plus vite, évitant de longs débats sur des dizaines d'amendements proposés essentiellement par la Ligue du Nord.

Les deux principales formations parlementaires, le Parti démocrate (PD) de centre gauche et le Parti du Peuple de la Liberté (PDL), de Silvio Berlusconi, soutiennent le gouvernement et le plan d'austérité, même s'ils souhaiteraient l'édulcorer.

«Nous voulions plus mais nous allons continuer notre combat (...) pour soutenir ceux qui n'ont pas de voix», a déclaré le président du groupe PD à la Chambre, Dario Franceschini. «Ce n'est qu'un début. Notre objectif est de sauver le pays», a-t-il dit.

Mesures «staliniennes»

«Nous entrons en récession et nous répondons aux appels (en faveur de) mesures extraordinaires», a dit le chef de file du PDL au Parlement, Fabrizio Cichitto, s'exprimant à côté de Silvio Berlusconi, désormais relégué sur un banc de l'assemblée.

Mais Fabrizio Cichitto a demandé à Mario Monti d'introduire davantage de mesures pour stimuler la croissance et a qualifié de «staliniennes» certaines des propositions destinées à libéraliser plusieurs corps de métiers.

Les pressions du centre-droit ont conduit le nouveau chef du gouvernement à reporter des initiatives visant à réformer certains secteurs, comme les pharmacies, les taxis, les avocats et les notaires, professions très protégées par les syndicats et les corporations qui veulent y maintenir le statu quo.

Autre signe de mécontentement, la Ligue du Nord, passée à présent dans les rangs de l'opposition, et le petit parti centriste de l'Italie des valeurs n'ont pas soutenu le plan.

Habillée en ouvrière

Lors du vote, une parlementaire de la Ligue, Emanuela Munerato, est venue habillée en ouvrière pour montrer que les classes défavorisées seraient les plus touchées par l'austérité. Mercredi, les députés du mouvement xénophobe avaient interpellé Mario Monti au Parlement et brandi des pancartes affirmant: «Ce n'est pas un budget mais un hold-up».

La secrétaire générale du syndicat CGIL, Susanna Camusso, a prévenu mercredi que les mesures d'austérité menaçaient l'Italie d'une «explosion sociale». Plusieurs syndicats, dont la CGIL, prévoient une nouvelle journée d'action juste avant Noël.

Agissant comme une piqûre de rappel de la crise économique que traverse l'Italie, la confédération patronale Confindustria a considérablement revu jeudi ses prévisions économiques pour 2012. Elle ne prévoit plus une croissance de 0,2 % du produit intérieur brut (PIB) mais une contraction de 1,6 %.

Grève des transports

Une grève à l'appel des quatre principales confédérations syndicales italiennes a perturbé vendredi les transports locaux dans les villes italiennes et entraîné la suppression d'un quart des trains, selon les organisations.

Les syndicats souhaitaient protester contre les coupes décidées dans le financement des transports locaux par l'ancien gouvernement de Silvio Berlusconi, et maintenues par son successeur Mario Monti, et contre le non-renouvellement de la convention collective.

(ats)