Italie

22 décembre 2011 16:23; Act: 22.12.2011 16:26 Print

Plan de rigueur adopté, cap mis sur la croissance

Le Sénat italien a définitivement adopté jeudi le plan d'austérité de Mario Monti. Le gouvernement va maintenant s'atteler au «travail énorme» nécessaire pour faire repartir l'économie de la péninsule.

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Le plan a été adopté à une écrasante majorité de 257 voix, tandis que 41 sénateurs ont voté contre. L'issue du vote de confiance ne faisait pas de doutes sur le même texte que celui approuvé vendredi par les députés.

Hormis les partis protestataires Ligue du Nord (droite populiste), ex-allié clé de Silvio Berlusconi, et Italie des Valeurs (gauche), les autres grandes formations s'étaient en effet engagées à voter ce plan, non sans quelques grincements de dents sur ses aspects les plus impopulaires.

L'adoption de ce plan «d'extrême urgence» va permettre à l'Italie d'»affronter la tête haute la très grave crise européenne», a déclaré M. Monti aux sénateurs, avant le vote.

Même si la situation reste «très critique», «nous devons avoir confiance en nous mêmes», a-t-il insisté. Et d'appeler les Italiens à acheter de la dette pour soutenir leur pays.

Sacrifices indispensable

Composé de mesures de réduction du déficit d'environ 20 milliards d'euros, ce plan, qui a provoqué la grogne des syndicats, durcit le régime des retraites. Il prévoit aussi de nombreuses hausses d'impôts, en particulier sur les biens immobiliers jusque-là peu touchés, ou les capitaux cachés au fisc et régularisés par le gouvernement Berlusconi, afin de faire payer aussi les Italiens les plus aisés.

Des sacrifices indispensables, selon M. Monti. Sans ce plan, l'Italie, qui croule sous une dette représentant environ 120% de son PIB, aurait pu connaître le même sort que la Grèce, estime le président du Conseil.

S'ajoutant à deux cures d'austérité d'un montant global de 60 milliards d'euros adoptées en juillet et en septembre, ce nouveau plan de rigueur doit permettre à l'Italie d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2013 et de tenir ainsi la promesse faite à Bruxelles et aux marchés.

Les députés avaient tout de même réussi à imposer la semaine dernière à M. Monti des amendements pour relever le seuil du gel de l'indexation des retraites sur l'inflation ou alléger l'impôt sur la résidence principale.

Mesures de relance

Au-delà de la rigueur, l'un des trois piliers de l'action gouvernementale avec l'»équité» et la «croissance», ce plan contient aussi plus de 10 milliards de mesures de relance passant notamment par des réductions d'impôts pour les entreprises embauchant des femmes ou des jeunes.

Mais ce n'est qu'un premier pas pour le gouvernement. M. Monti compte maintenant s'attaquer - sous l'oeil du FMI dont la mission de surveillance commencera début 2012 - aux réformes destinées à faire repartir l'économie du pays. Celle-ci est plombée par l'austérité, qui a déjà mis un pied dans la récession au troisième trimestre.

Le professeur d'économie a appelé l'ensemble de l'Europe à dépasser la seule rigueur et à «poursuivre l'objectif de la croissance durable, de l'emploi, de la cohésion».

«Il reste un travail énorme pour libérer l'économie italienne des freins qui depuis trop longtemps ont ralenti sa croissance», a estimé M. Monti. Il a reçu mercredi les leaders des grands partis pour déminer le terrain car le parcours de cette deuxième phase semble déjà semé d'embûches.

(ats)