Pollution

24 mai 2019 07:22; Act: 24.05.2019 07:51 Print

Plastique: le Brésil ne recycle «presque rien»

La directrice du centre de tri des déchets à Rio se désole de voir son pays recycler aussi peu ses ordures qui débordent de partout.

Quelque 7,7 millions de tonnes de plastique se retrouvent dans des décharges à ciel ouvert au Brésil, une grande partie du reste se déversant dans les océans, lacs ou rivières.
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Debout sur une montagne de sacs en plastique, de cannettes de boissons et de bouteilles de détergent, Evelin Marcele se désole de voir son pays, le Brésil, recycler aussi peu ses ordures.

On ne recycle «presque rien» dit la directrice de CoopFuturo, coopérative de traitement des déchets de Rio de Janeiro, où le plastique représente 60% des quelque 120 tonnes d'ordures qu'elle reçoit chaque mois.

11,4 millions de tonnes de déchets de plastique

Le Brésil est le 4e producteur de déchets de plastique au monde, derrière les Etats-Unis, la Chine et l'Inde, d'après un récent rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF). Mais l'immense pays latino-américain ne recycle que 1,28% des 11,4 millions de tonnes de déchets de plastique qu'il génère chaque année, bien en-dessous de la moyenne mondiale de 9%.

On estime ainsi que 7,7 millions de tonnes de plastique se retrouvent dans des décharges à ciel ouvert au Brésil, une grande partie du reste se déversant dans les océans, lacs ou rivières.

«Les gens consomment davantage, produisent plus de déchets et le gouvernement n'a pas donné aux villes l'infrastructure nécessaire pour faire face à ce problème», explique à l'AFP Anna Lobo, du WWF-Brésil.

«90% des Brésiliens disent qu'ils sont conscients des problèmes de l'environnement», mais «en réalité peu de gens changent leurs habitudes», ajoute-t-elle.

Chaque année, plus de 300 millions de tonnes de déchets de plastique sont produits dans le monde, et au moins 5.000 milliards de morceaux de plastique flottent dans les océans, selon des études scientifiques.

Gros consommateurs de plastique

Alors que de nombreux pays se sont engagés à réduire significativement les sacs en plastique à usage unique au cours de la décennie, le Brésil est «très en retard», dit Evelin Marcele, tandis que des employés de CoopFuturo fouillent avec des gants noirs une pile de déchets, à la recherche de matières recyclables.

«Infrastructure, assistance, nous n'avons rien de tout cela», se plaint la Brésilienne de 40 ans, «les dirigeants ne s'en soucient pas».

Les Brésiliens sont de gros consommateurs de sacs en plastique, qui sont donnés, au supermarché ou au marché, parfois pour les achats les plus insignifiants et souvent même utilisés en double pour être plus solides.

Les sacs réutilisables proposés à 5,50 réais (1,2 euro) n'attirent pas les clients. Un jus de fruit frais acheté dans un des cafés proches de la plage est vendu dans un verre en plastique, avec un couvercle en plastique, et est emporté dans un sac en plastique.

Un plat à emporter est le plus souvent vendu avec un sachet en plastique contenant des couverts en plastique.

«Je n'ai pas d'autre moyen de rapporter mes courses chez moi», dit Israel Washington, assis dans un bar, plusieurs sacs en plastique contenant de l'épicerie posés à côté de lui. «Je devrais avoir un sac (réutilisable) sur moi, mais je n'en ai pas», dit-il.

Interdire le plastique

Quelques lois ont pourtant permis, dans certaines régions, de changer les habitudes. Rio de Janeiro a interdit récemment l'usage des pailles en plastique et Sao Paulo a banni les sacs en plastique faits à partir de dérivés pétroliers.

Le Sénat se penche actuellement sur une proposition de loi visant à interdire la fabrication, la distribution et la vente de plastique à usage unique, comme les pailles et les sacs.

CoopFuturo est l'une des 22 coopératives de tri des ordures de Rio, une ville de plus de six millions d'habitants. Elle reçoit les ordures de Coleta Seletiva, un service municipal, et revendent les matériaux recyclés à des entreprises spécialisées.

Mais sur les 40% de déchets ménagers potentiellement recyclables, Coletiva Seletiva et les autres compagnies indépendantes n'en reçoivent que 7%, a expliqué une responsable de la municipalité, expliquant que les foyers ne font que rarement le tri sélectif.

«Beaucoup de gens ne reconnaissent toujours pas les problèmes que les ordures posent à la mer», se désole Paulo Salomao, biologiste à l'Aquarium de Rio, une ville baignée par l'océan.

«On ne voit toujours pas la prise de conscience qui permettrait aux gens de changer leurs habitudes», abonde Anna Lobo, au WWF.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Jean Rage le 24.05.2019 08:09 Report dénoncer ce commentaire

    vie pas cher

    Rien de nouveau sous le soleil. Asie pareil. La prochaine fois que vous paierez vos vacances bon marché à l'autre bout du monde, regardez mieux comment les déchets sont (pas) gérés. Avec les même normes que nous, la vie sur place avec les taxes et les impôts permettant de s'occuper de l'environnement feraient exploser votre budget vacances lowcost. Ici tout est cher, mais c'est pas le boxon. ABE

  • ping-pong le 24.05.2019 08:10 Report dénoncer ce commentaire

    Tranquillou

    Pas de soucis, grâce à nos taxes, vos déchets vont s'auto-trier, l'argent à un pouvoir phénoménal

  • GG le 24.05.2019 09:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'argent ça change tout

    Au final, tout le monde se plaint, mais dans ce monde dès y'a de l'argent en jeux, les gens sont tout de suite plus conciliant, pauvre monde...

Les derniers commentaires

  • K-roline le 24.05.2019 20:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ...

    Et après c'est nous qu'on accuse de pollution et qui devons payer des taxes et des sacs .. ou alors les gens accusent le pet et le rot des vaches ... lol

  • Heiden le 24.05.2019 15:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    en suisse

    on suisse nous sommes plus intelligents, on envoie les déchets en Chine et en Afrique, c est comme ça le recyclage dans les pays développés

    • Pétrole vénézuélien le 24.05.2019 22:12 Report dénoncer ce commentaire

      @Heiden

      Oui! Les produits de très mauvaise qualité et bien emballés sont systématiquement envoyés dans ces pays. Sans oublier des produits nocifs, ~600 fois supérieur à la norme acceptable ici, par exemple le pétrole raffiné...

  • Claude52 le 24.05.2019 13:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bonne chance

    Faites vos achats dans les centres commerciaux et vous verrez que pour par exemple 3o articles vous allez recevoir 10 sacs gratuits,qui vont servir pour les poubelles qui ne sont pas taxées,Le système n'est pas appelé à changer.

  • Gnouffe56 le 24.05.2019 13:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Sacs gratuits et taxes plastique

    1,20 Euros le sac au Brésil ??? C'est extrêmement cher pour ce pays, d'autant plus pour les millions de pauvres. Ils préfèrent faire manger leur famille pour le même prix, évidemment... Le Brésil devrait taxer 1) les riches producteurs de plastique brésiliens 2) Les importateurs d'objets de plastique (Chine...) 3) les magasins qui distribuent les sachets plastique (ou utiliser du papier recyclé) 4) Les emballages inutiles de plastique 5) Les produits jetables en plastique pour freiner la consommation Et pour les habitants, installer des centres de tris, distribuer des sacs recyclables et échangeables gratuitement, faire des spots télévisés et des cours à l'école, et pourquoi pas rétribuer des jeunes et chômeurs pour ramasser et trier les déchets y compris dans l'eau (avec équipements et protection sociale). Avec l'argent des taxes, sans oublier le reste de l'immense travail à faire niveau écologie dans ce pays. A faire aussi en Inde, Thaïlande, etc...

  • Antoine le 24.05.2019 12:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Non à de nouvelles taxes

    La moyenne mondiale est de 9 % En Suisse la moyenne Suisse de recyclage est au delà de 50 % mais pour les écolo c'est nous les mauvais élèves et on doit encore nous ajouter des taxes pour sauver le monde. C'est inacceptable de nous rajouter encore des taxes alors que beaucoup de gens ont du mal à finir le mois avec leur salaire.