Attentat en Irak

03 juin 2011 21:14; Act: 03.06.2011 21:18 Print

Plus de 20 morts et 74 blessés à Tikrit

Une série d'attentats a secoué l'Irak, vendredi. Plus de 20 personnes auraient perdu la vie.

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Au moins 21 personnes ont péri et 74 ont été blessées vendredi dans une série d'attentats contre une mosquée et un hôpital de Tikrit, en Irak, selon des sources médicales et de sécurité. Cette ville, située à 160 km au nord de Bagdad, est l'ancien fief de Saddam Hussein.

Une bombe dissimulée dans un bidon d'essence a tout d'abord explosé vers 12h45 locales (11h45 suisses), peu après la fin de la grande prière du vendredi, à l'entrée d'une mosquée du centre-ville. Puis, en début de soirée, un kamikaze a activé sa ceinture d'explosifs dans l'hôpital où les blessés de l'attentat se faisaient soigner.

Walid al-Douri, médecin dans cet établissement, a indiqué à l'AFP que l'hôpital avait reçu 19 corps après le premier attentat et admis 72 blessés. A Bagdad, un responsable du ministère de l'Intérieur a lui fait état, sous couvert de l'anonymat, d'un bilan de 17 morts et 50 blessés dans la première explosion, et de six morts et 10 blessés dans la seconde.

En soirée, l'hôpital a encore été la cible d'un attentat suicide qui a fait deux morts et deux blessés, a indiqué sous couvert de l'anonymat un responsable de la sécurité à Tikrit.

Couvre-feu

La mosquée visée par le premier attentat se trouve à l'intérieur d'un complexe de palais en théorie très sécurisé construit sous l'ancien régime de Saddam Hussein. Elle est généralement fréquentée par des notables de la ville.

Deux membres du conseil provincial ont été blessés dans la mosquée, selon un médecin. Un juge a également été touché par cette explosion, selon des sources locales de sécurité.

Le commandement des opérations de la province de Salaheddine, dont Tikrit est la capitale, a annoncé dans un communiqué l'entrée en vigueur à 19h30 locales (18h30 suisses) d'un couvre-feu pour les véhicules et les piétons.

Attentats quotidiens

Ces attentats sont intervenus au lendemain de la mort d'au moins 10 personnes dans une série d'attaques à proximité du siège du gouvernorat de la province voisine d'Al-Anbar, à Ramadi, à 100 km à l'ouest de Bagdad, selon des responsables des services de sécurité.

Tikrit est un bastion sunnite et l'ancien fief de l'ex-président Saddam Hussein, renversé en 2003 par l'invasion américaine. La ville reste encore régulièrement la cible d'attentat et d'opérations armées qui, à moins de sept mois de la date fixée pour le retrait américain, continuent de poser la question de la capacité des forces de sécurité locales à protéger le pays.

Le 29 mars, un commando armé avait tenu tête pendant plusieurs heures aux forces de sécurité en se retranchant dans le conseil provincial de la ville. Cette opération, qui avait fait 58 morts, a été revendiquée par l'Etat islamique en Irak, branche locale d'Al- Qaïda.

Le 18 janvier, au moins 50 personnes avaient péri et 150 avaient été blessées dans un attentat suicide commis contre un centre de recrutement de la police de cette ville.

Les violences en Irak sont aujourd'hui sans commune mesure avec le niveau qu'elles avaient atteint lors des heurts confessionnels de 2006 et 2007, mais les attentats y sont encore quotidiens.

(ats/afp)