Brésil

22 février 2020 04:06; Act: 22.02.2020 07:06 Print

Plus de 50 meurtres en deux jours dans un État

Dans l'État de Ceara, l'absence de police militaire, qui s'est mutinée, a déclenché une vague d'homicides.

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Les véhicules de la police militaire, à l'arrêt, dans l'État brésilien de Ceara. (Photo: Keystone)

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L'État brésilien de Ceara (nord-est), où la police militaire s'est mutinée pour obtenir de meilleurs salaires, a enregistré 51 assassinats en deux jours, soit cinq fois plus que la moyenne quotidienne, a annoncé vendredi l'agence de presse officielle Brasil.

Ces homicides ont tous eu lieu entre 06H00 (10H00 en Suisse) mercredi et 06H00 vendredi, soit près de cinq fois plus que la moyenne de six assassinats par jour, enregistrés dans cet État depuis le début de l'année, selon Agencia Brasil, citant le secrétariat pour la sécurité de cet État. Le gouvernement du président Jair Bolsonaro a décidé d'envoyer vendredi des forces militaires et la Garde nationale pour renforcer la sécurité à Ceara.

«C'est quelque chose de sérieux. Si nous sommes en état de guerre urbaine, alors nous devons envoyer des gens pour résoudre ce problème», a déclaré Jair Bolsonaro. Des effectifs de la police militaire ont décidé de se mutiner cette semaine après l'échec de négociations sur des hausses de salaires.

Un sénateur blessé par balles

Selon les médias locaux, au moins dix bataillons de cette police militaire, sur les 43 que compte l'État, ont été investis par des policiers armés et masqués, où des vols de voitures de police et des destructions d'installations ont également été répertoriés.

Mercredi, le sénateur de centre-gauche Cid Gomes a été blessé par balles après avoir tenté, aux commandes d'une pelleteuse, de briser un piquet de grève de policiers mutinés à Sobral, ville située à 230 km de Fortaleza, la capitale de cet Etat. L'état de santé de cet ancien ministre de l'Éducation du gouvernement de l'ex-présidente Dilma Rousseff (2011-2016) est stable, selon des sources médicales.

Plus de 300 policiers militaires font l'objet d'enquêtes ou de mesures disciplinaires pour leur participation présumée dans des actes de paralysie ou de vandalisme, selon les médias. La justice brésilienne, sur demande du procureur, avait interdit lundi à la police tout acte de paralysie.

Avec une population de quelque 8,8 millions d'habitants, l'État de Cerea avait été paralysé il y a un an par plus de 200 attaques de la part de factions criminelles, mécontentes du durcissement des conditions de détention dans les prisons de l'État.

(nxp/afp)