Irak

24 juillet 2014 09:27; Act: 24.07.2014 12:51 Print

Plus de cinquante détenus tués dans une attaque

L'attaque d'un autobus transportant des prisonniers jeudi en Irak a coûté la vie à 51 détenus et neuf policiers. Des sources médicales et le ministère de la Justice l'ont annoncé jeudi.

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«Au moins 60 personnes ont été tuées dans une attaque suicide suivie par des explosions et des fusillades», a confirmé un responsable du ministère irakien de l'Intérieur. Ce dernier a indiqué que l'attaque avait visé un convoi de sécurité escortant un bus qui transférait une soixantaine de prisonniers, dont de nombreux détenus pour des affaires de terrorisme, depuis la prison principale de Taji, à 25 km au nord de Bagdad.

Des kamikazes et d'autres hommes armés s'en sont pris aux forces de sécurité provoquant d'intenses combats.

Des sources sécuritaires et médicales avaient précédemment indiqué qu'au moins 50 prisonniers avaient péri. Il n'était toutefois pas clair dans l'immédiat dans quelles circonstances exactes les détenus sont morts. Dix-huit autres personnes ont été blessées lors des heurts.

Cet assaut intervient environ un an après des attaques d'insurgés contre deux prisons, celle de Taji et celle d'Abou Ghraib, dans l'ouest du pays, qui avait fait 20 morts parmi les membres des forces de sécurité.

Gouvernement d'union

La formation d'un véritable gouvernement d'union est nécessaire en Irak pour surmonter la menace d'une division confessionnelle et ethnique du pays, a affirmé jeudi à Bagdad le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. «L'Irak est face à une menace existentielle», a observé M. Ban lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

«Il faut que cela soit un gouvernement dans lequel tous les Irakiens se sentent représentés», a ajouté Ban Ki-moon au cours de cette visite non annoncée à l'occasion d'une tournée dans la région centrée sur la crise à Gaza.

Alors que des insurgés sunnites se sont emparés de vastes pans de territoires et que les Kurdes parlent de plus en plus de sécession, de profondes divisions rendent laborieux le processus de renouvellement des instances dirigeantes du pays après les élections législatives du 30 avril.

La coalition chiite de M. Maliki est arrivée en tête du scrutin, mais sans majorité claire, et les appels se multiplient en Irak comme à l'étranger pour tenter de pousser le Premier ministre, vivement critiqué pour son autoritarisme et son choix de marginaliser les sunnites, à céder la place après huit ans au pouvoir.

Après l'élection d'un président du Parlement, le sunnite Salim al-Joubouri, l'heure est au choix d'un président de la République, un poste traditionnellement révolu à un Kurde. Celui-ci devra alors désigner un Premier ministre. Mercredi soir, les principaux groupes kurdes se sont accordés sur la désignation de leur candidat en la personne de Fouad Massoum, un vétéran de la politique irakienne.

(ats)