Arabie saoudite

18 septembre 2019 19:10; Act: 19.09.2019 08:20 Print

Pompeo évoque «un acte de guerre» de l'Iran

Le secrétaire d'Etat américain, dépêché en Arabie saoudite, a qualifié l'attaque contre des infrastructures pétrolières du royaume d'«acte de guerre».

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Mike Pompeo à son arrivée en Arabie saoudite. (Photo: Keystone)

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Mike Pompeo a attribué l'attaque de drones de nouveau à l'Iran, peu après la présentation d'une enquête saoudienne selon laquelle Téhéran a «incontestablement parrainé» l'attaque.

«C'était une attaque iranienne. Ce n'est pas venu des Houthis», a déclaré à la presse Mike Pompeo. «Les équipements utilisés ne sont pas connus comme faisant partie de l'arsenal» des rebelles chiites yéménites, qui ont revendiqué les attaques», a ajouté le secrétaire d'Etat, dépêché en Arabie saoudite par Donald Trump pour «coordonner les efforts pour contrer l'agression iranienne dans la région».

Mais les rebelles ont de nouveau revendiqué les attaques et même menacé de frapper «des dizaines de cibles» aux Emirats arabes unis, alliés de Ryad au sein de la coalition qui intervient depuis 2015 au Yémen pour soutenir le gouvernement contre la rébellion.

Drones et missiles

Ryad a de son côté accusé l'Iran d'avoir «incontestablement parrainé» les attaques. Lors de la présentation d'une enquête officielle, le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, Turki al-Maliki, a dévoilé des débris de «drones» et de «missiles de croisière».

Selon lui, 18 drones et sept missiles de croisière ont frappé samedi deux sites saoudiens après avoir été tirés du «Nord», or le Yémen est situé au sud du royaume. Une enquête doit déterminer l'origine exacte des tirs, a-t-il dit. Le responsable saoudien n'a toutefois pas accusé directement l'Iran d'avoir lancé les attaques depuis son territoire.

Hesameddin Ashena, conseiller du président iranien, a qualifié sur Twitter cette présentation de «désastre médiatique» pour l'Arabie saoudite, le lieu de fabrication et de lancement des missiles n'ayant visiblement pas pu être établi.

L'Iran dément avoir joué le moindre rôle dans les attaques contre son grand rival régional, qui ont fait baisser de moitié la production de pétrole du royaume et fait flamber temporairement les prix du brut. Téhéran apporte en revanche un soutien politique aux Houthis.

Sanctions durcies

Sur Twitter, Donald Trump a annoncé mercredi avoir ordonné un durcissement «substantiel des sanctions» contre l'Iran et ajouté plus tard qu'il en précisera les détails «d'ici 48 heures». Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a dénoncé des sanctions «illégales» et «inhumaines» qui «ciblent les citoyens ordinaires».

Washington a déjà réimposé de lourdes sanctions à l'Iran depuis que le milliardaire républicain a retiré son pays en mai 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015.

«Il y a beaucoup d'options (pour répondre à l'Iran). Il y a l'option ultime et il y a des options bien moins élevées que cela», a tweeté Donald Trump. Selon les services du premier ministre britannique Boris Johnson, ce dernier s'est entretenu avec Donald Trump sur la nécessité d'une «réponse diplomatique unie» de la communauté internationale après les attaques.

»Enquête objective«

Lors de sa visite en Arabie saoudite, Mike Pompeo a rencontré le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui s'est déjà entretenu au téléphone avec le président russe Vladimir Poutine - qui «a appelé à une enquête approfondie et objective» - et avec le Français Emmanuel Macron, qui va envoyer des experts pour participer à l'enquête saoudienne. Les Nations Unies enverront également leurs experts, selon des sources diplomatiques.

Le prince héritier a estimé mercredi que les attaques permettaient de tester «la volonté internationale de lutter contre les opérations de sabotage qui menacent la sécurité et la stabilité mondiales», selon l'agence officielle saoudienne SPA.

«Plus qu'une menace»

Dans une note transmise lundi à l'ambassade de Suisse à Téhéran, la République islamique a nié et condamné les accusations américaines. Elle a assuré que si «une action devait être prise contre l'Iran», Téhéran y répondrait «immédiatement» avec «une portée bien plus grande qu'une simple menace», selon l'agence officielle Irna.

Les attaques contre l'Arabie saoudite ont réveillé la crainte d'une confrontation militaire avec l'Iran, alors que Washington et Téhéran ont frôlé l'affrontement direct en juin. Donald Trump avait alors dit avoir annulé in extremis des frappes contre des cibles iraniennes après que Téhéran eut abattu un drone américain.

(nxp/afp)