Attaques en Arabie

19 septembre 2019 18:35; Act: 20.09.2019 02:29 Print

Pompeo pour une solution pacifique avec l'Iran

Le secrétaire d'Etat américain, en visite aux Emirats arabes unis, a affirmé vouloir bâtir une coalition destinée à parvenir à la paix avec l'Iran.

storybild

(Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, en tournée dans le Golfe, a assuré jeudi à Abou Dhabi que les Etats-Unis privilégiaient une «solution pacifique» avec l'Iran. Il accuse Téhéran d'être à l'origine de la récente attaque contre l'Arabie saoudite.

Mike Pompeo a rencontré le puissant prince héritier d'Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed Al-Nahyane. A l'issue de leur entretien, il a évoqué devant des journalistes l'existence d'un «consensus» dans le Golfe sur la responsabilité de l'Iran.

«Nous sommes ici pour bâtir une coalition destinée à parvenir à la paix et à une solution pacifique», a déclaré le chef de la diplomatie américaine avant de s'envoler pour Washington. Il a dit espérer que l'Iran voit les choses «de la même manière».

Interrogé par la chaîne de télévision américaine CNN, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a déclaré qu'une frappe des Etats-Unis ou de l'Arabie saoudite déclencherait «une guerre totale». Il a ajouté que son pays ne voulait «pas la guerre» mais ne tremblerait pas s'il s'agissait de «se défendre».

Crainte d'escalade

Le récent durcissement de la position américaine a fait craindre une escalade armée, après les frappes ayant visé le 14 septembre le coeur de l'industrie pétrolière saoudienne et entraîné une réduction de moitié de la production d'or noir du premier exportateur mondial. En Arabie saoudite mercredi, M. Pompeo a rencontré le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a qualifié l'attaque de «véritable test» de la volonté mondiale face à l'Iran.

Les deux parties «ont convenu que le régime iranien doit être tenu responsable de son comportement agressif, imprudent et menaçant», a déclaré la porte-parole du département d'Etat, Morgan Ortagus. Mercredi, Ryad a dévoilé de nouveaux résultats de son enquête et assuré que l'attaque a été «incontestablement parrainée par l'Iran».

Soutenus par Téhéran, les rebelles du Yémen, ont revendiqué plusieurs fois cette attaque, menaçant également de cibler les Emirats arabes unis, un membre clé de la coalition anti-Houthis qui intervient depuis 2015 au Yémen pour soutenir le gouvernement reconnu par la communauté internationale. Mais Washington et Ryad ont exclu cette hypothèse, affirmant que c'était au-delà de leurs capacités. Selon Ryad, l'attaque venait «du Nord».

Les Houthis ont déjà atteint des douzaines de cibles en Arabie Saoudite. Leur arsenal, en expansion, a révélé la vulnérabilité du royaume malgré ses importantes dépenses militaires. Mais la double attaque de samedi est d'une autre ampleur que les précédentes.

«Accuser à tort»

Tard mercredi, la chaîne américaine CBS News a cité un responsable américain anonyme selon lequel le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait lui-même approuvé l'attaque, à condition qu'elle soit menée de manière à nier l'implication iranienne.

Le commandant des Gardiens de la révolution iraniens, le général de division Hossein Salami, a reproché jeudi aux Etats-Unis de les «accuser à tort d'être derrière tout incident» dans la région. Une enquête internationale est en cours. L'ONU a annoncé jeudi l'arrivée d'experts en Arabie saoudite pour démarrer leur mission «à l'invitation des autorités» du pays.

Selon le New York Times, l'armée américaine a dressé une liste de cibles iraniennes, y compris la raffinerie de pétrole d'Abadan, l'une des plus grandes au monde, ou l'île de Khark, la plus importante installation d'exportation de pétrole du pays.

Parmi les autres cibles potentielles figurent les sites de lancement de missiles et d'autres actifs des Gardiens de la Révolution, ainsi que les bases du sud-ouest, où des activités inhabituelles laissent à penser qu'ils ont joué un rôle dans les frappes.

Selon Cinzia Bianco, analyste sur le Moyen-Orient au Conseil européen des relations internationales, «la pensée dominante (en Arabie saoudite) veut que les Etats-Unis ciblent les infrastructures sensibles en Iran afin de minimiser ou d'exclure tout coût humain».

(nxp/ats)