Offensive turque en Syrie

16 octobre 2019 21:59; Act: 17.10.2019 11:31 Print

Trump: les Kurdes du PKK sont «pires» que l'EI

Tout en réfutant avoir donné un «feu vert» à Erdogan en Syrie, le président US a affirmé que la milice kurde constitue «une plus grande menace terroriste» que Daech.

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Nouvelle arrestation d'un maire prokurde en Turquie ce vendredi. Une opération lancée par le gouvernement Erdogan, dans le sillage du déclenchement le 9 octobre par la Turquie d'une offensive dans le nord-est de la Syrie contre la milice kurde des Unités de protection du peuple. (8 novembre 2019) Un responsable américain dénonce les «efforts déterminés de nettoyage ethnique» de la part d'Ankara et de ses alliés à l'encontre des Kurdes en Syrie. (7 novembre 2019) Au moins 13 personnes ont été tuées samedi dans l'explosion d'une voiture piégée sur un marché à Tal Abyad, ville contrôlée par les forces turques dans le nord de la Syrie. (Samedi 2 novembre 2019) Le président syrien Bachar al-Assad a déclaré jeudi qu'il ne voulait pas faire de la Turquie un «ennemi», malgré le déploiement turc dans le nord du pays. (Vendredi 1er novembre 2019) Le retrait des forces kurdes du nord du pays achevé, les premiers combats entre soldats syriens et turcs ont eu lieu mardi. (Mercredi 30 octobre 2019) La Russie a affirmé mardi que le retrait des forces kurdes dans le nord de la Syrie, conformément à l'accord russo-turc, avait été terminé «plus tôt que prévu». (Mardi 29 octobre 2019) Pendant que les Russes patrouillent dans le nord-est de la Syrie, Washington a annoncé jeudi des renforts militaires pour protéger les champs de pétrole. (24 octobre 2019) Les Forces démocratiques syriennes se sont retirées de plusieurs positions dans la région de Hassaké, au nord-est de la Syrie. (Jeudi 24 octobre, photo d'illustration) Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg se refuse à condamner l'opération militaire turque contre les Kurdes de Syrie. (Jeudi 24 octobre) Conformément à l'accord conclu entre Moscou et Ankara, les militaires russes ont atteint la frontière syro-turque pour encadrer le retrait des forces kurdes. (Mercredi 23 octobre 2019) , émissaire américain pour la Syrie, a reconnu qu'une centaine de prisonniers du groupe Etat islamique avaient profité de l'offensive turque en Syrie pour s'échapper. (Mercredi 23 octobre 2019) Les présidents russe et turc se sont accordés mardi sur un retrait des forces kurdes du nord-est de la Syrie, ainsi que sur le contrôle de la frontière. (Mardi 22 octobre 2019) Les combattants kurdes ont fait savoir mardi à l'administration américaine s'être totalement retirés de la zone de sécurité voulue par la Turquie au nord de la Syrie, quelques heures avant la fin de la trêve. (Mardi 22 octobre 2019) Des véhicules militaires américains avec des soldats à bord sont passés sur le pont du poste-frontière de Fichkhabour, aux confins des territoires irakien, syrien et turc. (21 octobre 2019) Le président turc Recep Tayyip Erdogan a averti vendredi que l'offensive dans le nord-est de la Syrie reprendrait dès mardi soir si les forces kurdes ne se retirent pas de ce secteur comme prévu dans l'accord de trêve. (18 octobre 2019) La Turquie va suspendre son offensive dans le nord de la Syrie pendant cinq jours et y mettre fin après un retrait des forces kurdes de ce secteur durant ce délai, a annoncé jeudi le vice président américain Mike Pence à Ankara. (Jeudi 17 octobre 2019) Le vice-président américain Mike Pence a rencontré à Ankara le président turc Recep Tayyip Erdogan pour tenter de négocier un cessez-le-feu. (Jeudi 17 octobre 2019) L'administration semi-autonome kurde assure que la Turquie utilise des armes non conventionnelles. Cette information n'a pas pu être confirmée ni par l'AFP ni par l'Observatoire des droits de l'Homme en Syrie qui assure néanmoins avoir dû faire face à des blessures du type brûlures ces derniers jours. Jeudi 17 octobre 2019. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, près de 300'000 civils ont fui les combats en huit jours. (17 octobre 2019 «Le PKK, qui fait partie des Kurdes, est probablement pire en termes de terrorisme et une plus grande menace terroriste en bien des aspects que l'EI», a déclaré Donald Trump. (Mercredi 16 octobre 2019) Les troupes du régime syrien ainsi que des soldats russes sont entrés mercredi dans la ville kurde de Kobané pour contenir une offensive d'Ankara, selon une ONG. (Mercredi 16 octobre 2019) Washington va tenter mercredi en Turquie de négocier un «cessez-le-feu» dans le nord de la Syrie où de violents combats turco-kurdes persistent. (16 octobre 2019) Dans une tribune au «Wall Street Journal», le dirigeant turc cherche à apaiser les inquiétudes des Occidentaux, qui craignent une résurgence de l'EI et la fuite de ses combattants. (15 octobre 2019) Importants combats près de la frontière turque. (14 octobre 2019) Les Kurdes de Syrie, lâchés par Washington, ont annoncé dimanche soir avoir conclu un accord avec Damas pour le déploiement de l'armée syrienne dans le nord du pays. (13 octobre 2019) Près de Tal Abyad, de «violents combats» se déroulent dans la localité de Suluk. (Dimanche 13 octobre 2019) A Ras al-Aïn, les forces kurdes ont fait reculer les militaires turcs et leurs supplétifs syriens. (Dimanche 13 octobre 2019) Lors des violences nocturnes, 17 combattants proturcs ont été tués à Ras al-Aïn ou par des tireurs embusqués des forces kurdes. (Dimanche 13 octobre 2019) Depuis le début mercredi de l'offensive turque contre une milice kurde syrienne, plus de 130'000 personnes ont été déplacées. (Dimanche 13 octobre 2019) Recep Tayyip Erdogan a affirmé ce vendredi soir que l'offensive dans le nord de la Syrie se poursuivrait en dépit des avertissements américains. (11 octobre 2019) Des personnes se rassemblent sur le site d'une explosion dans la ville de Qamishli, le 11 octobre 2019. Vue de la ville syrienne de Tal Abyad depuis le côté turc. Un premier soldat turc a perdu la vie, ont annoncé les autorités. (jeudi 10 octobre 2019) L'offensive d'Ankara contre une milice kurde dans le nord-est de la Syrie a provoqué jeudi la fuite de milliers de civils face à l'avancée des forces turques et suscite un tollé international. (10 octobre 2019) Le président américain a évoqué jeudi une possible médiation américaine dans le conflit entre Kurdes et Turcs. (10 octobre 2019) Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a condamné sur la RTS l'opération militaire turque en Syrie. (10 octobre 2019) Des combattants de l'ASL soutenus par la Turquie se dirigent vers la ville syrienne de Tal Abyad depuis la ville frontalière turque d'Akcakale. (10 octobre 2019) La population se met à l'abri des tirs de mortiers. (10 octobre 2019) Colonnes de fumée a. (10 octobr 2019)près des bombardements dans la ville de Ras al-Ein L'offensive turque a jeté des milliers de civils kurdes sur les routes, fuyant la ville de Ras al-Ein. (Jeudi 10 octobre 2019) L'objectif des forces turques et leurs supplétifs syriens semblent être la ville de Ras al-Ein, soumise à un feu d'artillerie et des bombardements intenses. (Jeudi 10 octobre 2019) La Turquie a dépêché d'importants renforts dans sa zone frontalière avec la Syrie. (Jeudi 10 octobre 2019) Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé jeudi d'ouvrir les portes de l'Europe à des millions de réfugiés en réponse aux critiques européennes contre l'offensive turque. (Jeudi 10 octobre 2019) Selon des médias turcs, des membres des forces spéciales turques et des blindés, appuyés par des combattants syriens, ont pénétré en Syrie. (9 octobre 2019) Des militaires turcs et leurs supplétifs syriens ont pénétré dans le nord-est de la Syrie. (9 octobre 2019) Selon Ankara, l'objectif de cette nouvelle offensive, la troisième en trois ans, est de créer une «zone de sécurité». (9 octobre 2019) Des «milliers» de personnes ont fui mercredi les frappes aériennes d'Ankara visant des secteurs du nord de la Syrie situés à la frontière avec la Turquie. (9 octobre 2019) Des «milliers» de personnes ont fui mercredi les frappes aériennes d'Ankara visant des secteurs du nord de la Syrie situés à la frontière avec la Turquie. (9 octobre 2019) Des «milliers» de personnes ont fui mercredi les frappes aériennes d'Ankara visant des secteurs du nord de la Syrie situés à la frontière avec la Turquie. (9 octobre 2019) Des «milliers» de personnes ont fui mercredi les frappes aériennes d'Ankara visant des secteurs du nord de la Syrie situés à la frontière avec la Turquie. (9 octobre 2019) L'opération militaire en cours «ne donnera pas de résultat», a affirmé Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen à Bruxelles. (9 octobre 2019) «Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara, NDLR) ont débuté l'opération Source de paix dans le nord de la Syrie». (9 octobre 2019) «Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara, NDLR) ont débuté l'opération Source de paix dans le nord de la Syrie». (9 octobre 2019) Legende«Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara, NDLR) ont débuté l'opération Source de paix dans le nord de la Syrie». (9 octobre 2019) «Les Forces armées turques et l'Armée nationale syrienne (des rebelles syriens soutenus par Ankara, NDLR) ont débuté l'opération Source de paix dans le nord de la Syrie». (9 octobre 2019) Le président turc Erdogan annonce le début d'une nouvelle opération militaire contre la milice kurde des Unités de protection du peuple. (9 octobre 2019) Le président turc Erdogan annonce le début d'une nouvelle opération militaire contre la milice kurde des Unités de protection du peuple. (9 octobre 2019) «Nous proclamons l'état de mobilisation générale pendant trois jours dans le nord-est de la Syrie», a annoncé l'administration semi-autonome kurde dans un communiqué. (9 octobre 2019) Plusieurs dirigeants européens réunis mardi à Luxembourg se sont inquiétés de voir survenir un nouvel afflux migratoire en raison de la situation en Syrie. (8 octobre 2019) Les soldats de l'armée turque se dirigent vers la frontière avec la Syrie près d'Akcakale, dans la province de Sanliurfa. (8 octobre 2019) Les soldats de l'armée turque se dirigent vers la frontière avec la Syrie près d'Akcakale, dans la province de Sanliurfa. (8 octobre 2019) Les soldats de l'armée turque se dirigent vers la frontière avec la Syrie près d'Akcakale, dans la province de Sanliurfa. (8 octobre 2019) Donald Trump: «Nous sommes en train de quitter la Syrie, mais nous n'avons absolument pas abandonné les Kurdes qui sont des gens formidables et de merveilleux combattants.» (8 octobre 2019) Soldats turcs aperçus près de la frontière avec la Syrie dans la province de Sanliurfa. (8 octobre 2019) L'on peut distinguer un drapeau du peuple kurde pris en photo du côté turc de la frontière entre la Turquie et la Syrie, à Akcakale, dans le sud-est de la Turquie. (8 octobre 2019) Protestations contre une invasion turque devant le siège de l'ONU dans la ville syrienne kurde du nord de Qamishli. (8 octobre 2019) Protestations contre une invasion turque devant le siège de l'ONU dans la ville syrienne kurde du nord de Qamishli. (8 octobre 2019) Un combattant de l'Armée syrienne libre, soutenue par la Turquie. (7 octobre 2019) Des forces de l'Armée syrienne libre soutenues par la Turquie examinent une carte en prévision d'une incursion turque. (7 octobre 2019) Des forces de l'Armée syrienne libre, soutenues par la Turquie, défilent lors d'un entraînement militaire en prévision d'une incursion turque. (7 octobre 2019) Des forces de l'Armée syrienne libre, soutenues par la Turquie, sont en formation lors de manoeuvres militaires en vue d'une incursion turque prévue visant des combattants kurdes syriens, près de la ville d'Azaz. (7 octobre 2019)

Une faute?

Donald Trump a défendu mercredi bec et ongles le retrait des troupes américaines de Syrie, minimisant la menace qui pèse sur les forces kurdes et faisant l'éloge d'une incroyable lettre adressée à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

Vantant une approche «brillante d'un point de vue stratégique», le milliardaire républicain a balayé un à un tous les arguments de ses nombreux détracteurs sur ce dossier, y compris au sein de son propre camp.

Quelques heures avant le départ du vice-président Mike Pence pour Ankara, où il espère convaincre les Turcs de mettre fin à leur invasion dans le nord de la Syrie visant les Kurdes, le président a pris ses distances avec le conflit en cours.

«C'est une affaire entre la Turquie et la Syrie»

«Si la Turquie pénètre en Syrie, c'est une affaire entre la Turquie et la Syrie, ce n'est pas une affaire entre la Turquie et les Etats-Unis comme beaucoup de gens stupides voudraient vous le faire croire», a-t-il lancé.

Une réunion organisée peu après avec les leaders démocrates à la Maison Blanche a donné lieu à un vif affrontement, Donald Trump qualifiant Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, de «politicienne de bas étage». «Nous avons vu le président craquer, c'est triste à dire», a relaté cette dernière après la rencontre au cours de laquelle il a, selon les démocrates, vanté sa lettre «agressive» à Recep Tayyip Erdogan.

Le courrier en question, qui a fuité peu après, a suscité la stupeur à Washington. «Trouvons un bon accord», suggère Donald Trump dans cette missive dont l'authenticité a été confirmée à l'AFP. Datée du 9 octobre, elle a été adressée au président turc le jour où il a lancé ses troupes à l'assaut des Kurdes dans le nord de la Syrie.

«Vous ne souhaitez pas être responsable du massacre de milliers de personnes, et je ne veux pas être responsable de la destruction de l'économie turque - ce que je ferais (si nécessaire)», écrit le président américain. «L'Histoire vous jugera d'un oeil favorable si vous agissez de façon juste et humaine. Elle vous considérera à jamais comme le diable si les choses se passent mal», met en garde Donald Trump, sans autre précision. «Ne jouez pas au dur! Ne faites pas l'idiot!», conclut le locataire de la Maison Blanche. «Je vous téléphonerai plus tard».

«C'est ce que l'Amérique veut»

En se retirant abruptement de Syrie, Washington ne risque-t-il pas de laisser Moscou devenir un acteur encore plus omniprésent en Syrie? «Si la Russie aide à protéger les Kurdes, c'est une bonne chose, pas une mauvaise chose», a répondu Donald Trump lors d'une conférence de presse.

L'influent sénateur républicain Lindsey Graham estime qu'il est en train de faire «la plus grande erreur de sa présidence»? «Lindsey devrait se concentrer sur les démocrates-qui-ne-font-rien», a-t-il rétorqué, appelant l'élu avec lequel il joue régulièrement au golf à consacrer plus de temps à ses électeurs de Caroline du Sud qu'à la géopolitique du Moyen-Orient.

«Nous n'avons pas besoin d'être engagés dans des guerres sans fin, nous ramenons nos soldats», a-t-il martelé. «J'ai gagné l'élection sur cette base. Que ce soit bien ou mal, c'est comme ça!» «Je suis prêt à parier - c'est mon instinct politique qui me le dit - que c'est ce que l'Amérique veut».

Un argument revient en boucle depuis quelques jours dans la bouche du 45e président américain: il est temps que d'autres pays - amis ou ennemis - prennent le relais dans la lutte contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI). «Tout le monde déteste l'EI», martèle-t-il. «Pourquoi protéger la Syrie, qui n'est pas un pays ami? Pourquoi protéger leur territoire?»

A ceux soulignant que les Etats-Unis ont une responsabilité particulière envers les Kurdes, qui se sont battus à leur côté contre les djihadistes de l'EI, le locataire de la Maison Blanche rétorque qu'il ne faut pas trop s'inquiéter, et ne pas les idéaliser.

Les Kurdes «ne sont pas des anges»

«Ce ne sont pas des anges, ce ne sont pas des anges», a-t-il lancé. «Les Kurdes savent se battre», a-t-il ajouté, affirmant même qu'ils étaient «plus en sécurité aujourd'hui». Puis, dans une sortie surprenante de la part d'un président américain, mais qui sera douce aux oreilles de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, il a affirmé que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une sanglante guérilla contre la Turquie depuis plusieurs décennies, était «probablement» une plus grande «menace terroriste» que l'EI.

Revendiquant haut et fort son choix de retrait des troupes, Donald Trump a estimé cependant qu'il n'avait en rien donné à Recep Tayyip Erdogan son accord pour son offensive militaire dans le nord de la Syrie contre une milice kurde, qui se considère comme la branche syrienne du PKK.

«Je ne lui ai pas donné de feu vert. Quand vous dites ça, c'est très trompeur», affirme-t-il, sans cependant élaborer. «C'était l'inverse d'un feu vert. D'abord, nous n'avions quasiment pas de soldats là-bas. Ils étaient partis pour la plupart».

(nxp/afp)