Attentats de Paris

29 juin 2018 09:49; Act: 29.06.2018 11:26 Print

Salah Abdeslam s'adresse aux victimes: glaçant

L'unique survivant du commando terroriste du 13-Novembre s'est exprimé longuement devant un juge d'instruction, jeudi.

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D'habitude très silencieux, Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos jihadistes du 13 novembre 2015, s'est montré bavard, jeudi. Lors de sa septième audition devant un juge antiterroriste, l'homme a justifié les attaques perpétrées ce soir-là à Paris, affirme la radio RTL vendredi. Le suspect clé des attentats qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis a commencé par confirmer son souhait de ne pas avoir d'avocat, puis a indiqué s'en remettre à Allah. Sans jamais s'excuser, le terroriste s'est lancé dans une longue tirade pour justifier les attaques.

Dans un premier temps, Abdeslam s'en est pris à Emmanuel Macron, «dont la soif de puissance et de renommée appelle à faire couler le sang des musulmans», a-t-il estimé, avant de s'adresser aux victimes: «Nous ne vous attaquons pas parce que vous mangez du porc, vous buvez du vin ou vous écoutez de la musique, mais les musulmans se défendent contre ceux qui les attaquent», a-t-il déclaré.

«Mettez votre colère de côté et raisonnez quelques instants»

Sans empathie ni compassion, l'unique survivant du commando du 13-Novembre a poursuivi, toujours en s'adressant aux victimes: «Mettez votre colère de côté et raisonnez quelques instants, vous ne subissez que les erreurs de vos dirigeants.» Salah Abdeslam est resté environ une heure dans le cabinet du juge jeudi, une semaine après son hospitalisation pour une appendicite.

Arrêté le 18 mars 2016 dans la commune bruxelloise de Molenbeek après quatre mois de cavale, il avait été mis en examen à Paris le 27 avril 2016, notamment pour assassinats terroristes. Mais les juges ont été, depuis, confrontés à son refus de répondre aux questions. Totalement silencieux jusqu'à son cinquième interrogatoire en novembre 2017, Salah Abdeslam n'avait finalement pris la parole qu'une seule fois devant eux, le 9 mars, pour dédouaner un suspect lors d'une confrontation.

Avant de faire du silence sa stratégie judiciaire, Salah Abdeslam s'était livré une seule fois, dans la foulée de son arrestation, affirmant aux enquêteurs belges avoir «renoncé» à se faire exploser le 13-Novembre et tentant de minimiser son rôle dans la cellule jihadiste.

(joc/afp)