Massacre en Nouvelle-Zélande

15 mars 2019 10:37; Act: 15.03.2019 14:01 Print

Le «Chevalier Justicier Breivik» a inspiré le tireur

Avant de passer à l'acte, l'assaillant de Christchurch a fait part sur le web de son admiration pour l'extrémiste de droite norvégien, qui avait tué 77 personnes en 2011.

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Jacinda Ardern a ordonné lundi une enquête nationale officielle sur les attaques contre les mosquées de Christchurch afin d'établir si la police et le renseignement auraient pu empêcher le carnage. (Lundi 25 mars 2019) Des fidèles pénètrent dans la mosquée Al Noor, après sa réouverture samedi. (Lundi 25 mars 2019) Jacinda Ardern, la Première ministre néo-zélandaise, a annoncé que le pays organisera le 29 mars une cérémonie du souvenir en hommage aux 50 victimes du tueur des mosquées. (Dimanche 24 mars 2019) Les musulmans ont repris samedi le chemin de la principale mosquée de Christchurch pour la première fois depuis l'attaque, montrant que la vie commence à reprendre son cours huit jours après le drame. (Samedi 23 mars 2019) Une semaine après l'attentat de Christchurch, un appel à la prière a été diffusé vendredi dans tout le pays, suivi de deux minutes de silence. (22 mars 2019) La Première ministre néo-zélandaise a annoncé jeudi l'interdiction des fusils d'assaut et des armes semi-automatiques de type militaire. (21 mars 2019) Les premières funérailles des victimes de l'attentat des mosquées ont commencé mercredi en Nouvelle-Zélande. (20 mars 2019) La Première ministre de Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern a promis mardi de ne jamais prononcer le nom de l'auteur de l'attaque et annoncé qu'il tomberait sous le coup de la loi la plus stricte. (Mardi 18 mars 2019) La diffusion de la vidéo du tueur de Christchurch en direct sur les réseaux sociaux est problématique et suscite un vif débat. (lundi 18 mars 2019) L'extrémiste australien Brenton Tarrant poursuivi dans l'enquête sur le carnage dans les mosquées de Christchurch compte se défendre seul. (Lundi 18 mars 2019) La police antiterroriste australienne a annoncé avoir perquisitionné lundi matin deux habitations en lien avec l'attentat contre deux mosquées vendredi à Christchurch, dont le dernier bilan est de 50 morts. (Lundi 18 mars 2019) La douleur est vive lors des hommages aux victimes du drame de Christchurch (Dimanche 17 mars 2019) Une femme dépose une gerbe de fleurs en hommage aux victimes de la tuerie de Christchurch. (Dimanche 17 mars 2019) Deux jours après le massacre, les Néo-Zélandais rendaient hommage aux 50 victimes. (Dimanche 17 mars 2019) Les derniers bilans font été de 50 victimes. (Dimanche 17 mars 2019) Les victimes de l'attaque des deux mosquées de Christchurch venaient des quatre coins du monde musulman. (Samedi 16 mars 2019) La police près de la mosquée Masjid al Noor, l'une deux visée par le terroriste Brenton Tarran vendredi. (Samedi 16 mars 2018) Le terroriste, Brenton Tarrant, a comparu pour meurtre et restera en prison jusqu'à sa prochaine audience. (Samedi 16 mars 2019) Après l'attaque des mosquées, la Première ministre néo-zélandaise veut durcir les lois sur le port d'armes. (Samedi 16 mars 2019) La une du quotidien local «The Press», à Christchurch. (samedi 16 mars 2019) A l'ambassade de Nouvelle-Zélande à Bruxelles, en Belgique, les citoyens pouvaient rendre hommage aux victimes. (15 mars 2019) En Finlande, le centre des congrès de Helsinki a été illuminé en bleu en hommage aux victimes en Nouvelle-Zélande. (15 mars 2019) A Hyde Park Corner à London, les Britanniques ont suivi l'appel de la reine à rendre hommage aux victimes du carnage. (15 mars 2019) Une image de l'homme qui a tué au moins 49 personnes dans des mosquées de la ville néo-zélandaise de Christchurch (Vendredi 15 mars). L'on peut distinguer sur cette photo, l'homme rentrer avec son arme dans une des mosquées. (15 mars 2019) Le mode opératoire du terroriste néozélandais et les motivations apparentes semblent porter la marque de l'extrémiste de droite norvégien Anders Behring Breivik. Ce dernier avait tué 77 personnes le 22 juillet 2011. (15 mars 2019) L'Australien de 28 ans ai publié un manifeste intitulé «The Great Replacement» (Le grand remplacement). L'écrit est dérivé d'une théorie du complot d'extrême droite selon laquelle il existerait un processus de substitution de la population européenne par des musulmans. (Vendredi 15 mars). La Première ministre Jacinda Ardern a décrit l'une des «journées les plus sombres» jamais vécues par cette nation du Pacifique Sud réputée paisible et dénoncé des violences «sans précédent». (15 mars 2019) La police a demandé aux fidèles d'éviter les mosquées «partout en Nouvelle-Zélande». (15 mars 2019) Consternation après l'attaque dans deux mosquées de la ville néo-zélandaise de Christchurch (Vendredi 15 mars). Une des mosquées touchée par l'attaque. (15 mars 2019) Des attaques dans deux mosquées dans la ville néo-zélandaise de Christchurch a fait au moins 49 morts ce vendredi 15 mars 2019. Consternation après l'attaque dans deux mosquées de la ville néo-zélandaise de Christchurch (Vendredi 15 mars). Voiture du présumé tireur. (15 mars 2019) Les affaires du présumé tireur qui a tué plusieurs musulmans en Nouvelle-Zélande ce vendredi 15 mars 2019. Les fusillades dans les mosquées ont fait au moins 49 morts. (15 mars 2019) De «multiples» personnes ont été tuées lors de fusillades contre deux mosquées de la ville néo-zélandaise de Christchurch durant la prière du vendredi, a déclaré la police. (15 mars 2019) «Quatre personnes sont en garde à vue, trois hommes et une femme», a dit le commissaire Mike Bush. (15 mars 2019) «Les décès, pour ce que nous en savons, sont survenus dans deux endroits, une mosquée sur Deans Avenue et une autre mosquée sur Linwood Avene», a déclaré le commissaire Mike Bush. (15 mars 2019) L'armée a désamorcé des engins explosifs retrouvés sur les véhicules des suspects. (15 mars 2019) Un grand périmètre dans cette ville de l'île du Sud a été bouclée par les forces de l'ordre. (15 mars 2019) Au moment de la fusillade, la mosquée Masjid al Noor, sur l'avenue Deans, était remplie de fidèles. (15 mars 2019) Toutes les écoles de la ville ont été bouclées. (15 mars 2019) La municipalité a ouvert une ligne de téléphone d'urgence pour les parents inquiets du sort de leurs enfants, qui participaient à une marche contre le changement climatique non loin de là. (15 mars 2019) Des bâtiments publics comme la bibliothèque centrale étaient aussi fermés. (15 mars 2019) La Nouvelle-Zélande est réputée pour sa faible criminalité. (15 mars 2019)

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Le mode opératoire et les motivations apparentes de l'attaque sanglante en Nouvelle-Zélande vendredi semblent porter la marque de l'extrémiste de droite norvégien Anders Behring Breivik, dont les crimes ont fait des émules à travers le monde. Un carnage de masse, des victimes incarnant le multiculturalisme, un «manifeste» diffusé au moment du massacre et censé le justifier avec une idéologie analogue... La tuerie de Christchurch, où au moins 49 personnes sont mortes dans l'attaque de deux mosquées, comporte de fortes similitudes avec les attentats perpétrés par Breivik.

Dans un document de 73 pages diffusé sur Twitter avant l'attaque, le tireur de Christchurch -- un «violent terroriste extrémiste de droite» australien, selon le Premier ministre australien Scott Morrison -- affirme qu'il «s'est véritablement inspiré du Chevalier Justicier Breivik», reprenant une phraséologie semblable à celle de l'extrémiste norvégien. «J'ai eu seulement un bref contact avec le Chevalier Justicier Breivik, et reçu une bénédiction pour ma mission après avoir contacté ses frères chevaliers», écrit-il. Il y précise, par ailleurs, soutenir Luca Traini, un sympathisant d'extrême droite de 28 ans qui avait tiré il y a environ un an sur une dizaine d'Africains à Macerata (It).

Breivik, qui a également droit à son soutien, avait tué 77 personnes le 22 juillet 2011, d'abord en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, puis en ouvrant le feu sur un rassemblement de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utøya. Reprochant à ses victimes de faire le lit du multiculturalisme, l'extrémiste norvégien aujourd'hui âgé de 40 ans avait lui aussi propagé un «manifeste» de plus 1.500 pages dans lequel il invitait à suivre son exemple.

Manifeste «un peu confus»

La tuerie de Christchurch a renvoyé la Norvège à l'épisode le plus tragique de son histoire d'après-guerre. «Cela évoque des liens douloureux», a réagi, à chaud, la Première ministre Erna Solberg. «C'est trop peu et trop tard, mais va-t-on commencer à parler sérieusement du terrorisme d'extrême droite maintenant?», s'est interrogé Bjørn Ihler, un rescapé de la fusillade d'Utøya, sur Twitter.

Pour Tore Bjørgo, directeur du Centre de recherche sur l'extrémisme de l'Université d'Oslo, «ce sont clairement beaucoup des mêmes idées qui sont derrière» les deux tragédies. «L'idée que la civilisation européenne est menacée par l'immigration en général et l'immigration musulmane en particulier, et qu'il est légitime pour certains de recourir à la violence extrême pour stopper ça», explique-t-il à l'AFP.

Comme Breivik avant lui, le tueur de Christchurch ose dans son texte la comparaison avec Nelson Mandela, disant même s'attendre à recevoir un jour, comme lui, le prix Nobel de la paix. «Le manifeste est un peu confus, à bien des égards. Il est fortement axé sur ce qu'il appelle le génocide des blancs via l'immigration de masse», a noté le chercheur suédois sur les questions de terrorisme, Magnus Ranstorp. «C'est la même terminologie que Breivik», a-t-il dit à l'agence suédoise TT.

Correspondance contrôlée

Purgeant une peine de 21 ans susceptible d'être prolongée indéfiniment, Breivik --qui se fait désormais appeler Fjotolf Hansen-- est aujourd'hui maintenu de facto à l'isolement. Ses correspondances avec l'extérieur sont étroitement surveillées et, au besoin, bloquées.

«Si une correspondance est de nature à inspirer des actes de violence, nous avons la possibilité de la stopper», a déclaré à l'AFP Espen Jambak, directeur adjoint de la prison de haute sécurité de Skien (sud de la Norvège), où Breivik est incarcéré.

«Nous estimons avoir un contrôle satisfaisant», a-t-il précisé.

Cité par le journal Verdens Gang, l'avocat de l'extrémiste norvégien, Øystein Storrvik, estime qu'en raison de ces conditions de détention très strictes, «il semble peu probable qu'il ait eu un contact» avec le tueur de Christchurch.

Effet d'entraînement

Contact ou pas, les attaques de Breivik ont déjà inspiré d'autres extrémistes dans le passé. Le 22 juillet 2016, cinq ans jour pour jour après Utøya, un jeune homme psychologiquement fragile, décrit comme obsédé par Breivik, avait abattu neuf personnes dans un centre commercial à Munich, avant de se suicider.

«Il y a aussi eu des projets d'attentat inspirés par Breivik et plus ou moins avancés en Pologne, en République tchèque, en France et aux Etats-Unis», énumère Tore Bjørgo, du Centre de recherche sur l'extrémisme. Un effet d'entraînement qui risque de prendre de l'ampleur pour chaque attentat réussi. «Cette attaque est clairement conçue pour en inspirer d'autres, tant de la part de l'extrême droite que de la part des extrémistes islamistes», a confié le survivant d'Utøya, Bjørn Ihler, vendredi à l'AFP.

«Qu'elle ait été filmée en live relève d'une stratégie délibérée d'en faire un élément narratif susceptible d'être utilisé par les extrémistes de tous les camps».



(ehs/ofu/afp)