Elections européennes

26 mai 2019 22:53; Act: 27.05.2019 09:35 Print

Poussée des Verts, des populistes et des libéraux

Les électeurs des pays de l'UE ont élu leurs représentants aux Parlement européen ce week-end. Un scrutin marqué par les thèmes de l'écologie et du populisme.

Le scrutin européen a également observé un rebond de la participation par rapport à 2014.
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Malgré les victoires de Marine Le Pen en France, Matteo Salvini en Italie et Nigel Farage au Royaume-Uni, la poussée eurosceptique attendue dimanche aux élections européennes semble avoir été contenue. Les libéraux et les écologistes ont le vent en poupe.

Et si le Parti populaire européen (PPE, droite pro-européenne) - avec 179 sièges contre 216 actuellement - et les sociaux-démocrates (S&D) - avec 150 sièges contre 185 - restent les deux principales formations de l'hémicycle européen, ils perdent leur capacité à réunir à eux seuls une majorité pour faire passer des textes législatifs. La fin d'une époque.

Ils devront désormais composer avec les écologistes, qui grimpent de 52 à 70 sièges, grâce à leurs bons résultats en Allemagne et en France, et les Libéraux (Alde), dont le parti du président français Emmanuel Macron, qui obtiennent 107 sièges contre 69 actuellement.

«Groupe puissant» eurosceptique

En France justement, le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen a devancé de 0,9 point la liste soutenue par le président Emmanuel Macron. Il a immédiatement appelé à la «constitution d'un groupe puissant» au Parlement européen réunissant les formations eurosceptiques, des forces hétéroclites qui n'ont pas réussi par le passé à se fédérer.

Selon les résultats définitifs publiés par le ministère de l'Intérieur, le mouvement d'extrême droite et sa tête de liste Jordan Bardella s'imposent avec 23,31% des suffrages, en deçà de son score des européennes de 2014 (24,9%).

La liste Renaissance pro-Macron menée par l'ex-ministre Nathalie Loiseau suit à 22,41 %. Les deux listes obtiendront le même nombre (23) de députés élus au Parlement européen après la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Une dizaine de points derrière, les écologistes d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) surprennent en obtenant 13,47%, alors qu'ils étaient donnés sous les 10% par les sondages.

Alliance d'eurosceptiques

De son côté, Marine Le Pen espère, avec la Ligue de Matteo Salvini arrivée sans surprise en tête en Italie avec 32,4% des voix, fédérer une large alliance de partis nationalistes, eurosceptiques et populistes.

Difficile cependant d'envisager aujourd'hui un rapprochement avec le groupe populiste EFDD - où siège le Mouvement Cinq Etoiles italien et que devrait rallier le nouveau parti europhobe de Nigel Farage, grand vainqueur des élections au Royaume-Uni avec 31,6% des voix - tant leurs divergences sont parfois profondes.

Et même en additionnant les gains de ces groupes avec les 58 sièges du groupe ECR (tories britanniques et Polonais au pouvoir du PiS, vainqueurs des européennes), l'extrême droite, les eurosceptiques et les europhobes, restent, avec 172 sièges, loin de la majorité au Parlement européen (376). Les partis d'extrême gauche passent pour leur part de 52 à 38 sièges.

Elections anticipées en Grèce

«La vague de partis nationalistes et eurosceptiques est très contenue, si on met de côté le RN et la Ligue», estime Eric Maurice, analyste à la Fondation Robert Schuman.

En Hongrie, le dirigeant populiste hongrois Viktor Orban a largement remporté l'élection européenne dans son pays. En Autriche, le parti conservateur du chancelier autrichien Sebastian Kurz est arrivé largement en tête, devant les sociaux-démocrates et le parti d'extrême droite FPÖ, touché par l'«Ibizagate», selon des estimations. Le parti conservateur PiS au pouvoir en Pologne est crédité d'une nette victoire.

En Espagne, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez est le seul socialiste à sortir grand vainqueur du scrutin dans un grand pays. En Grèce, le parti Syriza (gauche radicale) a été devancé de plus de 8 points par le principal parti d'opposition de droite, la Nouvelle Démocratie. Conséquence: le premier ministre Alexis Tsipras a annoncé qu'il convoquerait des élections anticipées.

«Vague verte»

Les élections européennes ont également été marquées par les bons résultats des écologistes, qui espèrent devenir un interlocuteur indispensable dans ce paysage politique plus fragmenté que jamais.

Ils finissent, en France, à une inattendue troisième place avec 13,4% des voix. Ce résultat fait écho au score enregistré en Allemagne par les Verts, deuxièmes du scrutin, selon les sondages, juste derrière le camp centre-droit d'Angela Merkel, qui enregistre un plus bas historique avec 28,6%.

«Une grande victoire !», s'est réjouie la tête de liste des écologistes au Parlement européen, l'Allemande Ska Keller. «Je suis sur un petit nuage», a renchéri l'eurodéputé belge Philippe Lamberts.

Participation en hausse

Si le taux de participation à ces élections reste inférieur à celui des scrutins nationaux, il atteint cependant, avec 50,5%, son niveau le plus élevé depuis 20 ans, selon le Parlement européen. Cette mobilisation marque un coup d'arrêt à l'érosion continue qui caractérise les européennes depuis 1979.

Quelque 427 millions d'Européens étaient en âge de participer au scrutin, afin d'élire pour 5 ans les 751 membres du Parlement européen, une assemblée qui n'a eu de cesse d'accroître ses pouvoirs. Les chefs d'Etat et de gouvernement se retrouvent dès mardi pour un sommet afin d'échanger sur les prochaines nominations.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Jean Peuplus le 26.05.2019 23:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Populisme ?

    Est-ce péjoratif ? Ont se rends compte simplement en Europe et aussi en suisse que les politiciens actuels que ce soit de gauche ou de droite se fichent de nous.

  • Bisousou le 27.05.2019 00:18 Report dénoncer ce commentaire

    Honteux

    Et en GB, la presse nous rabâche qu'il faut annuler le brexit et ... surprise! le Parti du Brexit est de loin le premier, avec 31,6% des suffrages... les journalistes ont oublié le mode d'emploi de leur boule de cristal ces 3 dernières années??

  • Toto le 26.05.2019 23:17 Report dénoncer ce commentaire

    Vox populi

    Bien, on va pouvoir commencer à mettre dehors les globalistes et autres technocrates. Le début de la fin de l'UE-RSS

Les derniers commentaires

  • y en a marre le 27.05.2019 06:28 Report dénoncer ce commentaire

    bla bla bla

    Voltaire né le 21 novembre 1694 Ce monde est un vaste naufrage : sauve qui peut ! Nous sommes en 2019!!

  • yoyi le 27.05.2019 06:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    et les frontaliers ils votent quoi?

    je suis sûr que des frontaliers votent RN... quand tu votes RN, tu es cohérent avec toi même et tu travailles dans ton pays car tu ne veux pas de l'Europe et des échanges...

    • Jeannot De Table le 27.05.2019 08:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @yoyi

      Rien à voir... Faut pas tout mélanger, même si ça t'arrange!

    • jarod gibbs le 27.05.2019 12:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @yoyi

      Mais comme t'en sais rien,ça reste un gros fatras d'âneries tes déclarations!

    • peter s le 27.05.2019 16:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jeannot De Table

      yoyi a raison.

  • Jean-Francois V le 27.05.2019 06:16 Report dénoncer ce commentaire

    Populistes?

    Macron a clairement dit: les vrais populistes c'est nous!

  • Marie le 27.05.2019 06:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pauvre ps, alors rien vu venir?

    Et oui socialistes, tremblez car vous devrez répondre de vos actes et le premier qui en fera les frais c'est votre idole, soros

    • jarod gibbs le 27.05.2019 12:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Marie

      Ma poule,l'Europe c'est pas juste ce qui t'arrange,les socialistes sont vainqueur en Espagne entre autre,ne t'en déplaise...

  • Gate le 27.05.2019 05:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Euroséptique

    Suis content du vote de ce week end