Scandale en Russie

16 février 2011 10:54; Act: 16.02.2011 15:07 Print

Poutine s'est-il fait constuire un palais?

Un mystérieux complexe sur les bords de la mer Noire est au centre d'une controverse.

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Les rumeurs vont bon train en Russie, à propos d'un complexe de plusieurs bâtiments, dont un palais de style italien, qui a été construit près de Praskoveïevka. Ce petit village est situé dans la région de Krasnodar, où se trouve également Sotchi, ville hôte des JO d'hiver de 2014.

En décembre, l'homme d'affaires Sergueï Kolesnikov, qui affirme avoir été invité à participer au projet, a écrit une lettre ouverte au président Dmitri Medvedev affirmant que ce palais avait été construit «pour l'usage privé de Vladimir Poutine», ex-président et actuel Premier ministre. La construction de ce palais s'éleverait à près de 1 milliard de francs.

L'intendance du Kremlin, qui gère les biens gouvernementaux, a catégoriquement démenti être impliquée dans ce projet. «Nous n'avons pas prévu et ne prévoyons aucune construction à cet endroit», a déclaré début février le chef de l'intendance, Vladimir Kojyne, à l'agence Interfax.

Cette affirmation semble cependant en contradiction avec un décret du ministère du Développement économique autorisant le transfert de 10% des parts de ce projet à un groupe public appelé Maison de repos Touapsé et qui appartient à l'intendance du Kremlin. Ce texte, datant de 2008 et disponible sur internet, énumère les composantes du projet, dont une portion de route construite sur des fonds publics, une piste d'hélicoptère, un «bâtiment de service» pour 56 personnes et un «bâtiment principal» d'une surface de 14'598 m2.

Le journal d'opposition «Novaïa Gazeta» a publié lundi un autre document laissant entendre que l'intendance du Kremlin était à l'origine de ce projet.

«La construction d'un palais nécessite plusieurs centaines de personnes. Quelqu'un peut être un tsar, mais même les décrets tsaristes pour de tels projets doivent être validés par les autorités locales», souligne Sergueï Kolesnikov, qui se trouve actuellement aux Etats-Unis.

Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a déclaré que le Premier ministre n'avait «rien à voir» avec ce complexe.

Les militants d'une ONG écologiste régionale, Environmental Watch on North Caucasus, qui ont effectué la semaine dernière une visite du complexe, se sont fait interpeller et confisquer leurs caméras par des agents du service fédéral qui assure la protection des dirigeants russes (FSO). Une vidéo de 13 minutes, qu'ils ont réussi à cacher montre le palais et leur altercation avec les forces de l'ordre.

«La présence d'officiers du FSO sur un territoire appartenant à une personne privée ne fait que confirmer que Vladimir Poutine envisage d'utiliser la résidence», estime un militant du groupe, Souren Gazarian, qui affirme avoir été retenu pendant six heures par des agents du FSO.

«Leurs arguments n'étaient pas logiques. Ils ont dit que nous avions pénétré par effraction dans une propriété privée mais ils n'ont pas expliqué la raison de leur présence là-bas», a-t-il souligné.

(afp)