Grippe aviaire

31 décembre 2011 12:02; Act: 31.12.2011 12:10 Print

Premier décès en un an et demi

L'Organisation mondiale de la Santé se dit inquiète par un virus de la grippe aviaire qui aurait muté. Un nouveau décès est à déplorer en Chine.

Une faute?

Un chauffeur d'autobus de Shenzen, la grande ville du sud de la Chine proche de Hongkong, est décédé samedi du virus mortel de la grippe aviaire. Il s'agit du premier décès en raison de la maladie en Chine depuis 18 mois.

Cet homme de 39 ans, qui n'avait apparemment pas eu de contact avec des volatiles avant de tomber malade et n'était pas sorti de la ville, a été pris de fièvre le 21 décembre avec ce qui s'est avéré être le premier cas humain de grippe aviaire depuis 18 mois.

M. Chen, 39 ans, a été et transporté le 25 à l'hôpital où une pneumonie grave a été diagnostiquée. Il a ensuite été testé positif au virus H5N1 de la grippe aviaire, a indiqué le département de la Santé de Shenzen. «Jusqu'à présent, les 120 personnes qui ont été en contact avec cet homme récemment ne présentent aucun signe de maladie», a-t-on indiqué de même source.

De même, on pense que l'homme n'a eu aucun contact avec des oiseaux, et «nous n'avons aucune information concernant des oiseaux malades», a précisé de son côté le bureau de l'Agriculture et de la Pêche. Il n'y a «aucune raison pour l'instant d'abattre des volailles» dans la région.

Alerte à Hongkong

Hongkong, voisine de Shenzen, avait relevé mardi son niveau d'alerte à la grippe aviaire et décrété un embargo provisoire sur les importations de volaille vivante après la mort mi-décembre sur le territoire de trois volatiles porteurs du virus H5N1. Le virus H5N1 est mortel dans 60% des cas. On craint un pic d'infection en début d'année 2012.

Hongkong avait été le premier pays à connaître une épidémie de grippe aviaire d'importance en 1997, avec le décès de six personnes. Des millions de volailles avaient été abattues.

Les contaminations par le virus H5 se sont jusqu'ici déroulées de l'animal vers l'homme, mais les scientifiques craignent qu'une mutation ne permette des contaminations d'homme à homme, déclenchant une pandémie meurtrière.

L'OMS inquiète

Au même chapitre, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est alarmée samedi des recherches menées en laboratoire sur un virus mutant de la grippe aviaire H5N1.

Le laboratoire néerlandais au centre médical universitaire Erasmus de Rotterdam avait annoncé en septembre avoir créé une mutation du virus H5N1 potentiellement capable, pour la première fois, de se transmettre facilement entre mammifères et potentiellement entre humains.

L'Université du Wisconsin, au Etats-Unis, a également produit une communication sur ce virus. Les deux recherches ont été financées par les Instituts nationaux américains de la santé (NIH).

«L'OMS prend note que» que ces annonces «ont suscité des inquiétudes sur les possibles risques et mauvais usages associés à ces recherches», a indiqué l'organisation dans un communiqué. L'OMS «est également profondément inquiète des conséquences potentiellement négatives» de tels travaux, a-t-elle ajouté.

(ats)