Cambodge

27 juin 2011 06:40; Act: 27.06.2011 07:34 Print

Premier jour d'un procès historique

Le procès des quatre plus hauts responsables khmers rouges encore en vie s'est ouvert lundi à Phnom Penh devant le tribunal parrainé par l'ONU, plus de trente ans après les faits.

Une faute?

Le procès tant attendu des quatre plus hauts responsables khmers rouges encore en vie, jugés notamment pour génocide, s'est officiellement ouvert lundi à Phnom Penh devant le tribunal parrainé par l'ONU.

Les quatre accusés âgés de 79 à 85 ans, visiblement fatigués, étaient présents. Ce sont l'idéologue du régime de Pol Pot, Nuon Chea, le ministre des Affaires étrangères Ieng Sary, le président du «Kampuchea démocratique» Khieu Samphan et la ministre des Affaires sociales Ieng Thirith.

Ils devront répondre de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide. Les observateurs et les quelque 4000 parties civiles redoutent que certains des accusés ne vivent assez longtemps pour entendre le verdict, et que leur défense ne se concentre sur une stratégie d'obstruction. Le procès doit durer des années.

Lunettes noires

«Je ne suis pas content de cette audience» a brièvement déclaré Nuon Chea, portant des lunettes noires pour protéger ses yeux de la lumière. Il a précisé que son avocat prendrait le relais plus tard.

Les cadres politiques du régime devront s'expliquer sur la mise en oeuvre méthodique et calculée, entre 1975 et 1979, d'une utopie marxiste délirante. Elle a tué d'épuisement, de famine, de maladie ou à la suite de tortures et d'exécutions quelque deux millions de personnes, soit un quart de la population du Cambodge de l'époque.

Questions de procédure

Le terme de génocide est communément utilisé pour évoquer cette période, mais les atrocités commises contre la population khmère ne sont pas reconnues comme tel par l'ONU. Ce chef d'accusation ne concerne donc que le massacre des Vietnamiens et de la minorité ethnique des Chams musulmans.

«Il n'y a jamais eu d'affaire aussi importante et aussi complexe depuis Nuremberg», a déclaré il y a quelques jours le co-procureur international Andrew Cayley. Il faisait référence aux procès des dirigeants nazis après la Seconde guerre mondiale.

De lundi à jeudi, ces audiences préliminaires seront consacrées à des questions de procédures, notamment les listes de témoins. Avant une suspension pour quelques semaines d'un procès qui doit durer des années.

Témoignages en août

Les premiers témoignages des quatre anciens responsables, en détention dans un bâtiment attenant au tribunal depuis leur arrestation en 2007, ne sont attendus qu'au plus tôt en août.

Et même s'ils ont déjà été jugés coupable par l'Histoire, ils devraient rejeter toutes les accusations portées contre eux, même si certains ont reconnu les faits par le passé.

(ats)