Émirats arabes unis

17 février 2020 09:13; Act: 17.02.2020 11:38 Print

Première centrale nucléaire du monde arabe

Abou Dhabi est autorisé à exploiter les quatre réacteurs de sa centrale nucléaire, qui devrait couvrir 25% des besoins énergétiques du pays.

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Les bâtiments en 2017. (Photo: Wikimedia Commons)

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Les Emirats arabes unis ont annoncé lundi avoir donné leur feu vert à la mise en exploitation de la centrale nucléaire de Barakah, la première du monde arabe, dont le démarrage avait été repoussé à plusieurs reprises.

Située dans le nord-ouest du pays et à environ 200 km à l'ouest de la capitale Abou Dhabi, la centrale de Barakah a été construite par un consortium dirigé par Korea Electric Power Corporation pour un coût estimé à 24,4 milliards de dollars (22,5 milliards d'euros).

Pourquoi le nucléaire ?

L'Etat fédéral composé de sept émirats compte une population de 9,3 millions d'habitants, dont environ 80% d'expatriés. Les besoins en électricité sont croissants en raison de l'utilisation systématique de la climatisation durant les étés caniculaires.

Lorsqu'ils seront pleinement opérationnels, les quatre réacteurs auront une capacité de 5.600 mégawatts, soit environ 25 % des besoins de la fédération.

Quatrième producteur de l'OPEP (Organisation des pays producteurs de pétrole), la fédération s'est développée depuis les années 1970 grâce à sa richesse en sources d'énergie fossiles, qui a été renforcée par la découverte récente d'un énorme champ gazier entre Dubaï et Abou Dhabi.

Mais le pays a aussi mis en place un programme de plusieurs milliards de dollars pour développer les énergies renouvelables, avec pour objectif de produire 50% de son énergie à partir de sources propres d'ici 2050.

«Cela fait partie de la volonté des Emirats de diversifier leur bouquet énergétique, de réduire leur dépendance aux combustibles fossiles et de projeter l'image d'un leader régional en matière de science et de technologie», explique une spécialiste du Golfe requérant l'anonymat.

La sécurité d'abord

Le premier des quatre réacteurs de la centrale de Barakah devait être mis en service fin 2017, mais le démarrage a été reporté à plusieurs reprises, les responsables affirmant qu'il fallait plus de temps pour satisfaire aux conditions légales de sécurité.

L'entreprise publique Emirates Nuclear Energy Corp (ENEC) a annoncé en décembre que le chargement du combustible nucléaire dans le réacteur devrait avoir lieu au cours du premier trimestre 2020.

Les responsables émiratis ont déclaré à plusieurs reprises que leur programme nucléaire est «pacifique» et qu'ils n'ont aucune intention de lui donner un volet militaire.

Le pays a accueilli plus de 40 missions internationales et inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et de l'Association mondiale des exploitants nucléaires (WANO) depuis 2010.

Tensions régionales

La centrale Barakah est située sur la côte nord-ouest des Emirats, près de la frontière de l'Arabie Saoudite, du Qatar, et est séparée de l'Iran, en face, par les eaux du Golfe. Alliés des Etats-Unis et de l'Arabie saoudite, les Emirats entretiennent des relations tendues avec le Qatar et l'Iran. Washington mène une politique de «pression maximale» contre Téhéran et l'accuse d'attaquer les pétroliers dans les eaux du Golfe.

Saoudiens et Américains ont accusé l'Iran, qui dément, d'être à l'origine de l'attaque de septembre 2019 contre des installations majeures du géant pétrolier Saudi Aramco. «L'intensification des tensions régionales augmente la vulnérabilité des nouvelles infrastructures énergétiques à la possibilité de telles attaques», estime l'analyste spécialiste du Golfe.

De son côté, le Qatar a qualifié la centrale nucléaire de «menace flagrante pour la paix régionale et l'environnement». Depuis juin 2017, Doha se plaint du boycott que lui imposent l'Arabie saoudite et ses alliés, Emirats arabes unis en tête.

Abou Dhabi a répondu en réitérant son engagement à «assurer le plus haut degré de sûreté, de sécurité et de non-prolifération nucléaire».

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • emynonA le 17.02.2020 11:42 Report dénoncer ce commentaire

    Hectares de panneaux, mais pas chez moi

    Les gens peuvent dire ce qu'ils veulent, mais le nucléaire a un rendement absolument gigantesque, et nécessite beaucoup moins de surface que le solaire ou éolien pour produire la même quantité d'énergie... Pour l'instant à part la FUSION nucléaire en cours de développement, on n'a pas de réelle alternative.

  • Baladin09 le 17.02.2020 11:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Ils ont pas assez de soleil ??????

    rajoutez un minaret et vous avez une jolie mosquée radioactive....

  • Amelio le 17.02.2020 11:41 Report dénoncer ce commentaire

    le CLIMAT

    C'est très bien il pourrons faire fortune quand nous aurons arrêté nos centrales en nous vendant du courant , entre nous ,allez essayer d'occuper la centrale, les rigolots du climat.??????????? vous allez être reçu les bras ouverts.

Les derniers commentaires

  • flash le 18.02.2020 08:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Après des courbettes ...

    Devant les USA on réussi à avoir l'atome, sans prendre on considération les risques.

  • kiwi le 18.02.2020 03:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    dans l'arc d'une vie

    considération philo : c'est fabuleux .. notre génération .. après avoir porté l'humanité au top de la belle vie santé voyages nourriture rêve de l'espace science .. on a déjà posé les fondation de notre tombeau

  • Cerneau Bill le 17.02.2020 19:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Risque de riches

    Même coréen, donc deux fois moins cher qu'un EPR moderne, ce kW puissance à 4000 net c'est aujourd'hui beaucoup, beaucoup trop cher, on y ajoute le prix du combustible enrichi hors de prix, son retraitement presque aussi cher et ça n'est plus rentable du tout, c'est ce qui ruine et désindustrialise la France. La dangerosité, la protection sécuritaire et antimissiles des sites double ce coût. Donc, le nucléaire civil iranien et nord coréen est totalement injustifiable et le but détourné 100% militaire. Trump pour une fois a eu raison de dénoncer l'accord.

  • Baladin09 le 17.02.2020 16:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    portez plainte,dénoncez..j'attends

    j'ai fait de l'humour avec le minaret et la centrale radioactive....... direct me voilà affublé de faiblard,raciste etc........ comme quoi on peut rire de rien avec n'importe qui...

    • kiwi le 18.02.2020 03:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Baladin09

      cassez pas la tête n'importe quoi que on puisse dire il y aura toujours des imbéciles mécontents 20 mt c'est pour les défouler

  • Nanouche Lalouche le 17.02.2020 16:32 Report dénoncer ce commentaire

    Alternatives immédiates?

    En raison du réchauffement climatique et/ou du confort, le Moyen-Orient commence même à climatiser des rues commerçantes à ciel ouvert, en plein centre de leurs mégapoles. Il faut bien trouver l'énergie. Et dans quelques décennies on aura le même problème ici. D'ici 2050, rien que les climatisations consommeront 60% de l'électricité mondiale. Et en parallèle on cherche à imposer la voiture électrique et favoriser les déplacements en train?! A moins d'une solution miracle, je crois que le nucléaire et le pétrole ont encore un bel avenir devant eux. C'est triste, mais voilà...