Innovation à Paris

03 mars 2011 11:49; Act: 03.03.2011 12:04 Print

Première greffe d'une bronche artificielle

Une bronche artificielle a été greffée avec succès chez un patient de 78 ans atteint de cancer, lui évitant l'ablation complète du poumon.

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Cette innovation chirurgicale a été réalisée à l'hôpital Avicenne de Bobigny, près de Paris le 28 octobre 2009. Cette première mondiale «a permis non seulement d'ôter la lésion cancéreuse avec des marges de sécurité plus importantes, mais aussi d'éviter l'ablation complète prévue du poumon, intervention comportant un très haut risque de mortalité postopératoire», a indiqué l'hôpital dans un communiqué.

Le patient «va très bien», a précisé le Pr Emmanuel Martinod, chirurgien thoracique et vasculaire, qui a réalisé l'intervention.

Cancer le plus meurtrier

Actuellement, la chirurgie est le meilleur traitement des formes précoces non-métastasiques du cancer broncho-pulmonaire, le plus meurtrier des cancers.

Si la tumeur se situe en périphérie du poumon, seule une partie du poumon est enlevée. Mais si la tumeur est plus centrale, une ablation complète peut être nécessaire. La mortalité post-opératoire est alors plus élevée, jusqu'à 26% à 90 jours.

«Même si on peut vivre avec un seul poumon, l'ablation du poumon est l'intervention la plus risquée, toutes chirurgies confondues», a expliqué le Pr Martinod. Celui-ci estime aussi «qu'il faut rester très prudent».

Pas de médicament anti-rejet

La bronche artificielle est constituée d'un tissu biologique (tissu aortique) renforcé par une structure métallique interne (stent).

La greffe de tissu aortique, préservé par le froid et stocké dans une banque de tissus, déjà utilisé en chirurgie vasculaire, présente l'avantage de ne pas nécessiter de médicaments anti-rejet, contre- indiqués dans les cancers. Le stent est quant à lui «vraiment adapté à l'opération», a précisé le chirurgien.

Le tissu aortique constitue une «matrice» que viennent coloniser les cellules bronchiques pour reconstituer un épithélium avec ses cellules ciliées.

Une étude sur 20 à 30 patients doit démarrer ce mois-ci pour confirmer ce premier résultat, qui fait l'objet d'une publication dans la revue The Annals of Thoracic Surgery. L'équipe continue également de travailler en laboratoire sur le stent, dans l'objectif de pouvoir un jour l'enlever.

(ats)