Manifestation à Téhéran

14 février 2011 23:07; Act: 14.02.2011 23:07 Print

Première victime en Iran

Un Iranien a été tué par balles et plusieurs autres blessés lundi lors de la première manifestation auti- gouvernementale de l'opposition réformiste depuis un an.

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Un «véritable chaos» règne dans le centre de Téhéran. (Photo: Keystone)

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Selon l'agence Fars, les tirs sont venus des rangs des manifestants. Les forces de l'ordre étaient déployées en force.

«Une personne a été tuée par balle et plusieurs autres ont été blessées par des éléments séditieux (partisans de l'opposition) qui s'étaient rassemblés à Téhéran», a écrit Fars, sans donner davantage de précisions.

En début de soirée, des incidents sporadiques se sont poursuivis dans la capitale, alors que des unités des Gardiens de la révolution, armée idéologique du régime, prenaient position en certains endroits, selon des témoins.

Des incidents avaient déjà éclaté dans l'après-midi en plusieurs endroits de Téhéran entre des milliers de manifestants anti- gouvernementaux et les forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes, selon les témoignages rapportés par des sites d'opposition ou recueillis par l'AFP.

«Plusieurs centaines de personnes» auraient été arrêtées lors de ces incidents, selon le site Kaleme.com du leader réformateur Mir Hossein Moussavi citant des «témoignages non confirmés».

Médias étrangers interdits

Les autorités ont interdit aux médias étrangers à Téhéran de se rendre sur place pour couvrir ces rassemblements, comme à chaque manifestation ou tentative de manifestation de l'opposition en Iran depuis 18 mois.

La police a fait usage de gaz lacrymogènes et de billes de «paintball» pour disperser des milliers de manifestants rassemblés près de la grande place Azadi (Liberté) dans l'ouest de Téhéran, selon ces témoignages. Selon Kaleme.com, les forces anti-émeutes et des bassidjis (miliciens islamistes) auraient battu des manifestants et tiré en l'air pour disperser des rassemblements.

Alors que ces rassemblements étaient silencieux au départ, certains manifestants ont commencé à crier des slogans anti- gouvernementaux, comme «mort au dictateur», «Allah akbar» (Dieu est le plus grand) ou «Ya Hossein, Mir Hossein» (allusion au nom du leader d'opposition Mir Hossein Moussavi), selon les mêmes sources.

Le site d'opposition Rahesabz a mentionné des incidents similaires près de l'université de Téhéran, plusieurs kilomètres à l'est de la place Azadi.

Des mêmes incidents ont éclaté lundi à Ispahan, au centre du pays. Plusieurs dizaines de manifestants qui participaient à un rassemblement de soutien aux soulèvements en Egypte et en Tunisie interdits par les autorités ont été interpellées selon des témoins. Kaleme.com fait état de manifestations similaires à Chiraz, au sud.

Une première depuis un an

Ces rassemblements ont constitué les premières manifestations publiques significatives de l'opposition antigouvernementale iranienne depuis un an.

Les autorités étaient parvenues en février 2010, au prix d'une répression sévère qui a fait des dizaines de morts, des centaines de blessés et des milliers d'arrestations, à mettre fin à huit mois de manifestations provoquées par le réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009.

Les rassemblements de lundi visaient officiellement à soutenir les mouvements populaires en Egypte et en Tunisie. Ils avaient toutefois été interdits par les autorités qui y ont vu un «stratagème» pour manifester contre le gouvernement.

Parallèlement, la police a bloqué et isolé lundi à leurs domiciles les trois principales figures de l'opposition réformatrice, l'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi, l'ancien président du Parlement Mehdi Karoubi, et l'ancien président Mohamad Khatami, selon les sites de l'opposition.

(ats)